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A la prison de Valence, un détenu oublié plus de 14 heures dans une pièce

Deux voitures de surveillants cibles de cocktails Molotov / © France 3 RA
Deux voitures de surveillants cibles de cocktails Molotov / © France 3 RA

Alors qu'il devait rejoindre sa cellule après un parloir, le 21 septembre dernier, un détenu a été oublié par son surveillant, dans une petite pièce du centre pénitentiaire de Valence. Il y a passé plus de 14 heures.

Par Mathieu Boudet

Il est 16 heures, le 21 septembre dernier, quand un détenu d'une quarantaine d'années quitte le parloir du centre pénitentiaire de Valence, où il a échangé avec ses parents. Avant de le raccompagner à sa cellule, le personnel pénitencier le place dans une petite pièce de transition. Mais personne ne revient.

L'homme appelle au secours, tape à la porte, sans réponse. Il passe la nuit dans la pièce exiguë, avant que la porte ne s'ouvre le lendemain matin, vers 6h30. Son attente, "sans eau, ni nourriture, ni sanitaire", selon son avocat, aura duré plus de 14 heures.

Une plainte pour "délaissement"


"L'espace dans cette pièce est comparable à celui du sas entre les wagons d'un train. Il a dû passer la nuit recroquevillé sur un banc en ciment", explique son avocat, maître Flaud. "Je n'ai jamais vu ça", ajoute-t-il. "Vous imaginez, s'il avait fait un malaise, ou une crise cardiaque?".

L'avocat a décidé de porter plainte pour "délaissement" auprès du procureur de Valence. Il a également adressé un courrier à la ministre de la justice et au contrôleur général des prisons.


Une faute assumée


C'est l'équipe de relève des surveillants qui, constatant l'absence du détenu en cellule au petit matin, l'a recherché, et retrouvé dans la pièce de transition. L'UNSA, syndicat majoritaire de l'administration pénitentiaire, reconnaît totalement l'erreur. Mais, pour un membre du syndicat, les premières causes de ce disfonctionnement sont "les conditions difficiles de travail, et le grand nombre d'heures supplémentaires réalisées par le personnel à cette époque". Depuis, le centre a obtenu des effectifs supplémentaires, et la gestion se serait améliorée. La prison aurait par ailleurs procédé à des ajustements pour que ce type d'incident ne se reproduise pas. 


Négligence... Ou malveillance ?


L'avocat du détenu, lui, évoque, "au mieux une négligence, au pire, une malveillance". Cet oubli pose en effet question, alors que le personnel pénitentiaire est censé s'assurer de la présence des détenus dans leur cellule, et qu'un repas leur a été servi le soir. Comment son absence a-t-elle pu passer inaperçue ? La direction de l'établissement n'était pas disponible, ce lundi, pour répondre à nos questions. Le syndicat UNSA rejette vivement toute hypothèse de malveillance, et explique cet incident par une succession d'erreurs humaines.


Un détenu "oublié" dans un sas de la maison d'arrêt de Valence
A la sortie du parloir, un détenu a été oublié par les surveillants. Il a passé 14 heures dans une petite pièce qui sert de sas. Explications. Interviennent dans ce reportage : 1- Maitre Ivan Flaud, avocat du détenu 2-Sylvain Royère, représentant du personnel Ufap-Unsa - E. Rosso & C. Nicolas & F. Razy


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