Drôme : une malterie artisanale, bio et locale, le pari d'un jeune couple

Une malterie bio au cœur des vergers drômois, c’est le projet d’un jeune couple de trentenaires. Le maltage est au cœur de la fabrication de la bière, mais jusque-là les nombreux micros-brasseurs régionaux devaient principalement s’approvisionner à l’étranger.
 

Une malterie bio au cœur des vergers drômois, c’est le projet d’un jeune couple de trentenaires. Le maltage est au cœur de la fabrication de la bière, mais jusque-là les nombreux micros-brasseurs régionaux devaient principalement s’approvisionner à l’étranger. Ici, Jean Girardeau et son premier tambour, un bébé de 18 tonnes.
Une malterie bio au cœur des vergers drômois, c’est le projet d’un jeune couple de trentenaires. Le maltage est au cœur de la fabrication de la bière, mais jusque-là les nombreux micros-brasseurs régionaux devaient principalement s’approvisionner à l’étranger. Ici, Jean Girardeau et son premier tambour, un bébé de 18 tonnes. © Tiphaine Girardeau
C’est un projet mûrement réfléchi qui est en train de sortir de terre dans la Drôme, à Granges-les-Beaumont. Là, dans une ancienne chambre froide fruitière de 1800 m2, Jean et Tiphaine Girardeau assemblent les éléments de leur future malterie bio et locale baptisée "A vos malts".

Une malterie ? C’est là que l’on fait germer et sécher l’orge, céréale indispensable à la fabrication de la bière mais aussi du whisky, selon un procédé très technique. Cette étape complexe va permettre la libération de l'amidon, qui sera ensuite transformé en alcool sous l'action des levures, pour faire de la bière.
 

Un couple de passionnés

À l’origine, il y a Jean, jeune ingénieur de 34 ans, et son amour de la bière qui l'a conduit à brasser le breuvage d'abord en amateur, puis en expert de plus en plus éclairé, dans une brasserie lyonnaise qu'il a co-fondée.

L'autre pilier du projet, c'est Tiphaine- toute aussi "fondue" de bière, issue d'une formation en école de commerce. De par ses activités professionnelles précédentes, elle est sensibilisée à la vente directe et aux enjeux agricoles. Sa devise... "penser glogal, penser local"
 

Produire localement pour un marché local

Tous les deux ont fait leurs classes au sein de l'IFBM, l'Institut français de la bière et de la malterie, une institution basée à Nancy.

De leur expérience, ils retiennent le regret de devoir s’approvisionner en malt bio à l’étranger, Belgique ou Allemagne, alors que la région Auvergne Rhône-Alpes regorge de producteurs d’orge.

Et Jean d’expliquer : «il y a énormément de producteurs d’orge chez nous qui ne trouvent pas de débouchés pour leur produit. Et les céréales n'ont alors qu'un usage fourrager, pour nourrir les bêtes. C'est d’autant plus dommage que l’orge "brassicole" est bien valorisé, et peut être une source de revenus intéressante pour les agriculteurs.»  

Auvergne-Rhône-Alpes, terre de brasserie et de distilleries 

Et l’idée a… germé dans la tête de nos deux passionnés : malter "à façon" de l’orge de notre région, pour un réseau local de microbrasseries et de distilleries de whisky de plus en plus étoffé. Aujourd’hui près de 340 microbrasseries existent en Auvergne Rhône-Alpes. Un potentiel de client très important et qui ne demande qu’à croître.

Qu’à cela ne tienne... Jean a fait son compagnonnage : il a parcouru les États-Unis, la Chine, l’Allemagne et quelques autres pays de bière pour observer les différentes techniques de malterie.
   


Un procédé unique en France

Il en est revenu avec des idées bien arrêtées sur son projet : ce sera une malterie à tambour, un modèle unique en France, dont les dimensions et les spécificités ont été adaptées par notre brasseur, ingénieur de formation.

Ainsi, depuis début novembre, les éléments de la future malterie sont assemblés les uns après les autres. Les routes de la Drôme ont vu passer quelques convois exceptionnels pour acheminer le fameux tambour de 18 tonnes, mais aussi les 6 conteneurs de pièces nécessaires pour cette unité, dont la chaudière de 8 tonnes.
 

Un investissement très conséquent pour un projet évolutif

Un investissement global de près d'un million d'euros, avec, à terme, l’objectif est de malter 550 tonnes la première année. Le second tambour... "ne devrait pas trop tarder" car Jean explique que la première production a quasiment trouvé preneur.

Le projet a une marge de croissance importante : de nouvelles cuves pourront être installées, au gré de la croissance de l'activité, mais... progressivement. C’est tout l’intérêt du bâtiment qu’ils ont investi, aux normes agroalimentaires les plus récentes, et à l'espace disponible conséquent. Une cuve après l'autre donc.

Le site devrait être opérationnel à partir de la mi-décembre. Peu de doute sur le fait que cette malterie à tambour, bio et locale, va faire du bruit dans le milieu brassicole régional.
 
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