Covid-19 : se faire tous tester avant Noël, est-ce une fausse bonne idée ?

En décembre, la région Auvergne-Rhône-Alpes lance une grande campagne de dépistage pour permettre aux habitants de se réunir pendant les fêtes. Mais les médecins et biologistes préviennent : un test négatif ne permet pas pour autant de supprimer les gestes barrières. 

 
A la date du 3 décembre, le taux de positivité des tests PCR en Auvergne-Rhône-Alpes était de 16,21%
A la date du 3 décembre, le taux de positivité des tests PCR en Auvergne-Rhône-Alpes était de 16,21% © Philippe TRIAS/PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP
Emballer ses cadeaux, acheter la dinde, passer chez le coiffeur et… faire un test Covid ? C’est en tout cas ce qu’envisagent 26% des Français, prêts à adapter leur routine de Noël en pleine épidémie de coronavirus. En effet, selon une étude Ifop* pour Odero publiée le 2 décembre, "un Français sur quatre envisage de faire un test COVID-19 avant de voir leurs proches (26%)".

Sur le papier, l’idée peut paraître rassurante, surtout en Auvergne-Rhône-Alpes, où le virus a le plus circulé pendant la seconde vague. La région prévoit d'ailleurs d'organiser une campagne de dépistage massive tout au long du mois de décembre pour casser les chaînes de contamination avant les fêtes. "Ça a un intérêt pour repérer les cas positifs, estime Olivier Epaulard, infectiologue au CHU de Grenoble. Si on passe un test avant d’aller voir des personnes à risque, au moins on sait que si c’est positif, on n’y va pas".
 
 

Le risque des faux négatifs


Le risque vient surtout des faux négatifs. Les tests antigéniques, qui peuvent se faire en pharmacie en moins de 30 minutes, ne sont fiables qu’à 60%. Même les tests PCR, réalisés en laboratoire, n’ont une sensibilité "que" de 80%. "Dans tous les cas, on n’est pas à l’abri de faux négatifs chez les asymptomatiques, alerte Jean-Paul Stahl, professeur émérite d’infectiologie à l’université de Grenoble. Ça ne permet pas de s’affranchir des gestes barrières avec les proches".

D’autre part, les tests ne sont valables qu’à un instant T. "On peut faire un test à un moment donné, pendant la période d’incubation, et développer des symptômes deux jours après, ajoute Olivier Epaulard. On peut aussi être négatif au moment des résultats du test et être contaminé le lendemain. Le test, c’est un outil qui nécessite une procédure avec une notice claire pour tout le monde. On ne peut pas se dire que si on est négatif, ça y est on peut enlever son masque".
 

Les laboratoires prêts à tester


On l’a compris : un test négatif ne permet donc pas de s’affranchir des gestes barrières. "Mais c’est une très bonne idée quand même, reconnaît Valérie Chepeaux, présidente d’un laboratoire à Annecy. Si on peut aller dans un labo, il faut y aller ne serait-ce que pour décourager d’office les cas positifs d’aller voir leurs proches".

Concernant les capacités des laboratoires, la biologiste se veut rassurante : "à partir du 10 décembre, on aura l’obligation de donner les résultats dans les 24 heures". En pleine seconde vague, son laboratoire pouvait tester jusqu’à 1000 personnes par jour. Aujourd’hui, alors que les contaminations sont en baisse, le rythme s’est stabilisé autour des 300 tests journaliers. "Les labos ont maintenant des protocoles pour faire face à un grand nombre de demandes", confirme Olivier Epaulard.

Qu’ils soient PCR ou antigéniques, les tests Covid-19 ne sont pas fiables à 100%. Attention donc à ne pas se sentir faussement rassuré si vous obtenez des résultats négatifs.

"Seuls les gestes barrières permettent d’éviter les contaminations" martèlent les professionnels de santé à l’approche des fêtes, alors que seulement 40% des Français s’engagent à porter un masque au sein du foyer en dehors des repas.*


* Étude Ifop pour Odéro réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 26 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 1549 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine

 
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