"Aujourd'hui des Kebabs, et demain ?", 2 personnes interpellées après avoir lancé des sandwichs aux détenus de la prison de Valence

Deux personnes ont été interpellées à Valence après avoir projeté des sandwichs à l'intérieur de la prison. Le syndicat UFAP Justice dénonce le manque de moyens.

Ce dimanche 12 mai, deux personnes ont été interpellées par la BAC de Valence. Ils ont été aperçus par les gardiens de la prison en train de lancer de la marchandise au-dessus des murs de la prison. Des Kebabs ont été retrouvés. Fabrice Salamone, du syndicat UFAP Justice, se dit "désabusé".

Nous sommes victimes de ces projections quotidiennes. Les auteurs de ces faits agissent sans vergogne. Ils envoient des kebabs, ça peut faire rire dans les chaumières, mais c'est un marqueur d'une société du tout est permis. Ce phénomène est exponentiel.

Fabrice Salamone, secrétaire général du syndicat UFAP Justice

"Des sandwichs et demain ?"

Le représentant syndical explique qu'au-delà des sandwichs, il y a aussi la drogue. "Un ordinateur a même été trouvé dans une cellule", ajoute-t-il.

Il en profite pour rappeler le manque de moyens. "La prison de Valence est en surpopulation carcérale de plus de 137 % avec nombre de matelas au sol où on entasse parfois trois détenus dans une cellule de 9 m²", selon le syndicat.

Dans un communiqué en date du 7 mai dernier, intitulé "les premiers de cordée s'essoufflent", les représentants syndicaux écrivaient : "les personnels de surveillance [...] sont à la limite de l’explosion en plein vol".

"Le grillage, un vrai gruyère"

Fabrice Salamone interpelle son administration : "on demande la pose de bardage pour remplacer le grillage qui est un vrai gruyère. Il faudrait sanctuariser le site pour empêcher les intrusions".

Se pose également la question des "livraisons par drones". Grâce à ces petits engins, différentes marchandises sont larguées dans les cours de la prison. Des téléphones, des couteaux, de la drogue… Plusieurs établissements dans la région sont dotés de brouilleurs, mais pas celle de Valence. On recense environ 600 survols de drones sur l'année en France. Une pratique de plus en plus répandue, à laquelle a répondu le ministre de la Justice lors d'une séance des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale le 3 avril dernier.

Le déploiement des systèmes anti-drones est déjà effectif dans quarante-cinq établissements pénitentiaires pour un montant total de 15 millions d'euros. L'effort se poursuit en 2024, puisque près de 85 millions d'euros vont être consacrés au renforcement de la sécurité des agents pénitentiaires, soit une hausse de 8,9 %.

Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice

Concernant la livraison de Kebabs à la prison de Valence dimanche, contactés, les services pénitentiaires interrégionaux ont répondu "nous ne prendrons pas la parole sur ce sujet".

Les deux personnes interpellées ont été placées sous contrôle judiciaire avant une convocation devant le tribunal. Ils risquent des peines pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement.