Covid-19 : nouvelles mesures attendues, la deuxième vague au plus haut en Auvergne-Rhône-Alpes

Tous les indicateurs sont en hausse : la deuxième vague du coronavirus Covid-19 touche de plein fouet l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de Clermont-Ferrand à Grenoble en passant par Lyon et Saint-Etienne. Cette situation explique les nouvelles mesures annoncées par Emmanuel Macron à 20h.

Service de réanimation de l'hôpital de Villefranche sur Saône (Rhône), le 26 octobre 2020
Service de réanimation de l'hôpital de Villefranche sur Saône (Rhône), le 26 octobre 2020 © L. Crozat
La région Auvergne-Rhône-Alpes et tous ses départements sont touchés de plein fouet par la deuxième vague. En moyenne, une personne est admise en réanimation toutes les 32 minutes.

Le taux d'incidence atteint les 688 pour 100.000 habitants. Dans la région, les points de vigilance restent la Loire et le Rhône, particulièrement touchés. Viennent ensuite l'Isère et le Puy-de-Dôme, mais "on voit que cela monte dans tous les départements" selon l'Agence Régionale de Santé.

Au 27 octobre 2020: près de 3.700 personnes sont hospitalisées dans la région pour la Covid-19. Près de 500 sont dans un état critique. À ce jour, 2.408 personnes sont décédées du coronavirus à l'hôpital, et 2.702 en Ehpad. Il y a eu également 11.755 personnes guéries de la maladie.

Depuis le 17 mai, près de 1 million 800.000 tests ont été effectués dans la région, soit actuellement 220.000 tests par semaine. De nouveaux tests antigéniques (avec un résultat en une demi-heure) sont en train d'être répartis dans les Ehpad, les universités ou encore les prisons. 

La tension en réanimation au plus haut dans toute la région

La Loire et le Cantal aux deux extrémités

Les taux d'incidence varient fortement d'un département à l'autre. Quelques clusters font varier la balance très rapidement, d'où les chiffres toujours très haut dans la Loire.

Selon les départements, la tension hospitalière n'est pas la même (c'est-à-dire la différence entre les moyens disponibles, le flux de patients présents aux urgences et les besoins immédiats d’hospitalisations non-programmées). C'est toujours dans la Loire que la situation est la plus tendue, à l'inverse du Cantal où le taux d'occupation des lits est le plus faible.

Saint-Etienne Métropole

C'est la métropole la plus touchée de France, avec un taux d'incidence de 1.051 cas pour 100.000 habitants au 24 octobre.

Le nombre des décès augmente rapidement depuis le début du mois d'octobre. Le bilan provisoire fait état de 383 personnes mortes depuis le début de l'épidémie (bilan au 27 octobre 2020). Dans le département, presque 90% des places en hôpital sont occupées des malades Covid.

Métropole de Lyon

Les Hospices Civils de Lyon ont annoncé, mardi 27 octobre, une nouvelle étape dans la déprogrammation des opérations non-urgentes. Celle-ci s’étend dorénavant à l’ensemble des activités programmées, inclut la chirurgie ambulatoire et l’activité de médecine en hospitalisation complète.
Les visites sont désormais interdites dans les établissements lyonnais, "pour protéger les patients" précisent les HCL dans un communiqué.

Depuis le 19 octobre, 16 patients des HCL ont été transférés à Chambéry, Annecy, Valence et Montélimar ainsi que vers Bordeaux, Brive-la-Gaillarde, Poitiers et Angoulême. 13 lits en réanimation ont été ouverts en renfort le 27 octobre.

Le nombre d'hospitalisations continue de croître "fortement" à Lyon et ses alentours, selon les HCL, qui regroupent 14 hôpitaux publics. Près de 60% des patients présents en réanimation sont des cas Covid (contre 46% le 20 octobre, et 38% le 13 octobre) : ils sont 171 patients précisément dans les établissements du Rhône, de Bourgoin-Jallieu et de Vienne, au 27 octobre.
 

Grenoble-Alpes Métropole

Relativement épargnée au printemps, l'Isère fait face depuis la rentrée à une reprise importante de l'épidémie de Covid-19. Entre le 15 et le 25 octobre, le nombre de patients admis en réanimation a été multiplié par deux. La métropole de Grenoble a été placée en alerte maximale le 8 octobre dernier.

A Grenoble le taux d'incidence était de plus de 629 le 23 octobre, contre 275 le 02 octobre.
 

Clermont Auvergne Métropole

Depuis le 8 octobre, la métropole de Clermont-Ferrand et ses 21 communes sont placées en zone d’alerte renforcée. Pour la semaine du 17 au 23 octobre, le taux d'incidence au coronavirus a été multiplié par 5 en un mois.
 

Les transferts de patients continuent

8 nouveaux patients d'Auvergne-Rhône-Alpes ont été transférés mardi 27 octobre, en avion sanitaire cette fois, vers les Pays de la Loire, pour soulager les services de réanimation de la région. Sauf imprévu, 25 malades devraient avoir été transférés d'ici à mercredi vers d'autres régions.

8 autres patients avaient été acheminés vers des hôpitaux de régions moins touchées vendredi et 7 autres lundi. Deux transferts, probablement des malades en provenance de l'Ain, sont prévus mercredi.

Ces transferts de patients "ont pour objectif d'anticiper la saturation des établissements" hospitaliers, a indiqué la porte-parole de l'Agence régionale de santé, Cécilia Haas, depuis l'aéroport de Bron, près de Lyon, où deux malades étaient en partance pour La-Roche-sur-Yon (Vendée). "On arrive à des situations de tensions importantes mais pas de saturation à ce jour", a assuré la responsable. "Ce que l'on souhaite par ces opérations, c'est donner de l'air aux établissements et aussi aux équipes pour pouvoir prendre en charge d'autres patients". Auparavant, 21 transferts interdépartementaux avaient été réalisés au sein d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Confronté à l'accélération très nette de la propagation du coronavirus, le gouvernement prépare donc activement un nouveau tour de vis des mesures de lutte contre l'épidémie, ce qui pourrait aller jusqu'au reconfinement total et national, ou bien un reconfinement plus léger selon quelques indiscrétions. Emmanuel Macron doit s'exprimer mercredi 28 octobre à 20h.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société polémique