Les dommages dus aux loups mieux indemnisés par le gouvernement

Avec ce nouveau dispositif, le gouvernement entend assurer la viabilité de ces animaux emblématiques de la biodiversité, tout en protégeant les troupeaux et en soutenant les éleveurs. / © Bruno Souillard / Maxppp
Avec ce nouveau dispositif, le gouvernement entend assurer la viabilité de ces animaux emblématiques de la biodiversité, tout en protégeant les troupeaux et en soutenant les éleveurs. / © Bruno Souillard / Maxppp

Alors que les attaques de loups se multiplient en Auvergne Rhône Alpes, notamment dans les départements de la Drôme et de l'Ardèche, le gouvernement annonce, ce mardi 23 juillet, une meilleure prise en charge des éleveurs victimes du prédateur.

Par Mathieu Boudet

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, ont annoncé un nouveau dispositif d’indemnisation unifié pour les dommages dus aux grands prédateurs, ce mardi 23 juillet. Ce dispositif intéressera notamment les éleveurs de plusieurs secteurs de la Drôme ou de l'Ardèche, particulièrement exposés aux attaques de loups depuis sa réintroduction.

 

Une prise en compte plus large des dommages

Le gouvernement met en place une nouvelle approche d'indemnisation, qui s'intègre dans le plan national d’actions « Loups et activités pastorales », présenté en février 2018, et de la feuille de route « Pastoralisme et ours » de juin 2019. Ce nouveau dispositif comporte un barème unique pour tous les dégâts quel que soit le prédateur. Ce barème unique sera fixé sur le plus élevé des trois anciens dispositifs d’indemnisation. Il confie l’indemnisation de ces dommages à l’Agence de Services et de Paiement (ASP). Désormais, toutes les pertes directes (animaux tués lors de l’attaque), les animaux disparus et les pertes indirectes consécutives à l’attaque (perte de poids des animaux, perte de lactation liées au stress) seront indemnisées.

 

Protéger les troupeaux exposés

Ce nouveau dispositif s’inscrit par ailleurs dans le cadre juridique européen qui autorise le versement d’une indemnisation sous réserve de la mise en place de mesures préalables de protection des troupeaux. Ainsi, dans les territoires où la prédation du loup est constatée depuis 2 ans au moins, les éleveurs devront avoir installé des moyens de protection (clôtures, chien de protection ou présence d’un berger) pour pouvoir être indemnisés au-delà de la troisième attaque sur les troupeaux d’ovins et de caprins au cours d’une année, sauf si le troupeau a été reconnu comme non protégeable.

 

Protéger le loup et "en même temps" les troupeaux

Avec ce dispositif, le gouvernement entend assurer la viabilité des populations de grands carnivores tout en protégeant les troupeaux et en soutenant les éleveurs. La poursuite de cet objectif implique l’adaptation des mesures d’accompagnement des activités d’élevage. Le déploiement des mesures de protection, l’indemnisation des dommages et la gestion de la population de loups pour prévenir les dommages forment "une politique équilibrée et globale assurant le maintien des animaux emblématiques de la biodiversité et le soutien des activités économiques impactées", indique le gouvernement dans un communiqué de presse. Une nouvelle tentative pour concilier les réalités des éleveurs et les nécessités de réinsertion de ces animaux sauvages. 

 

Un délicat équilibre

Depuis plusieurs années, des attaques de loups sont constatées régulièrement sur les troupeaux d'élevage, entre Drôme et Ardèche, et notamment autour de la forêt de Saoû, occasionnant à chaque fois la colère et l'incompréhension des éleveurs victimes de ses attaques. L'état détermine la politique en matière de préservation de ses animaux, et de maîtrise de son emprise sur les territoires concernés. En 2018, sur une population estimée d'au moins 500 loups en France, l'état a autorisé l'abattage de 43 d'entre eux. Pour 2019, la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé d'accroître les "prélèvements", et doit adapter sa stratégie chaque année selon l'évolution de la menace.

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