Drôme: une jeune entreprise de VTC interpelle le gouvernement

Valence le 03/01/2018 / © France3 RA
Valence le 03/01/2018 / © France3 RA

"Paris n'est pas la France" écrit Rani Haoueche, l'un des fondateurs de Driver Sitter, dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron. "Chauffeurs VTC et taxis pullulent et se tirent dans les pattes dans la capitale. Mais dans les villes moyennes, le marché n'est pas saturé".

Par Isabelle Gonzalez

Driver Sitter, qui met en relation chauffeurs VTC et passagers sur les départements de la Drôme et de l'Ardèche, vient d'adresser, au Président de la République, une lettre ouverte . Pour l'entrepreneur valentinois, il s'agit d'obtenir de la souplesse dans la régulation de l'activité VTC.

Rani Haoueche, l'un des fondateurs de Driver Sitter, souhaite que le gouvernement prenne en compte la diversité des territoires et donc des problématiques de déplacement.  Dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, il argumente :"Chauffeurs VTC et taxis pullulent et se tirent dans les pattes dans la capitale. Mais dans les villes moyennes, le marché n'est pas saturé."

Dans les petites et moyennes villes françaises, comme à Valence, 2 ou 3 taxis circulent à partir de 20h30.Les habitants ne sortent pas, ou peu, ou alors ils prennent des risques en conduisant après une soirée arrosée ou alors que la fatigue les gagne. "Notre vocation, c'est de répondre à cette problématique" déclare Rani Haoueche

Les taxis sont, par ailleurs, un service plus honéreux que Driver Sitter qui prétend donc répondre à un marché inexploité. 

Une régulation plus ou moins stricte en fonction des territoires

La loi Granguillaume, qui s'applique depuis le premier janvier, limite déjà le nombre de conducteurs habilités.
En effet, elle entraîne une diminution du nombre de chauffeurs VTC.
Concrètement : les chauffeurs VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) sous statut Loti ne pourront plus travailler pour les grandes plateformes comme Uber, Chauffeur privé, LeCab...
Le statut Loti date de 1982. Il permettait aux chauffeurs de pouvoir travailler sans être titulaire d'une formation théorique spécifique, désormais un examen, jugé difficile, doit être subit par le candidat conducteur. Le nombre de VTC devrait chuter et passer de 30 000 à 25 000, ou de 25 000 à 20 000 », a estime Yves Weisselberger, fondateur de Snapcar, au HuffPost.Par ailleurs, la Cour de Justice Européenne vient de rendre une décision concernant Uber qui risque de conduire à une régulation supplémentaire de la part de l'Etat. Uber n'y est plus considéré comme un intermédiaire entre passagers et VTC, mais comme une société de transport à part entière.

C'est ainsi que Driver Sitter a décidé d'écrire cette lettre à Emmanuel Macron, et d'en adresser une copie à la Ministre des Transports et au Secrétariat d'Etat chargé du numérique. 
Drôme: un entrepreneur de VTC valentinois interpelle Emmanuel Macron
Driver Sitter est une start up qui met en relation des chauffeurs VTC et des passagers. Elle s'est installée à Valence l'été 2017. Lendroit n'a pas été choisi au hasard. Dans la ville, il est très difficile de trouver des taxis disponibles en soirée. Seulement voilà, la France et l'Europe veulent durcir les conditions d'exercice de ces plateformes VTC. Une réforme inadaptée estime la jeune entreprise qui vient d’interpeller le chef de l’État. Explications de Phlippe Rejany et Hugo Chapelon.

 

Sur le même sujet

Les + Lus