Coronavirus COVID 19 : quand toute une école se met au sport (confiné)

Pendant le confinement, les oblats (religieux) du lycée Saint-Michel à Annecy se sont prêtés au jeu des challenges sportifs lancés par des professeurs de sport. / © DR
Pendant le confinement, les oblats (religieux) du lycée Saint-Michel à Annecy se sont prêtés au jeu des challenges sportifs lancés par des professeurs de sport. / © DR

À Annecy, une professeure de sport d'un établissement scolaire privé a lancé des défis sportifs pour que les élèves maintiennent une activité physique durant le confinement. Contre toute attente, tout le monde s'y est mis : familles, personnel, anciens élèves, etc. et même les religieux de l'école. 

Par Flore Caron

"Quand on s'est tous quittés, on plaisantait pas mal sur la continué pédagogique", se souvient Philippe Ruivet professeur de sport au lycée catholique Saint-Michel d'Annecy. Jeudi 12 mars, les élèves ont appris qu'ils allaient devoir rester chez eux et recevoir les enseignements à distance à cause de l'épidémie de coronavirus.

Perrine Dutrault, elle aussi professeure de sport, a tout de suite eu une idée : proposer des séances quotidiennes de musculation - cross fit - à ses élèves. Pour rendre l'activité plus attractive, elle a lancé un challenge : les élèves devaient lui envoyer leurs résultats et c'est à qui réaliserait les exercices le plus rapidement. 
 

Les vidéos sont devenues virales

Au début, Philippe Ruivet était "un peu sceptique", pensant que les élèves n'allaient pas vouloir jouer le jeu. Finalement, le défi a été lancé et  "en un jour, 8 ou 9 gamins s'étaient déjà inscrits" raconte-t-il. Alors, il commence à faire des vidéos où il montre lui-même les exercices et les partage sur la plateforme interne de l'école. Voyant cela, la responsable de la communication Stéphanie Galizzi Joly, se met à les publier sur Facebook. "Il y en a qui se sont tout de suite pris au jeu", se souvient-elle. Les vidéos deviennent virales, tout le monde s'y met : les surveillants, les CPE, les parents d'élèves, etc. Même les oblats de l'établissement, qui ne manquent pas d'autodérision, relèvent le défi. 

"Ça a dû surprendre beaucoup de gens parce que je ne suis pas réputé pour être le plus sportif, dit en rigolant le Père Lecoin, directeur de l'établissement. Mais nous, on est confinés dans un endroit très grand, [les religieux habitent dans l'école, NDLR] c'était impossible de dire qu'on ne pouvait pas participer."
 


Du lien social

"C'est valorisant que les élèves s'y soient mis", témoigne Philippe Ruivet. "Il y a l'aspect sportif mais aussi le lien numérique social qui redonne un peu la pêche à tout le monde, affirme-t-il. On est tous explosés de rire quand on regarde les vidéos." Le professeur de sport compte même redevenir un peu plus sérieux à l'avenir. "Les postures ne sont pas toujours top, explique-t-il. J'ai envie d'être un peu plus pro.

"L'école manque aux élèves, affirme quant à lui Bruno Lecoin. Et pas forcément à ceux qui sont le plus scolaire". Pour lui, cette participation massive veut dire beaucoup : "Ce sont des petits signes qui montrent qu'on a envie de garder le lien.
 

Une pause dans le quotidien 

Chacun des participants rentre son score dans un fichier partagé via le cloud de l'établissement. "Il y a un objectif pédagogique et au-delà de ça les défis permettent de créer quelque chose d'hyper comique", explique Stéphanie Galizzi Joly.

"Je suis un peu embêtée parce que je suis quelqu'un qui bouge beaucoup, raconte de son côté Iris, élève en Terminale. Et la vidéo me permet de me lancer. Les exercices ne durent que cinq minutes donc ce n'est pas long mais moi après je continue. En fin de journée, cela permet aussi à la jeune fille de mettre un peu son écran de côté. "Ça fait une petite pause parce que tous nos cours sont en audioconférence et c'est très peu interactif. C'est un peu redondant", explique-t-elle. 

Pour les parents, qui se sont mis à participer, c'est aussi un moment qui permet d'oublier le quotidien, nous explique Stéphanie Galizzi Joly. Et ce, notamment pour les soignants. "On a des parents qui nous ont dit : 'C'est notre moment détente quand on rentre de l'hôpital'."

 

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