Coronavirus : le site Framatome de Romans sur la sellette après le décès d'un intérimaire du Covid 19

Un intérimaire, employé sur le site Framatome de Romans-sur-Isère dans la Drôme, est décédé le 18 avril du Covid 19. Quatre autres salariés au moins ont été testés positifs. Les mesures sanitaires auraient insuffisantes, selon la CGT. Une alerte pour Danger Grave et Imminent est en cours.

vue aérienne du site de Framatome à Romans-sur-Isère, flouté car c'est un site sensible. Un intérimaire y est décédé du Covid 19
vue aérienne du site de Framatome à Romans-sur-Isère, flouté car c'est un site sensible. Un intérimaire y est décédé du Covid 19 © photo : Google Street View
Il s'appelait Franck. Il avait 53 ans, était père de famille et travaillait depuis 18 mois comme intérimaire d'Adecco sur le site Framatome de Romans-sur-Isère dans la Drôme.

"On a tous été retournés", raconte encore ému Dominique Gest, délégué syndical et élu CGT au Comité Social et Economique de Framatome Romans.

L'entreprise, qui emploie 800 personnes, fabrique du combustible pour les centrales nucléaires. L'intérimaire décédé travaillait au contrôle. Selon la CGT, malgré la peur de se retrouver sans autre mission, il s'est mis en arrêt de travail le 9 avril. Quelques jours plus tard, il est hospitalisé, son état s'aggrave jusqu'à son décès le 18 avril.

Dès le lendemain de l'arrêt-maladie de leur collègue, soit le 10 avril, les élus déclenchent une alerte pour Danger Grave et Imminent. Pour autant le site n'est pas fermé et le syndicat s'insurge sur "l'absence de masques, et l'impossibilité de mettre en place les mesures barrière dans certaines locaux du site".
 

 

La protection sanitaire en question


La direction de l'entreprise réfute de son côté tout retard ou légèreté dans la mise en place de mesures sanitaires notamment depuis le confinement: "Vous savez nous sommes au fait de cette crise depuis le début puisque nous avons des usines en Chine", précise Rémi Calvet, directeur de la communication du groupe Framatome. "Les mêmes mesures barrière ont été appliquées partout. On a pris la décision de faire venir des masques alors même qu'ils n'étaient pas rendus obligatoires par le gouvernement français. Nos salariés ont même reçu des masques à la maison pour leur déplacements. Ce décès est une catastrophe pour nos collaborateurs et pour nous-mêmes", ajoute M.Calvet. 400 salariés sur les 800 que compte le site de Romans sont en télétravail.

Selon nos informations, jeudi une 2e réunion d'un CSE extraordinaire a eu lieu sur le site en présence d'un inspecteur du travail. La plupart des points inscrits dans l'alerte pour Danger Grave et Imminent auraient été acceptés par la direction. Des masques devaient être distribués dès ce vendredi à l'entrée du site. Et l'organisation à l'intérieur des locaux, notamment des vestiaires va être mise en place. En revanche, les informations sont contradictoires sur la désinfection des lieux fréquentés par la victime.

La CGT de son côté demande également la reconnaissance de ce décès en "accident du travail" et réfléchit à une suite judiciaire. 
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