Urgences en danger : Grève illimitée à l’hôpital de Romans-sur-Isère et de Saint-Vallier dans la Drôme

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Écrit par G.C. avec V. C.

Le personnel des hôpitaux de Romans-sur-Isère et de Saint-Vallier sont inquiets pour le bon fonctionnement de leurs urgences notamment pour l’été à venir. Ils pointent un manque de forces vives pour pouvoir assurer sereinement leur mission pendant les congés d’été.

Le ton est donné sur la façade des urgences de Romans-Sur-Isère. Une banderole alerte les passants : «Urgences débordées, patients en danger». Une grève illimitée commence aujourd’hui dans les hôpitaux de Romans-sur-Isère et de Saint-Vallier. En cause, le manque de personnel qui risque de compliquer le fonctionnement des urgences cet été.

Des personnels exténués

Dans les urgences de Romans-sur-Isère, une quinzaine de brancards est stationnée dans les couloirs. Les patients attendent, parfois des heures, d’être pris en charge. Une situation récurrente qui inquiète

«Ce n’est pas tenable à notre niveau s’alarme une infirmière gréviste. Ce n’est plus possible». Si elle espère que l’été va bien se passer, cette infirmière ne cache pas son inquiétude. «On est épuisé, fatigué mais on tient toujours. On a été présent dans la période du Covid, on a toujours répondu présent. Là, l’équipe est à bout de souffle et on sent que l’on est très très limite au niveau moral, et surtout physique aussi. Le physique n’arrive plus à suivre».

Un été sous haute tension

Plusieurs facteurs font craindre au personnel un été chaotique dans leur hôpital. «On a, cet été, des conditions au niveau de la région qui sont très compliquées parce qu’on a beaucoup d’hôpitaux qui ont fermé notamment la nuit explique Cyril Desjeunes, Médecin urgentiste gréviste . Il y a toute la région grenobloise qui ferme la nuit, notamment le CHU qui est le gros centre de la région faute de médecins car ils ont eu 15 départs le mois dernier. Il y’a le centre de Valence qui ferme aussi».

Les personnels ont peur que les patients de ces secteurs se retrouvent finalement chez eux. "On a déjà du mal à gérer et hospitaliser nos patients sur notre secteur, donc on ne sait pas du tout comment ça va se passer" s’alarme Cyril Desjeunes.

Autre problème, les congés des médecins de ville qui font craindre un repli sur des urgences déjà saturées. "On a peur d’un effet entonnoir et de piques d’activité sur les urgences des hôpitaux drômois. C’est ce que l’on aimerait pouvoir anticiper en renforçant les équipes" s’inquiète Thierry Giraud, secrétaire général de la CGT.

D’avantage de personnel

Pour éviter une catastrophe, le personnel médical et paramédical demande plus de bras. "Les équipes médicales et paramédicales demandent le renfort d’un infirmier 24/24, d’un aide-soignant 24/24, d’une secrétaire 24/24 en renfort" explique Thierry Giraud, secrétaire général de la CGT. "Mais pas juste pour l’été. Il nous manque du personnel pour prendre en charge correctement les patients". Des renforts que les équipes aimeraient pérennes, toute l'année.

« Il y a des renforts qui seront accordés en terme d’administratif, d’aide-soignant, et de médecin. Pour la période de l’été, pour venir soutenir cette équipe indique Louis Berthelot, directeur des ressources humaines des Hôpitaux Nord Drôme  (...) Cette alerte, on l’a entendu, on essaye d’y répondre. Il y a aussi le contexte dans le territoire et au niveau national et qui ne dépendent pas que des hôpitaux drômois ».

Ces renforts sont jugés insuffisants par les soignants grévistes. Le mouvement de grève se poursuit donc.