Coronavirus Covid-19 : Saint-Etienne, Grenoble et Lyon passent en alerte maximale

Il fallait s’y attendre c’est désormais chose faite : Lyon, Saint-Etienne (Loire) et Grenoble (Isère) passent en alerte maximale, à cause de la forte propagation du coronavirus Covid-19.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a tenu son point hebdomadaire ce jeudi 8 octobre 2020 (image archives). Il a annoncé le basculement de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne en alerte maximale.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a tenu son point hebdomadaire ce jeudi 8 octobre 2020 (image archives). Il a annoncé le basculement de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne en alerte maximale. © MAXPPP
Mise à jour à 18h30.

Olivier Véran, ministre de la Santé, annonce jeudi 8 octobre, que Lyon, Saint-Etienne (Loire) et Grenoble (Isère) passent en alerte maximale, le dernier niveau avant l’état d’urgence sanitaire, à partir de samedi 10 octobre au matin.

Le virus circule et les chiffres en hausse dans ces 3 villes.

Dans la Métropole de Lyon

Dans la Métropole de Saint-Etienne

Dans la Métropole de Grenoble

Clermont-Ferrand rejoint également la liste des villes placées en zone d'alerte renforcée, un cran en-dessous de l'alerte maximale.

"Protégez-vous"

"Nous détenons, chacun de nous, une part de la victoire, par nos comportements individuels et collectifs, par l'attention que nous portons à chaque instant de notre quotidien à ne pas transmettre le virus autour de nous" a précisé Olivier Véran. Pour l'instant il n'y a pas de limitation de déplacements d'une métropole à l'autre, surtout à quelques jours des vacances de la Toussaint.

Mais le ministre appelle à la plus grande prudence, surtout pour les personnes âgées: "Protégez-vous, protégez les autres, faites très attention."

Le ministre a confirmé que les procédures de déprogrammation ne sont prévues que "hôpital par hôpital, au cas par cas." Il n'y a donc pas encore de grand plan national de déprogrammation d'opérations, mais certaines ont déjà commencé comme à Marseille.

Il conseille également au public vulnérable de bien se faire vacciner contre la grippe à partir du 13 octobre.

La dernière étape

L'état d'urgence sanitaire est déclenché à partir du moment où 60% des malades en réanimation sont des patients covid. D'autres mesures comme des fermetures de commerce non essentiels peuvent être alors prises. Le directeur de l'ARS  prévient que "ça va vite". Pour Olivier Véran, "il ne faut pas vivre dans la peur. Il faut armer les gens d'outils pour lutter contre le coronavirus. Notre objectif c'est de ne pas se poser la question de l'état d'urgence sanitaire."

Alerte maximale à Lyon, Grenoble et Saint-Etienne: ce qui change

Le passage en alerte maximale entraîne des changements sur la vie quotidienne.
Le préfet peut prendre des mesures complémentaires: interdire l'accès aux plages, lacs, plans d'eau et rivière, limiter l'utilisation des transports en commun aux heures de pointe.
 

Le basculement en "alerte maximale"

Le principal enjeu est d'éviter que les hôpitaux, en particulier les services de réanimation, soient débordés par un afflux massif de patients.

Dans le Rhône, 399 personnes sont hospitalisées et 79 en réanimation. 

Le passage en "alerte maximale" est décidé selon trois critères:
Face à l'accélération de l'épidémie de Coronavirus en France, le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir qu'il fallait continuer à prendre des mesures sanitaires plus strictes, à l'image de ce qui a pu être mis en place à Aix-Marseille ou encore à Paris et dans sa petite couronne.

"Dans les endroits où ça circule trop vite, en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, et où on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions, comme celles qu'on a pu connaître par exemple dans les Bouches-du-Rhône ou dans Paris et la petite couronne", a fait valoir Emmanuel Macron lors d'un entretien sur TF1 et France 2, mercredi soir. 

Il y a une semaine, Olivier Véran avait pointé cinq métropoles, Lille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Toulouse, avec une évolution "très préoccupante", brandissant la menace d'un durcissement des mesures prises pour freiner l'avancée du virus. 
 

A Saint-Etienne: le maire était pessimiste

Au micro d'Europe 1, ce jeudi matin, Gaël Perdriau maire LR de Saint-Etienne, évoquait le risque de classement en zone d'alerte maximale et s'est montré peu optimiste : "les indicateurs dont je dispose, ceux du CHU et de l'ARS, montrent une évolution très négative depuis la semaine dernière. La situation s'est aggravée. Nous avons 20% d'hospitalisation en plus."

Dans la métropole de Saint-Etienne, 53 communes et 400.000 habitants, "tous les signaux étaient au rouge en début de semaine", a indiqué à l'AFP le député de la Loire Régis Juanico.


Un "plateau" à Lyon ?


Mercredi, à la mi-journée, le professeur Bruno Lina, virologue et membre du Conseil Scientifique de l'Elysée, apportait une lueur d'espoir concernant la situation à Lyon: "les dernières données que l'on a montrent que l'on est sur un effet de plateau, légèrement décroissant par rapport aux nombres de cas, ce qui signifie qu'on va encore avoir une augmentation du nombre d'hospitalisations et de réanimations. Mais le nombre de patients est en train de se tasser, ce qui est un bon signal."
 

"Ce coronavirus doit être géré jusqu’en février"

Le professeur précise également: "les niveaux de collecte des informations sont très bons, et ça permet de se rendre compte que quand on ferme des bars, oui ça marche. Une épidémie, c’est une circulation d’un virus dans la population, donc il y a un jeu de responsabilité individuelle très important. Ce coronavirus doit être géré jusqu’en février prochain. On a 5 mois devant nous. On ne pourra pas l’empêcher. Il faut le contrôler. On sait que le virus va continuer à circuler plusieurs mois dans la Métropole.  »
   

A Grenoble, le maire a réclamé davantage de concertation

La métropole de Grenoble est également sous haute surveillance en raison de la reprise de l'épidémie de Covid-19. Pointée comme susceptible de basculer en zone d'alerte maximale par le ministre de la Santé, son sort devrait être connu jeudi. Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, s'est adressé au ministre de la Santé pour demander un "réel partenariat avec l'Etat" dans la gestion de l'épidémie de Covid-19.  
A Grenoble,  les derniers chiffres de Santé publique France en date du 7 octobre, confirment l'accélération de l'épidémie de Covid 19.   
 
Covid : le point sur la situation sanitaire générale
Le taux de positivité des tests (proportion des personnes positives sur l'ensemble des personnes testées) continue sa progression, à 9,1%, contre environ 4,5% il y a un mois. Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation a en revanche légèrement reculé mercredi, pour la première fois depuis fin août:1.406 patients sont actuellement en réa en raison du Covid-19, soit 11 de moins que la veille, selon le bilan quotidien de l'agence sanitaire publié mercredi soir.

Selon Santé publique France, 18.746 nouveaux cas de contamination par le coronavirus ont été détectés au cours des dernières 24 heures. Un record depuis l'utilisation de tests à grande échelle. La capacité nationale actuelle est d'environ 5.000 de lits de réanimation. Le nombre total de patients hospitalisés pour le Covid-19 continue lui d'augmenter, à 7.514 contre 7.377 mardi, dont 789 qui ont été admis dans les dernières 24 heures. 
En outre, 80 personnes sont mortes du Covid ces dernières 24 heures, portant le total de décès à l'hôpital ou en Ehpad depuis le début de l'épidémie à plus de 32.445.





 
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