Législatives 2022 : Une écolo sur des terres nucléaires dans la Drôme

En ballotage favorable à l'issue du premier tour, Marie Pochon remporte le siège de députée de la 3e circonscription de la Drôme. Sur les terres du Tricastin, contre toute attente, les électeurs ont élu une écologiste.

Émue par sa victoire, félicitée par ses proches, Marie Pochon réalise peu à peu qu'elle va siéger à l'Assemblée Nationale. Elle vient de remporter sa toute première élection avec 52,22% des vote face à la candidate sortante de la LREM Célia de Lavergne qui a réunit 47,78% des suffrages. 

"Je suis très heureuse, déclare l'élue, au nom de toutes celles et ceux qui m’ont apporté leur confiance aujourd'hui. Je les remercie toutes et tous. Leurs votes m’obligent pour les 5 ans à venir à porter les enjeux de l'action climatique, les enjeux d'une meilleure répartition des richesses, les enjeux du renouveau démocratique."  

De l'humanitaire à l'Assemblée Nationale 

Engagée dans l'humanitaire, Marie Pochon a 33 ans, elle succède à la député sortante LREM Célia de Lavergne pourtant bien installée dans la circonscription. 
Celle qui a été directrice de la campagne EELV aux dernières élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes est secrétaire générale de l'ONG de défense de l'environnement
"Notre Affaire à Tous". Cette organisation est notamment à l'origine du  recours contre l'Etat pour inaction climatique.
Marie Pochon est née dans une famille nombreuse. Fille d'une viticultrice et d'un proviseur, elle a grandi avec ses trois frères et sœurs dans un petit village de la Drôme, dont le maire est son père. 

Après une licence de Sciences politiques et un master en Relations internationales, selle part à l'étranger avec une association. Elle a vécue en Cisjordanie et en Turquie où elle a vécu avec des réfugiés syriens, une expérience  qui entérine son engagement pour le climat et la justice sociale. 

Porte-parole de la Fédération des Jeunes Verts Européens en 2016, elle devient
en 2019 collaboratrice parlementaire de l'écologiste Marie Toussaint. 

Sur le nucléaire, elle veut "faire ensemble"

Au micro d'Hugo Chapelon, Marie Pochon n'hésite pas à évoquer le nucléaire. Sur ce sujet, elle souhaite "faire ensemble, rapporter du débat et de la délibération à l’Assemblée Nationale".

Élue dans une circonscription où la centrale du Tricastin trône depuis bientôt 50 ans, elle n'envisage pas de mettre le dossier du nucléaire sous le tapis, loin de là. "Ce que l’on a pu voir avec cette élection, c’est qu'Emmanuel Macron n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale et on va pouvoir refaire vivre du débat, de la délibération dans cette assemblée.

"C’est bien sur un sujet comme le nucléaire que l’on entend apporter du débat, concerter l’ensemble des salariés, l’ensemble des habitants concernés par l’enjeu nucléaire. Ils sont nombreux sur notre circonscription et on travaille ensemble pour trouver des solutions pour progressivement fermer le centre du Tricastin. On le fera progressivement et avec les gens."

Je vais rejoindre un groupe écologiste, nous n’en avions pas ces dernières années. C’est une petite révolution.

Marie Pochon

Etre investie par la NUPES ne signifie pas pour Marie Pochon oublier sa couleur politique initiale, l'écologie. 

"Nous n’avons jamais caché qu'au sein de la NUPES nous avions des points de nuance sur un certain nombre de sujets, le nucléaire en est un. Nous le porterons à l’Assemblée Nationale et nous décideront sur ce sujet avec la sagesse de l’assemblée, c’est comme ça que c’était inscrit dans notre programme commun" déclare la députée.

"À partir de demain, je vais rejoindre un groupe écologiste, nous n’en avions pas ces dernières années. C’est une petite révolution. C’est le retour des écologistes à l’Assemblée Nationale et ça, ça va apporter beaucoup de force à l’ensemble des urgences sur notre territoire."

La nouvelle députée rappelle les enjeux climatiques "on sort de 3 jours de canicule qui ont impacté de manière majeur l’ensemble des habitants de ma circonscription mais plus largement la France. Ça dit quelque chose de l’urgence face à laquelle nous nous trouvons."

Un groupe écologiste, certes, mais qui travaillera "main dans la main avec un groupe communiste, un groupe socialiste et un groupe insoumis" précise-t-elle.

Elle espère qu'ensemble, ils parviendront à faire face à Emmanuel Macron et à sa majorité relative.