Deux vautours abattus dans la Drôme : six mois de prison avec sursis requis pour destruction illicite d'une espèce protégée

Le tireur responsable de la mort d'un Gypaète barbu et d'un Vautour moine découverts criblés de plomb en janvier dernier comparaissait ce vendredi 6 octobre à Valence. La Ligue de Protection des Oiseaux attend des sanctions exemplaires. Une peine de 6 mois de prison avec sursis pour destruction illicite d'une espèce protégée a été requise. Décision de justice dans deux mois.

Un éleveur drômois a comparu ce vendredi 6 octobre 2023 devant le tribunal correctionnel de Valence, accusé d'avoir abattu deux vautours protégés fin décembre 2022. Le parquet a requis six mois de prison avec sursis pour destruction illicite d'une espèce protégée. La décision de justice doit être rendue le 6 décembre. Dans ce dossier, une dizaine d'associations de protection de l'environnement et des oiseaux se sont portées parties civiles.

"C'est déjà un premier pas. Ce sont des espèces protégées, des oiseaux emblématiques du sud Drôme", a confié Pierre Granier, président de la LPO Drôme-Ardèche, joint par téléphone. Le Gypaète barbu et le Vautour moine sont deux espèces protégées, car en voie d'extinction. Le prévenu a expliqué durant l'enquête avoir eu peur pour son troupeau de brebis. Pour le responsable de la LPO, cette défense ne tient pas : "on passe beaucoup de temps à faire de la prévention, de la sensibilisation. Les vautours n'attaquent pas une proie vivante. Ce sont des nécrophages. Ils ne sont morphologiquement pas adaptés", explique Pierre Granier. Impossible par ailleurs pour un éleveur du cru de ne pas reconnaître un Gypaète barbu, selon le responsable.

Pour l'exemple

La LPO attend une condamnation exemplaire, "une condamnation enfin à la hauteur des efforts mis en œuvre pour la sauvegarde de ces rapaces menacés", a expliqué l'association dans un message posté sur le réseau social X, à la veille du procès.

La LPO déplore des condamnations d'une sévérité "en général insuffisante" et "peu dissuasive" concernant la destruction d’espèces protégées "au regard des efforts et des investissements mis en œuvre pour leur sauvegarde."

Deux vautours rares abattus

Le 3 janvier 2023, deux cadavres de rapaces nécrophages avaient été découverts criblés de plomb entre les communes de Villeperdrix et Gumiane, dans le sud de la Drôme. Inti, le Vautour moine abattu, faisait partie des cinq jeunes nés en 2022 dans les Baronnies Provençales. Quant au Gypaète barbu, le spécimen figurait parmi les oiseaux réintroduits en partenariat avec l’association Vautours en Baronnies. Baptisée Canteperdrix, cette femelle provenait d’un centre de reproduction situé en Espagne et avait été libérée le 29 mai 2022, à l’âge de trois mois. Le Gypaète barbu est un oiseau rare surnommé « le casseur d’os ». Une enquête menée par l’Office français de la biodiversité (OFB) avait permis de retrouver l’auteur des tirs mortels sur ces deux oiseaux protégés.

"La destruction illicite d'espèces protégées est passible de trois ans de prison et 150 000€ d’amende ainsi que de la confiscation des armes et du retrait du permis de chasser", rappelle la LPO dans son communiqué.

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