Coronavirus : les journalistes de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes continuent de vous informer, en toute sécurité

Des perches pour les micros, des lingettes pour la désinfection, beaucoup de distance: les journalistes de France 3 s'adaptent sur le terrain à l'épidémie de coronavirus pour que l'information continue coûte que coûte.

Pour nos reportages à Lyon, depuis quelques jours maintenant, nous désinfectons tout le matériel de tournage.
Pour nos reportages à Lyon, depuis quelques jours maintenant, nous désinfectons tout le matériel de tournage. © FTV
Comment continuer à vous informer malgré l'épidémie de coronavirus? 

La mission, le rôle des reporters et des journalistes, c'est d'aller sur tous les terrains pour rapporter, observer, témoigner et décrire en toute liberté, la réalité d'un évènement et toutes ses facettes au public.

Avec l'épidémie de coronavirus que nous subissons, les reporters de terrain s'interrogent depuis plusieurs jours maintenant: comment réaliser en toute sécurité les interviews, qui nécessitent d'être à proximité immédiate d'un invité? Hors de question bien-sûr de travailler comme si de rien n'était, en mettant qui que ce soit en danger. 

La sécurité sanitaire s'applique autant aux reporters qui sont derrière la caméra et le micro, qu'à nos "invités" qui sont devant nous. Dans le même temps l'information doit absolument continuer dans ce contexte très particulier.

Pluseurs bureaux dans le réseau de France 3 ont déjà dû fermer pour des suspicions de Covid-19.
 

Tenir ses distances sur le terrain


Mardi 17 mars, nos reporters en Ardèche suivaient un restaurateur à Mercuer, qui propose des repas livrés à domicile, une activité en plein boom.

Nicolas Ferro, journaliste reporter d'images: "Sur le lieu de tournage, je porte un masque et je garde mes distances avec les personnes. Ma collègue Vanessa Fize est équipée d’une perche micro. Pour le sujet du jour, nous ne sommes pas rentrés chez la personne âgée. Nous avons effectué l’interview à bonne distance sur le pas de la porte avec la perche micro. Pour le suivi de la livraison, je ne suis pas rentré dans la voiture du restaurateur pour éviter la promiscuité. Nous avons suivi le véhicule de livraison depuis notre voiture. Pour les images et les interviews, nous travaillons à distance avec notre caméra de manière à être aussi pédagogique que possible pour le téléspectateur. Nous montrons ainsi à l’image comment nous travaillons avec les personnes interviewées, à distance avec la perche dans le cadre et en prenant les mesures de sécurité nécessaires."

Pour les équipes de terrain, des masques et des petites bouteilles de gel peuvent être emportées.
 

Pas d'interview trop proche


Le week-end dernier, avec une météo très favorable, il y avait une affluence énorme dans les rues de Lyon et les parcs comme celui de la Tête d'Or. Sur place notre reporter Emilie Rosso a fait le choix de ne pas interviewer le public directement, jugeant la proximité trop importante. 

Elle a donc parlé de loin avec plusieurs personnes en gardant une bonne distance. C'est ensuite elle dans son propos qui a repris les réactions de chacun, fidèlement.

Cette technique est utilisée dans de nombreux reportages si les conditions l'imposent.
 

Des journalistes en télé-travail


A Grenoble, au moins 3 journalistes sont en télé-travail. Notre collègue Céline Aubert appelle des transfrontaliers entre la France et la Suisse par téléphone, pour éviter tous les contacts directs. Les interviews se déroulent donc à distance.

A Lyon, de nombreux journalistes travaillent aussi en télé-travail, notamment pour vous faire vivre cette situation exceptionelle sur internet et les réseaux sociaux.
 

Des témoignages par internet


D'autres témoignages pour notre antenne et le journal télévisé sont recueillis grâce au logiciel Skype, comme cet infirmier qui clame sa colère depuis l'hôpital de Grenoble face au manque de moyens.

Une autre journaliste, Sophie Maréchal, travaille sur un groupe Facebook qui recense les initiatives et les propositions de solutions des citoyens en ces temps de coronavirus et de confinement.

L’information continue donc, sans exposer les journalistes ni les invités.
 

"çà me brise les ailes"


A Lyon, le journaliste Jean-Christophe Adde est venu ce matin, comme tous les jours, en conférence de rédaction, mais certaines personnes doivent rentrer chez elles.

Pendant toute la durée du confinement et de l'épidémie, France 3 réalise un journal commun avec Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble, afin de réduire les équipes.

Jean-Christophe Adde, journaliste: "Certains d’entre nous apprennent qu’ils rentrent chez eux afin d’assurer notre mission d’information via les réseaux sociaux et à distance. Je constate l’envie de poursuivre notre mission. Nous sommes nombreux à vouloir rester sur le terrain. À l’évidence, nous ne pouvons pas être tous présents. Cela me brise les ailes, mais au fil de la journée je m’évertue à envoyer, comme de nombreux collègues, des images et des papiers pour témoigner de la vie dans la ville, en gardant les yeux ouverts."

Parce que nous sommes aussi parfois des parents, la vie personnelle est elle-aussi chamboulée. 

Jean-Christophe Adde: "À 14h. aujourd'hui, les rues sont calmes, la vie semble s’être purement et simplement arrêtée. Visiblement le message est passé: "restez chez vous". Dans les transports en commun, tout le monde garde ses distances, dans les commerces les files d’attente se forment dans la sérénité. On s’organise. L’un de mes enfants est en cours à distance, en étude supérieure, et un autre doit rentrer ce soir de Tours. Comme beaucoup d’étudiants il préfère rejoindre sa famille pour cette période de confinement."
 

Le matériel nettoyé


Une mesure essentielle, c'est bien-sûr la désinfection de notre matériel de tournage.

Les caméras, les pieds, les boîtiers, les micros que l'on tient à la main sont très régulièrement désinfectés notamment avec des lingettes jetables.

Lors de notre soirée électorale en direct dimanche 15 mars sur notre antenne, le micro de Valence passait de main en main entre les invités qui réagissaient en direct. Il était donc systématiquement désinfecté par notre reporter Hugo Chapelon entre chaque politique interviewé.

Chaque invité avait une oreillette, pour pouvoir écouter les questions du présentateur: elle était elle-aussi désinfectée à chaque fois.

Les voitures de France 3 sont elles-aussi régulièrement nettoyées avec des lingettes: le volant, le levier de vitesse etc.
 
Les voitures de France 3 à la désinfection, assurée par les journalistes de la rédaction avant de partir, et à leur retour.
Les voitures de France 3 à la désinfection, assurée par les journalistes de la rédaction avant de partir, et à leur retour. © FTV


Enfin vous l'avez peut-être remarqué, les bonnettes des micros ont été retirées. Il s'agit des grosses moumoutes grises au-dessus de l'objectif, ou celles situées tout en haut des micros à main. Elles ne peuvent presque pas  être nettoyées et désinfectées, nous faisons donc sans elles.
 

Des masques, du gel, des thermomètres


Pour pénétrer dans les locaux de France 3 Rhône-Alpes, une étape est nécessaire, la prise de température. Si vous avez plus de 38°, vous ne pourrez pas rentrer, une mesure appliquée aux invités comme aux salariés.

Du gel hydro-alcoolique et des lingettes désinfectantes sont en place à tous les étages et dans les bureaux et à l'entrée, mais comme partout il est très utilisé et descend vite.

Afin de moins exposer les équipes, un journal commun entre Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble est diffusé pour au moins 2 semaines. La vie et l'information continuent.

 
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