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Comment les volailles fermières d’Auvergne prennent soin des abeilles

Des volailles fermières d'Auvergne dans un élevage à Gannat, dans l'Allier. / © Y. Fournier-Passard / France 3 Auvergne
Des volailles fermières d'Auvergne dans un élevage à Gannat, dans l'Allier. / © Y. Fournier-Passard / France 3 Auvergne

Le cahier des charges des volailles fermières d’Auvergne fixe des règles de production, comme un élevage long et en plein air, une alimentation à base de cérales et sojas français. En marge de ces obligations, la filière a décidé d'aller plus loin en s'engageant en faveur des abeilles.

Par SM

Les volailles fermières d’Auvergne bénéficient de deux signes officiels de qualité, Label Rouge et IGP pour Indication Géographique Protégée. 8,7 millions de volailles ont été mises en élevage en 2018, faisant de l’Auvergne le 5e bassin de production Label Rouge dans l’hexagone.

Derrière ces chiffres, il y a aussi des engagements pris par la filière, qui doit respecter des « règles de production strictes guidées par un cahier des charges » comme le mode d’élevage long et en plein air, une alimentation sans OGM à base de céréales et de soja français, la présence de 20 arbres ou arbustes minimum par poulailler. Une gamme exclut aussi le recours aux antibiotiques. Des critères qui vont souvent au-delà des exigences nationales. Mais en marge de ces obligations, la filière a décidé d'aller encore plus loin, en incitant les aviculteurs à s'engager en faveur des abeilles. En l'occurrence, il s'agit moins d'imposer que de convaincre et d'impliquer.
 

Favoriser la biodiversité...


Une préoccupation qui part d’un constat : « depuis une trentaine d’années, les populations d’abeilles sont en déclin, pourtant elles jouent un rôle important dans le maintien de la biodiversité. Comme d’autres insectes, elles assurent la reproduction sexuée de nombreuses plantes à fleurs par leur action de pollinisation », souligne le SYVOFA, le syndicat de défense des volailles fermières d’Auvergne qui regroupe l'ensemble des opérateurs de la filière. Il entend agir notamment sur la préservation de l’écosystème grâce à "une reforestation de ses parcours". Autrement dit, il s’agit de replanter des espèces végétales diversifiées et mellifères (ndlr, dont le nectar est utilisé par les abeilles) dans les exploitations d’élevage, sur les prairies attenantes aux poulaillers.
 

... pour aider les abeilles 


Et le syndicat de préciser ce que peut contenir un parcours bien arboré : « des arbustes buissonnants comme noisetier, aubépine, prunellier (…), des arbres moyens (poiriers ou pruniers sauvages, pommier, cerisier, érable champêtre, etc.) et des arbres de haut-jet comme l’orne, le tilleul, des chênes ou peupliers ». Des adaptations sont proposées au cas par cas, en fonction de la typologie du terrain, de son exposition ou encore des envies des éleveurs qui plantent eux-mêmes les arbres et les arbustes. Des sessions de formation collectives sont organisées. Une ouverture sur l'agroforesterie (ndlr, des pratiques agricoles qui associent arbres et cultures ou élevage).
 

Tout en oeuvrant au bien-être des volailles


"On va s'imposer des aménagements favorables aux bien-être des volailles", précise Patricia Nifle, directrice du SYVOFA. "Ca les incite à sortir car une volaille, c'est peureux. Avec les arbres, les arbustes, elles se sentent protégées et elles aiment l'ombrage", explique-t-elle. Ainsi, elles peuvent se déployer davantage à l'extérieur. "De quoi réduire considérablement les risques de piquage entre volailles et limiter le surpiétinement aux entrées des bâtiments", relève encore le syndicat.
Autre préoccupation : les plants sont labellisés "végétal local", c'est-à-dire issus de graines récoltées en Auvergne pour utiliser des essences locales.
Depuis le début de l'opération en 2017, le SYVOFA a financé à ce jour "14.000 plantations d'arbres ou arbustes".  Et plus de 150 éleveurs ont aménagé leur parcours. Une démarche qui devrait être étendue à l’ensemble des 350 éleveurs d’ici à 2020.
 

 

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