"La France doit intervenir pour éviter une catastrophe humanitaire au Haut-Karabakh" pour le Drômois Krikor Amirzayan

La communauté d'origine arménienne d'AURA - quelques 100 000 personnes dans la Drôme, la région lyonnaise et la Loire, principalement - tremble pour les Arméniens du Haut-Karabakh. Depuis fin septembre, des combats opposent les séparatistes de cette enclave à l'armée azerbaïdjanaise. 

 Le journaliste drômois Krikor Amirzayan traite du conflit au Haut-Karabakh pour le site d’information Armenews.fr.
Le journaliste drômois Krikor Amirzayan traite du conflit au Haut-Karabakh pour le site d’information Armenews.fr. © F3RA
Le journaliste drômois Krikor Amirzayan était l'invité d'"Entre deux", ce mercredi, sur France 3 Rhône-Alpes. Rédacteur pour le site Armenews.fr - plateforme d'information qui s'adresse à la communauté d'origine arménienne en France -, il vit depuis deux semaines au rythme des combats qui font rage dans l'enclave du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan.

Pour rappel, ce territoire du Caucase, peuplé d’Arméniens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan dans les années 90, à la chute de l'URSS. Il a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991 ; s'en est suivi un conflit armé jusqu'au cessez-le-feu de 1994. Depuis, le territoire a connu un autre épisode de combats, en avril 2016. Il a également soumis à referendum une constitution créant la République autoproclamée d'Artsarkh, qui n'a pas été reconnue par la communauté internationale.

Violation du cessez-le-feu

Le 27 septembre dernier, une offensive azerbaïdjanaise relance les hostilités. Les combats sont intenses avec, pour la première fois, des bombardements sur Stepanakert, la capitale. Le 10 octobre, des discussions entre les belligérants, menées par la Russie, conduisent à la signature d'un cessez-le-feu, à Moscou. L'objectif de cette trêve humanitaire était d'échanger des prisonniers et les corps de soldats morts au combat.

L'accord n'a jamais été respecté et, d'escarmouches en échanges de tirs, les combats ont repris. Ils auraient fait plus de 600 morts de part et d'autre de la ligne de front, depuis le début du conflit. Face à cette situation, Krikor Amirzayan, lui-même membre de la diaspora arménienne issue du génocide de 1915, estime que la France doit sortir de sa neutralité : "Au regard des 700 000 Français d'origine arménienne qui vivent dans ce pays, on attend un geste fort".

Reconnaître la République d'Artsakh 

Il reprend la demande formulée par Danièle Cazarian, députée LREM du Rhône, auprès du Ministre des Affaires étrangère, Jean-Yves le Drian. "Aujourd'hui, on est en situation de catastrophe humanitaire, dans le Haut-Karabakh ", estime-t-il. "Et au regard de ce péril, seule la reconnaissance de l'Artsarkh, et son rattachement à l'Arménie, peut garantir la protection du peuple arménien du Karabakh". Le chef de la diplomatie estime quant à lui que la France doit s'en tenir à son impartialité : elle est membre, avec la Russie et les Etats-Unis, du Groupe de Minsk, médiateur historique de ce conflit.

Pour les 100 000 personnes d'origine arménienne qui résident en Auvergne-Rhône-Alpes, la situation de ce confetti caucasien (11 500 km2, 150 000 habitants) est loin d'être indifférente. La communauté s'est mobilisée à plusieurs reprises ces dernières semaines pour soutenir les séparatistes : par des envois d'aide humanitaire et médicale, et des manifestations à Valence, Lyon, ou Paris. "Il y a un retentissement très fort", explique Krikor Amirzayan. "Et un sentiment d'injustice car nous sommes un peuple génocidé en 1915 par l'Empire ottoman, et aujourd'hui, 105 après, le président Turc Erdogan soutient la volonté de l'Azerbaïdjan de supprimer l'enclave arménienne du Haut-Karabakh."

Russie, Turquie : les puissances régionales sont impliquées auprès des différents camps, ce qui rend la résolution du conflit particulièrement complexe et délicate.
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