Grève des sages-femmes : plus de sécurité pour leurs patientes et une reconnaissance de leur statut

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Écrit par Sébastien Allec
Les sages femmes en grève veulent plus de sécurité pour leurs patientes
Les sages femmes en grève veulent plus de sécurité pour leurs patientes © DR

En lutte depuis début 2021, les sages-femmes ne se satisfassent pas des 500 euros d'augmentation accordés par le gouvernement. Ce weekend du 27/28 novembre, elles prévoient un mouvement d'une ampleur inédite. A Romans-sur-Isère, 100% du service sera en grève.

Angélique Riffard est sage-femme à la maternité de Romans-sur-Isère depuis 2016 Comme 100% des collègues de son service et beaucoup d'autres partout en France, elle sera en grève ce week-end pour demander de meilleures conditions de travail et plus de reconnaissance. Nom de l'opération au niveau national : code noir. 

Le mouvement de ce week-end est inédit dans son fonctionnement. Comment cela va se passer ?

Pour commencer beaucoup de cliniques privées seront fermées. Du côté du public, nous avons une obligation de service minimum à l'hôpital. Du coup lors de nos précédents mouvements de grève, on venait signer nos grilles d'assignation et on prenait nos postes. Notre seul véritable acte de contestation, c'était de ne pas compter nos actes. Au final, cela n'embêtait que notre hôpital et c'était peu visible. Cette fois-ci, nous allons rester chez nous pour qu'on nous apporte en mains propres nos assignations. La direction devra venir nous chercher pour qu'on aille travailler.

Cela signifie qu'il n'y aura pas de sages-femmes pour accueillir les patientes ?

On garantit à nos patientes un accueil. Dans notre métier, nous ne pouvons pas quitter notre poste tant que notre relève n'est pas là. Donc d'un commun accord au sein du service, les collègues qui auront fini leur service resteront tant que celles en grève chez elles ne seront pas arrivées. Elles mettront la pression à la direction pour qu'elle aille les chercher. C'est comme cela que l'on compte montrer notre mécontentement. A la fin de chaque service, cela sera la même chose à partir de ce soir jusqu'à lundi soir.

Le gouvernement a annoncé vous accorder une augmentation de 500 euros, cela n'est pas suffisant pour vous ? 

Notre combat n'est pas qu'une question de salaire. 500 euros c'est une belle somme mais déjà il faut savoir que seulement la moitié est une revalorisation de notre indice salarial. Le reste, ce sont des primes qui pourront nous être enlevées à tout moment. Cette revalorisation concerne seulement l'hôpital public par ailleurs. Les collègues du privé, celles d'autres structures publiques et les libérales ont eu moins voire rien du tout. Mais surtout, nous avons d'autres revendications non satisfaites.

Quelles sont-elles ?

Bien avant la question du salaire, on milite déjà pour une amélioration de nos conditions de travail. Pour faire correctement notre travail, on estime qu'il faudrait une sage-femme pour chaque femme accueillie en maternité. C'est très loin d'être le cas. Dans nos conditions actuelles, on met nos patientes en danger et on se met en danger.  Nous revendiquons également un statut médical à part entière. Nous travaillons certes avec les gynécologues, mais nous sommes autonomes et nous avons des patientes à charge. 

Dans quel état d'esprit êtes-vous vis-à-vis de cette situation ?

Personnellement je me sens chanceuse. Dans mon service, on parvient à maintenir notre service sans fermeture de lits mais notre chef a de plus en plus de mal à trouver des remplaçants. J'entends souvent auprès de mes collègues que dans d'autres structures on a fermé des lits par-ci ou par-là faute de personnel. J'ai conscience qu'à tout moment cela peut arriver dans mon service. Mais je suis également heureuse de voir que le mouvement de protestation est partagé par toute la profession. Il y a vraiment de la solidarité. Dans le public comme dans le privé, nous ferons front commun ce weekend. 

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