Le maire de Saoû (Drôme) convoqué par la justice après son arrêté contre les pesticides

Le maire de Saoû Daniel Gilles, également agriculteur, dont l'arrêté municipal vient d'être suspendu / © FTV
Le maire de Saoû Daniel Gilles, également agriculteur, dont l'arrêté municipal vient d'être suspendu / © FTV

Le maire de Saoû (Drôme), Daniel Gilles, est convoqué au tribunal après avoir pris un arrêté contre l'usage de pesticides dans les champs à moins de 150 mètres des habitations ou des terrains privés.

Par Renaud Gardette

Daniel Gilles, le maire sans étiquette de Saoû (Drôme) a reçu une convocation au tribunal administratif après avoir pris un arrêté, le 2 septembre, pour interdire l'usage de pesticides dans les champs de sa commune, sur un rayon de 150 mètres autour des habitations privées.

Dans le document est inscrit cette phrase: "L'utilisation de produits phytopharmaceutiques est interdite sur le territoire de la commune de Saoû à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale."
 

"Il y a des plaintes"



Il y a quelques jours le maire défendait à notre micro sa mesure: "Cet arrêté, il est là pour faire prendre conscience à nos élus, à notre Président de la République, à notre gouvernement, que les maires, qui sont aussi des élus du peuple, sont en capacité de dire qu'il faut que des mesures soient prises. Pas des mesurettes, de vraies mesures. On a pris cet arrêté parce qu'il y a des plaintes, par rapport à des problèmes de santé publique."

Certains agriculteurs locaux, que nous avions aussi rencontré, affirment, eux, que certains produits comme des herbicides sont nécessaires, surtout pour la culture des céréales. Ils regrettent l'absence de dialogue et de propositions concrètes. D'autres agriculteurs affirment de leur côté qu'ils appliqueront l'arrêté municipal.

La préfecture de la Drôme avait demandé la suspension de cet arrêté en référé, au motif qu’un maire n’est pas compétent pour prendre des décisions sur l’utilisation de produits phytosanitaires, y compris au nom du principe de précaution, un pouvoir réservé à l’État.

Pour l'instant le maire refuse de retirer son arrêté, toujours au nom du même principe de précaution. Daniel Gilles est convoqué lundi 30 septembre au tribunal administratif de Grenoble.

 

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