Emmanuel Macron l'avait annoncé lors de son allocution jeudi 12 mars, le passage au stade 3 de l'épidémie de coronavirus n'y a rien changé : le 1er tour des élections municipales a été maintenu. Les médecins, "très en colère", appellent à ne pas aller voter.
"Ne votez pas aujourd'hui ! Aidons les réanimations, arrêtons les contaminations." Sur les réseaux sociaux, le mot d'ordre du collectif inter-hôpitaux - #jeniraipasvoter - a été repris par de nombreux professionnels de santé, inquiets quant à la propagation exponentielle de la pandémie de Covid-19.Ne votez pas aujourd'hui !
— COLLECTIF INTER-HOPITAUX (@CollectInterHop) March 15, 2020
Aidons les réanimations ➡️ arrêtons les contaminations#restecheztoi
Interrogé par l'Essor Savoyard, un médecin du centre hospitalier d'Annecy-Gennevois est formel : "À moins d’avoir un tout petit bureau de vote de campagne qui s’est organisé pour prendre toutes les précautions, c’est irresponsable d’aller voter aujourd’hui !"
"C'est irresponsable d'aller voter aujourd'hui !"
Pourtant, dans son allocution de jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a annoncé le maintien du premier tour des élections municipales. "Les scientifiques considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes", avait-il déclaré.Le passage au stade 3 de l'épidémie de coronavirus, samedi 14 mars à minuit, n'y a rien changé. Et ce malgré la mobilisation de certaines personnalités politiques et de nombre de médecins.
Clarifications sur #Municipales2020
— COLLECTIF INTER-HOPITAUX (@CollectInterHop) March 15, 2020
D’un point de vue démocratique le droit de vote est un droit majeur et il est absolument important que tout le monde puisse exercer ce droit.
D’un point de vue médical la situation actuelle nous semble à très haut risque de contamination
"D’un point de vue démocratique le droit de vote est un droit majeur et il est absolument important que tout le monde puisse exercer ce droit. D’un point de vue médical la situation actuelle nous semble à très haut risque de contamination" a tweeté dimanche 15 mars le collectif inter-hôpitaux.
#RESTEZCHEZVOUS #jeniraipasvoter
— Mehdi (@medikess) March 15, 2020
Les masques et gels devraient permettre aux personnels soignants de combattre la pandémie pas d’organiser une élection inutile qui va aggraver sans doute la situation pic.twitter.com/2VcVHwMfxX
"L’ampleur, la gravité et la contagiosité sont encore minimisées"
"Je suis très en colère que les élections aient été maintenues. Je ne comprends pas cette décision, confie le docteur annécien à l'Essor Savoyard. L’ampleur, la gravité et la contagiosité sont encore minimisées actuellement. Les décisions de cette semaine ont 10 jours de retard."Les situations sont alarmantes! Regarder par sa fenêtre et ne pas voir concrètement les situations dramatiques qui se jouent ne veut pas dire qu'elles ne se joueront pas dans quelques temps. Vous avez besoin de nous, nous avons besoin de vous écoutez nous, #restezchezvous ! https://t.co/k7mEBDlcHW
— CIH CHU-Grenoble-Alpes (@CIHChuga) March 15, 2020
Car les témoignages évoquant des situations alarmantes dans les hôpitaux se multiplient. Samedi 14 mars, peu après l'allocution du Premier ministre annonçant le passage au stade 3, le SAMU de Grenoble a vu le nombre d'appels multiplié par deux. "Le SAMU est clairement en crise", affirme le professeur Guillaume Debaty, responsable du SAMU 38.
Le centre hospitalier d'Annecy n'est pour l'instant pas encore submergé par les cas de coronavirus. "Mais on attend la vague", assure le médecin.
Des mesures sanitaires ont pourtant été prises pour éviter au maximum la transmission du virus dans les bureaux de vote : mise à disposition de gel hydro-alcoolique, stylos à usage unique, distance de sécurité... Malgré ces dispositions, le virus devrait continuer à se propager en France, le pic épidémique n'ayant pas encore été atteint.
En Auvergne-Rhône-Alpes, 449 cas de coronavirus ont été pris recensés samedi 14 mars par l'ARS. 12 personnes sont mortes.