Coronavirus : l'appel de professionnels de la montagne pour déconfiner certains sports de pleine nature

Trois organisations de professionnels de la montagne plaident pour un déconfinement de certaines activités de pleine nature dès le 11 mai. Ils suggèrent une série de mesures pour adapter cette reprise à la crise sanitaire du nouveau coronavirus.

Un groupe de marcheurs sur la Mer de Glace à Chamonix. (Illustration)
Un groupe de marcheurs sur la Mer de Glace à Chamonix. (Illustration) © Philippe DESMAZES / AFP
Déconfiner la pratique de certains sports de pleine nature à partir du 11 mai dans le respect des "objectifs de lutte contre la pandémie" de coronavirus : c'est l'ambition affichée par des professionnels de la montagne. Le Syndicat interprofessionnel de la montagne (SIM-CFDT), l'Union nationale des accompagnateurs de montagne (UNAM) et l'Association professionnelle sport & outdoor (APSO) plaident pour un "redémarrage raisonné et au plus tôt des activités de montagne et de pleine nature", soumettant plusieurs "mesures de déconfinement".

Parmi elles, la levée de l'interdiction autour des sports et des activités de plein air "à risque faible ou modéré" comme "la randonnée pédestre, équestre, cycliste et cyclotouriste" ou encore "la course à pied" et "l'escalade en site sportif". Une autorisation s'adressant aux "gens conscients qui ont envie d'avoir accès à la nature" et qui reposerait avant tout sur la confiance, justifie Jean-Michel Asselin, journaliste et alpiniste isérois.
 
Les trois organisations proposent également, dans un document daté du dimanche 19 avril, la reprise des pratiques sportives "plus techniques et potentiellement plus risquées" comme l'escalade, l'alpinisme, la spéléologie ou le VTT "dans les départements ou les régions ne subissant pas de tension particulière sur les services d'urgence hospitalières et les unités de secours". Pour rappel, en Isère, Savoie et Haute-Savoie, la pratique d'activités de montagne demeure interdite pendant le confinement.

Cette levée devra s'effectuer "sous condition d'une pratique exclusivement individuelle ou réduite à un petit groupe issu d'un même foyer de confinement ou formé de partenaires réguliers en nombre limité", préconisent-ils. "Et sous condition de respect intra et inter-groupes de mesures de distanciation sociale et de gestes barrières spécifiquement adaptés", ajoutent-ils.
 
 

"Pas un besoin anecdotique"


"On a abdiqué sur les libertés au nom de la santé (...) Mais ce n'est pas parce qu'on va dans la nature qu'on va engorger les hôpitaux", poursuit Jean-Michel Asselin, pointant certaines voix qui s'élèvent pour dénoncer les partisans de ce texte. "Ce n'est pas un enjeu suffisamment grave pour interdire l'accès à la nature qui n'est pas un besoin anecdotique", ajoute le passionné de montagne, également signataire d'une pétition "pour un accès responsable à la nature en période de confinement".
 
Le SIM-CFDT, l'UNAM et l'APSO soulignent que ces activités ne devront "pas nécessiter de longs déplacements" et que "les sorties collectives en groupes plus conséquents" devront "rester en cohérence avec les mesures générales de déconfinement progressif de la société".

Les trois organisations soutiennent aussi la reprise des activités de pleine nature encadrée par des professionnels et dressent une série de huit mesures à respecter pour une "reprise progressive" durant laquelle les encadrants devront être régulièrement testés au Covid-19. Parmi elles, la restriction des groupes à huit personnes, la limitation de l'usage des remontées mécaniques et du transport collectif, ou encore la désinfection du matériel de prêt, quand "l'utilisation prioritaire par les pratiquants encadrés de leurs équipements de protection individuelle" n'est pas possible.

 
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