"Il y a une pénurie de professionnels de la protection de l'enfance", un nouveau dispositif voit le jour dans la Drôme

Dans la Drôme, 3.600 enfants suivis ou placés sont pris en charge par le Département en 2023. Face à ce nombre qui ne cesse de grimper, la présidente du Département avait réclamé plus de moyens à l'État. Ce vendredi 8 décembre, la secrétaire d'État chargée l'enfance était à Valence.

Marie-Pierre Mouton, présidente du conseil départemental de la Drôme, a réclamé plus de moyens de l'État pour la protection de l'enfance. Dans son département, on compte près de 3.600 enfants placés ou suivis en 2023. Ce vendredi 8 décembre, un comité départemental dédié a été créé.

Ces enfants suivis ou placés sont placés sont confiés aux départements sur décision de justice. "De fait, ils sont sous la responsabilité pénale des présidents de départements pour pallier les carences de parents absents, ou pire, violents", expliquait Marie-Pierre Mouton chez nos confrères de France Bleu Drôme Ardèche le 21 novembre 2023.

D'après elle, le nombre d'enfants confiés a bondi de 40% depuis 2015. La présidente du département de la Drôme dénonce un secteur "en crise". "On a rajouté des moyens, bien sûr. Mais il y a une pénurie des professionnels, une surcapacité dans les accueils d'urgence", dénonçait-elle en demandant un "plan Marshall" de la part de l'État.

Près d'un poste sur dix non pourvu

En novembre 2023, l'Uniopss, la fédération d'associations dans le secteur social, a interrogé 314 établissements et services chargés d'une mission de protection de l'enfance : 97% d'entre eux ont fait part de difficultés à recruter avec un taux moyen de 9% de postes non pourvus.

Ce vendredi 8 décembre 2023, la secrétaire d'État chargée de l'Enfance était à Valence (Drôme) pour le lancement d'un nouveau dispositif dédié, le Comité départemental de la protection de l'enfance (CDPE). Une expérimentation qui permettra de "réunir l'ensemble des acteurs locaux du secteur pour améliorer la coordination territoriale de cette politique", fait savoir la préfecture de la Drôme dans un communiqué.

La moitié des enfants qui nous sont confiés par l'autorité judiciaire sont porteurs d'un handicap, notamment psychiatrique

Marie-Pierre Mouton

Présidente du conseil départemental de la Drôme

"Notre demande, c'est que tous les acteurs prennent conscience des missions qui incombent à chacun et de la manière dont on les met en œuvre pour que l'enfant soit le plus protégé possible et puisse trouver son envol pour grandir", espère Marie-Pierre Mouton.

Cette dernière cible un pan particulier de la protection de l'enfance à améliorer plus que les autres. "Le volet de la psychiatrie est une inquiétude très forte chez nous. Aujourd'hui, la moitié des enfants qui nous sont confiés par l'autorité judiciaire sont porteurs d'un handicap, notamment psychiatrique, ce qui complexifie l'accueil de ces enfants. Les assistants familiaux ne sont pas formés à ce genre de handicap."

Il faut que tous ces dispositifs soient mieux coordonnés, le cas échéant avec des montants supplémentaires

Charlotte Caubel

Secrétaire d'État chargée de l'Enfance

Présente à Valence pour le lancement de ce nouveau dispositif, la secrétaire d'État à l'enfance Charlotte Caubel a répondu à la présidente du Département. "L'État est là. Mais il doit être encore plus là sur un certain nombre de sujets et avec des enfants qui ont des vraies problématiques de santé mentale. Il faut que tous ces dispositifs soient mieux coordonnés, le cas échéant avec des montants supplémentaires."

Chaque année, le coût de la protection de l'enfance augmente de quatre millions d'euros pour le Département de la Drôme.

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