Deuxième tour des municipales le 28 juin : les réactions en Auvergne-Rhône-Alpes

Illustration, scène de vote à Auxerre, le 15 mars 2020 / © Marion Boisjot/MaxPPP
Illustration, scène de vote à Auxerre, le 15 mars 2020 / © Marion Boisjot/MaxPPP

Dans une allocution vendredi 22 mai, le premier Ministre Edouard Philippe a confirmé la tenue du second tour des élections municipales le 28 juin dans près de 5000 villes et villages. En Auvergne-Rhône-Alpes, 36 élus avait signé une tribune en ce sens. Tour d'horizon des réactions dans la région.

Par les rédactions de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes à Clermont-Ferrand et Lyon

Suspendu pour cause de Covid, le second tour des élections municipales aura donc lieu le 28 juin prochain. C'est le Premier ministre Edouard Philippe qui en fait l'annonce vendredi 22 mai.

Et de préciser que le Ministre de l'Intérieur allait consulter dans les jours à venir les partis et les maires pour organiser la campagne et le scrutin dans le respect des recommandations sanitaires du conseil scientifique. 

La nouvelle était très attendue par les quelques 5000 villes et villages où le premier tour des élections municipales le 15 mars dernier n'avait pas permis de désigner un nouvel exécutif, ce qui a été le cas dans 30 143 communes du pays.
 

L'appel des maires, dont 4 d'Auvergne-Rhône-Alpes, pour un vote en juin

Le 17 mai, 36 maires avaient publié une tribune dans le Journal du dimanche (JDD) demandant un vote dès le mois de juin, expliquant que "la démocratie ne pouvait pas être plus longtemps confinée".

4 étaient d'Auvergne-Rhône-Alpes : Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Etienne, Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand, Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse et Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne.


Une campagne adaptée et nouveau report du vote possible 

"Une étape forte dans la reprise du cours normal de la vie démocratique", ce sont les mots de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, chargé des élections, qui annonce des changements importants dans nos vies de citoyens.

Il explique notamment que la campagne devra s'adapter, avec une large place laissée au numérique, et une simplification du cadre légal régissant les procurations. Dans les bureaux de vote, le port du masque sera obligatoire.

Le scrutin du 28 juin reste toutefois soumis à un possible report en janvier prochain, selon "une close de revoyure" dans deux semaines, en fonction de l'évolution sanitaire et de l'avis du conseil scientifique.
 

Tour d'horizons des réactions en Auvergne-Rhône-Alpes


Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand : "une campagne dématérialisée (...) à nous d'être innovants"

Sur la  décision et la date : « Je suis satisfait, c’est ce je souhaitais, qu’on termine cette séquence et qu’on puisse se mobiliser en septembre pour la gestion de nos collectivités. Il faut maintenant rassurer les habitants de nos villes, on fera tout pour que le deuxième tour se déroule dans d’excellentes conditions ».

Sur la campagne « différente » évoquée par Christophe Castaner  (1 mois au lieu de 5 jours d’ordinaire) : « Ce sera un mois un peu particulier, on y réfléchi déjà avec mes colistiers. Ce sera une campagne dématérialisée, sans réunion ni meeting ni porte à porte, à nous d’être innovants ».

Sur la sincérité du scrutin qui serait entachée par une abstention forte : « Bien sûr le résultat sera sincère. L’abstention dépend des gens ! Ils vont bien faire leurs courses ou vont partir en vacances, ils peuvent bien passer 4-5 minutes dans un bureau de vote. Comment se fait-il qu’on soit obligés de s’interroger sur la nécessité d’aller voter ? ça interroge aussi le politique car c’est un des fondamentaux de la démocratie. »

Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse : "très important de conserver les résultats du premier tour"

La date du 28 juin : "c'est une décision qui ne me surpris surprend pas. je m'étais d'ailleurs exprimé dans ce sens avec plusieurs élus -notamment de la région (voir plus haut).(...) Le deuxième tour devra être adapté dans ses modalités, ce qui semble être le cas, et je suis tout à fait d'accord sur le principe d'une close de revoyure. (...) Il est important que la situation soit réévaluée."

La campagne à venir : "même si je ne suis pas concerné (la liste de JF Debat a été élue au premier tour avec 60,98% des voix), cela sera un second tour très particulier : même si cela ne concerne que 5000 communes, cela représente tout de même 40 % des électeurs. Il était très important de conserver les résultats du premier tour, pour respecter le vote des électeurs. (...) Comme les réunions publiques ne pourront pas se tenir, les réseaux sociaux et des campagnes numériques vont être importants".  

L'abstention possible : "Il faudra -et ce sont les propositions que je ferai au cours des prochaines consultations- faciliter la participation de électeurs, par exemple en assouplissant les règles d'établissement des procuration. Mais attention à ne pas permettre le démarchage de votants par exemple dans les EHPAD. Cela serait de nature à entacher le scrutin."

Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne : "les entreprises dépendent souvent des collectivités"

La date du 28 juin : "C’est une satisfaction mesurée mais réelle. Je m’étais exprimé sur le sujet dans l’appel du JDD avec 36 maires. (voir plus haut). (...)  Pour entamer un travail dès le mois de septembre, il fallait que les élections aient lieu maintenant. (...) la vie économique des entreprises est souvent dépendante des collectivités territoriales via les investissements qui sont faits. Un délai supplémentaire aurait été catastrophique. (...) je comprends que le gouvernement se réserve une sortie de secours (un report éventuel en juin 2021, ndlr) si la pandémie reprenait. Mais je n’y crois pas.".

Les masques pour aller voter : "On a déjà envoyé des masques aux plus de 65 ans. Après on continue les envois à ceux qui nous demande. Mais aujourd’hui tout le monde dispose de masque ou a la possibilité de s’en fournir dans les supermarchés et les officines. Celui qui ne s’en procurerait pas pour aller voter, cela relèverait d’une mauvaise volonté. Mais, au cas où, nous pourrions distribuer des masques à l’entrée des bureaux de vote".

Le risque sanitaire du second tour : "J’imagine que le protocole sanitaire sera renforcé par le gouvernement et j’entends bien qu’il faudra le faire respecter. Il faudra vaincre les réticences à sortir, donc on en fera surement plus que nécessaire. On peut organiser ça très bien, dans des conditions exemplaires."

 Bruno Bernard, candidat EELV à la Métropole de Lyon : "apprendre à faire campagne différemment"

Le second tour le 28 juin : "C'est une décision logique au niveau démocratique et économique. (...) La démocratie ne peut pas souffrir des situations sanitaires et climatiques exceptionnelles. Bien au contraire. Les élus en place ne sont plus légitimes et la commande publique, qui représente un levier très important pour la relance de l'économie, doit pouvoir reprendre. ". 

La campagne électorale à venir : "Nous allons apprendre à faire campagne différemment. (...) Priorité sera donnée au digital et à la campagne médiatique. Les militants seront toutes et tous équipés d'un kit sanitaire comprenant masque et gel hydroalcoolique. Le principe de responsabilité guidera toute action de campagne pour que ce scrutin se déroule dans la serénité".

Etienne Blanc, candidat LR à la mairie de Lyon : "il faut mobiliser l'électorat"

La date du 28 juin : "Il fallait que le gouvernement décide. Ce qui est curieux c’est qu’il décide toujours en suscitant une certaine inquiétude, en disant "je vais peut-être revenir sur ma décision" ou en mettant des prescriptions extrêmement lourde. C’est dommage.( ...) Tout cela est brouillon."

La campagne à venir : "on prendra les mesures de sécurité absolue. (...) Et puis il y a des dispositifs aujourd’hui. Les réseaux sociaux, les contacts par visio-conférence on va utiliser tous ces dispositifs pour mobiliser l’électorat. Il y a un enjeu considérable : aujourd’hui les Verts et l’extrême gauche peuvent gérer Lyon".

La sécurité sanitaire lors du vote : "Le gouvernement a cinq semaines pour rassurer les Français et les Françaises et dire aux lyonnais "vous pouvez aller voter, il n'y’a pas de risque". Mon souhait est qu’on ait pas un maire designé par un scrutin où seuls 40 % des électeurs se sont déplacés".


Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Etienne : "les collectivités vont jouer un rôle majeur"

La date du 28 juin : "Il est temps que notre démocratie cesse de vivre en apnée (...) comme elle le fait depuis le 15 mars. Les collectivités seront rapidement appelées à jouer un rôle majeur dans les mesures à mettre en œuvre, au niveau local, en complément de celles décidées par le gouvernement pour l'ensemble de la France".

La tenue du vote : "Le vote sera organisé dans les conditions maximales de sécurité pour que chaque citoyen puisse s’exprimer sans crainte et avec sérénité, néanmoins, nous ne devons pas oublier que et que le déconfinement n'est pas synonyme de fin de pandémie." 







A suivre, d'autres réactions au fil de l'après-midi.

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