Le consommateur boude le rayon fruits et légumes, les producteurs de cerises sont inquiets

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Écrit par France 3 Drôme. Propos recueillis par H. Chapelon

La cerise ouvre la saison des fruits d'été et même si la récolte s'annonce de belle qualité cette année, les producteurs sont inquiets. La guerre en Ukraine et l'inflation ont fait grimper les prix. Le consommateur risque de bouder le petit fruit rouge en 2022.

Dans le verger de Julien Rispal à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme) dans la Drôme, malgré l'âge de certains arbres qui avoisinent les 70 ans, les cerises, variété burlat, sont bien présentes, en quantité et en qualité.

La cerise ouvre la saison et fait rentrer de l'argent

La cerise est importante pour les arboriculteurs. Elle ouvre la saison des fruits d'été et apporte de la trésorerie qui permet de financer les cultures suivantes de la pêche et l'abricot. C'est bien parti pour 2022.

"Joli fruit, pas de défaut" constate Julien Rispal avec satisfaction. La récolte a démarré avec une semaine d'avance cette année. Après le gel destructeur de l'an dernier, le climat est propice pour une bonne production.
"Sur les dernières années, les bonnes récoltes se comptent sur les doigts d'une main. Là, on est assez content de nous. On n'a pas de problèmes de qualité. Il n'y a pas eu trop de pluies, pas eu de gel". Julien envisage sereinement les prochains jours même si, en raison de la chaleur, la cerise reste de petit calibre en ce début de saison.
Habituellement, les premières cerises sont plus grosses.

Le hic : le kilo affiché entre 6  et 10 euros

Mais ces cerises que l'on annonce en quantité se vendront-elles ? Les arboriculteurs devraient répercuter la hausse des matières premières : les engrais, le carburant, la main d'œuvre, les emballages, le transport, ce qui fait grimper le kilo entre 6 à 10 euros le kilo sur les étals. Et avec l'inflation qui grève le panier de la ménagère, acheter ce petit plaisir pourrait être secondaire. 

"Les consommateurs s'orientent sur d'autres produits, le rayon fruits et légumes est déserté" regrette Gregory Chardon, responsable de la filière fruits - FRSEA. "C'est dommage. On a la chance d'avoir une belle météo, des produits de qualité mais le consommateur n'est pas au rendez-vous. [...] Ça pose des questions pour la campagne à venir, notamment pour l'abricot, les pêches, le melon. C'est inquiétant".

Le facteur météo aura aussi son importance : après les fortes chaleurs de la mi-mai, un peu de pluie sera nécessaire pour faire mûrir les variétés les plus tardives.