COVID 19 : 430 patients en réanimation en Auvergne-Rhône-Alpes, une situation toujours tendue

En Auvergne-Rhône-Alpes, le taux d'occupation de réanimation a atteint ces derniers jours un plateau. Si l’on est loin de la crise connue en octobre et des transferts de patients, l’arrivée de nouveaux malades étant stable, la donne pourrait changer avec le variant anglais.

En Auvergne-Rhône-Alpes, 423 personnes sont en réanimation ou soins intensifs le 26 janvier.
En Auvergne-Rhône-Alpes, 423 personnes sont en réanimation ou soins intensifs le 26 janvier. © LAURENT DARD/MAXPPP

En Auvergne-Rhône-Alpes, ce 26 janvier, la situation dans les réanimations semble s’être stabilisée. Aujourd’hui, 776 lits de réanimation sont ouverts dans la région, contre 559 hors période de crise. Au total, 686 de ces lits sont occupés (88%), dont 316 en réanimation par des patients COVID 19. A titre de comparaison, en octobre dernier, 1 250 lits de réanimation étaient mis à disposition. Pour ce qui est des hospitalisations, selon Jean-Yves Grall, directeur de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, ce jour, 3 899 patients sont hospitalisés pour COVID 19 dans la région, quand le pic du mois d’avril 2020 s’élevait à 3 055 patients. En réanimation, le pic était de 723 personnes le 6 avril.

Pour la deuxième vague, un pic d’hospitalisations a été atteint le 16 novembre, avec 7 125 personnes hospitalisées et 866 personnes en réanimation. Voici la courbe d'évolution des hospitalisations COVID 19 dans la région :

Les hospitalisations pour COVID 19 se sont stabilisées en Auvergne-Rhône-Alpes.
Les hospitalisations pour COVID 19 se sont stabilisées en Auvergne-Rhône-Alpes. © Santé Publique France

« On est dans une phase de montée lente, sans forte aggravation, stabilisée à un niveau élevé d’utilisation de nos lits de réanimation, avec un taux d’occupation de 88% dont 46% par des patients COVID 19 », constate Jean-Yves Grall. Pour l’heure, pas d’inquiétude, un constat partagé dans les hôpitaux : « La situation est stable, sans aggravation et sans aucune amélioration. On est sur un plateau. On n’a pas le variant anglais, ou de manière ponctuelle. Pour le moment, sa présence est anecdotique, mais alors qu’on n’a pas encore ce variant on est quand même dans une situation de tension. On a ouvert des lits en redéployant du personnel ou en en recrutant et cela ne peut pas aller à l’infini », explique le docteur Souweine, chef du service de réanimation et médecine intensive au CHU de Clermont-Ferrand. 

Le nombre de patients en réanimation par département

En Auvergne-Rhône-Alpes, on compte 430 patients en réanimation et soins intensifs le 26 janvier, selon Santé Publique France. Voici le détail du nombre de patients par département :

Dans la région, selon un rapport de Santé Publique France daté du 20 janvier, 72% des patients hospitalisés pour COVID 19 ont 70 ans ou plus, mais ils ne représentent pourtant que 44,8% des patients pris en charge en réanimation pour COVID 19. Mais l’âge des patients n’est pas le principal facteur d’inquiétude pour les semaines à venir : « Il faut surveiller le variant anglais, qui est beaucoup plus contagieux. Il y a une corrélation entre le taux de contamination et le nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation. Plus il y a d’infectés, plus il y a de tensions dans les hôpitaux. Environ 3% des gens infectés sont hospitalisés, et entre 15 et 18% de ces patients hospitalisés vont en réanimation, donc si on a plus de contaminations, en valeur absolue, les réanimations vont augmenter », alerte Jean-Yves Grall. Pour l'heure, 14 cas porteurs du variant anglais ont été recensés en Auvergne-Rhône-Alpes. 

Le taux d'admissions en réanimation stable

Selon Santé Publique France, on compte 55 nouvelles admissions en réanimation le 26 janvier. Voici le détail par département :

Pour la semaine passée, le Rhône, l’Isère et la Drôme ont les taux d’admission en réanimation pour 100 000 habitants les plus élevés de la région avec respectivement 3,9 ; 3,8 et 3,6 admissions en réanimation pour 100 000 habitants. Si ce taux est relativement stable depuis un mois (316 patients en réanimation contre 313 le mois dernier), il reste éprouvant pour les soignants : « On ressent lassitude et fatigue, parce que les soignants sont depuis un an sur le pont, ils ont eu leurs emplois du temps bouleversés avec des changements d’horaires, des passages en 12 heures. Dans mon service, on se retrouve à plus de 80 jours de temps additionnel des soignants, ce qui est énorme », constate le docteur Souweine. A cela s’ajoute la difficulté psychologique liée à la mortalité du COVID 19, plus élevée que la moyenne (22% contre 32% pour le COVID 19), concernant un grand nombre de patients. « C’est un personnel remarquable, on est émerveillés par leur disponibilité, leur rôle de substitution vis-à-vis des familles », rappelle Bertrand Souweine.  

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