Déconfinement : les enseignants à l'épreuve de la rentrée, dans le Rhône comme dans l'Ain

Dans le Rhône ou encore dans l'Ain, les professeurs des écoles se préparent au retour des élèves ce jeudi 14 mai. Et ce lundi 11 mai au matin, dans les écoles maternelles et primaires, ils étaient à pied oeuvre pour organiser cette rentrée inédite.


Les professeurs des écoles se préparent au retour des élèves ce jeudi 14 mai. Et ce lundi 11 mai au matin, dans les écoles maternelles et primaires, ils étaient à pied oeuvre pour organiser cette rentrée inédite.

Du mobilier à déplacer, des tables à espacer, des porte-manteaux à condamner, des marquages au sol à coller. Transformer leur école pour accueillir leurs élèves, telle est la tâche des enseignants en cette journée de "pré-rentrée". 

A Lyon, les cinq professeurs des écoles de la maternelle Pierre Corneille (6e) recensent les enfants qui regagneront leur classe. Comme dans toutes les écoles de la Ville de Lyon, seules les grandes sections rouvriront. 
L'établissement compte 120 élèves. Ils ne seront que 20 jeudi. 10 élèves de grande section et 10 enfants dont les parents exercent des professions prioritaires. 

"Nous avons peu d'élèves, nous allons y arriver. Malheureusement nous avons peu d'espoir de retrouver nos petits et nos moyens" regrette Marie-Bernard Bouvy, la directrice de la maternelle qui partira en retraite en juillet. Alors que les mois de mai et juin évoquent les réjouissances de la fin d'année scolaire avec la kermesse et les spectacles, cette année "l'école sera presque vide, ce sera bien triste."
 

Des protocoles à mettre en oeuvre

A Dagneux dans l'Ain, les 16 enseignants de l'école du Val Cottey retrouveront à partir du jeudi 14 mai, près de la moitié de leurs 310 élèves.  Sa directrice, Anne-France Aubert, prépare depuis 2 semaines cette reprise et met en application les protocoles sanitaires. La charge incombe aux directeurs d'établissement. "On nous laisse tout organiser, on doit interpréter. C'est une responsabilité énorme. Bien sûr, il y a le doute, la crainte de mal faire et de mettre un enfant en danger" déplore-t-elle.

L'établissement a accueilli trois enfants de personnel soignant pendant le confinement. La directrice imagine difficilement pouvoir maintenir autant de précautions avec une centaine d'élèves et confie une certaine angoisse partagée par ses collègues.

La crainte aussi que les consignes se heurtent aussi à la réalité. "Comment faire respecter les distances entre les enfants dans la cour, jouer sans se toucher?" s'inquiète Anne-France Aubert qui espère qu'un maximum de parents garderont leurs enfants à la maison.

 

Une école transformée

Jeudi, les enfants regagneront une école balisée, bien différente de celle qu'ils auront quittée en mars, une école rythmée par beaucoup d'interdits et des copains pas toujours au rendez-vous. Les premiers jours, les enseignants sont invités par une circulaire du ministère de l'Education Nationale à évoquer le confinement avec leurs élèves et à recueillir leur parole.

Par la suite, ils devront adapter leur méthode et leur relation avec les élèves. Heureuse de voir son école revivre, Anne-France Aubert redoute aussi toutes les inconnues de cette rentrée hors norme "avec la distanciation, on ne pourra pas calmer un enfant un peu perdu, on ne pourra pas enseigner les maths avec des objets à manipuler par exemple". 

Si elle comprend la nécessité de rouvrir les écoles pour permettre aux parents d'aller travailler, elle aurait préféré un discours plus honnête du ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer car "il ne faut pas se leurrer, nous allons faire de l'accueil pédagogique plus que de l'enseignement des programmes."