"La peur est un handicap, il faut la dépasser ", deux Ardéchois remportent le 1er prix du festival “Entre deux cannes” dédié à l’inclusion

En mai dernier parallèlement au festival de Cannes, deux Ardéchois, John Dauvin et Gabriel Capina ont remporté le Dom d’or. Il s’agit du premier prix du festival “Entre deux cannes”, un évènement alternatif dédié à l’inclusion. Les deux réalisateurs ont séduit le jury avec un documentaire qui s’intéresse au quotidien des personnes vivant avec un handicap, et leur entourage.

Sur pellicule, John et Gabriel ont souhaité poser un “regard croisé entre handicap et société”. C'est d'ailleurs le titre de leur documentaire. Dans le sillage d'un Artus et de son petit truc en plus, les deux Ardéchois montrent, film à l'appui, le quotidien de personnes porteuses de handicap.

Au festival, "entre deux cannes", ils viennent de remporter le Dom d'or avec leur film. Leur œuvre vient d'être projetée à des animateurs de la ville de Valence dans la Drôme.

Malformation, amputation et après ?

La lumière s'éteint, plus d'une centaine de personnes ont pris place dans la salle de projection. Le silence se fait, tous s'apprêtent à découvrir le film de John et Gabriel.

Dès les premières images, le thème du film est donné avec une simple question de Gabriel. "John, comment tu fais pour vivre avec ton handicap ?"

John est né avec une malformation au bras gauche. Ensemble, les deux réalisateurs interrogent sur la place du handicap dans notre société. "En fait, John, c’est un ami de longue date, mais je n’avais jamais vraiment pris conscience de son handicap", nous explique Gabriel.

Dans leur documentaire, ils se sont filmés, tous les deux pour raconter l’histoire de John et partager le quotidien d’autres personnes en situation de handicap.

"C’était important pour nous d’apporter d’autres personnes. On veut montrer quelque chose de globale, de pluriel, plusieurs histoires humaines. On n'avait pas envie de faire un catalogue sur tous les types de handicap que l’on peut rencontrer dans la société mais plutôt partager les histoires humaines" détaille John.

Pendant plus d’une heure, les récits des un et des autres s’entremêlent, des témoignages forts et plein d’optimisme.

À l'image de celui d'Elise, courageuse et résiliente. Amputée de sa jambe droite quand elle était enfant, elle témoigne: " Si je rencontrais quelqu’un dans une situation de handicap, même différent du mien, qui a un peu de mal à l’accepter, je lui dirais de passer la journée avec moi. Que ce soit en classe ou au sport. Pour lui montrer que je fais comme tout le monde."

Le film accompagne les propos. Les spectateurs peuvent la voir dans une salle de classe maternelle en minijupe avec une prothèse, sillonner avec aisance entre les tables des enfants, puis s'installer seule dans un fauteuil roulant à l'allure sportive, sans sa prothèse.

Partager, montrer, décloisonner

Souriant, Gabriel aime parler de son film, "la finalité de ce que l’on pouvait faire, c’était de partager que le handicap existe dans notre société, on l’a compris par exemple à travers le film d’Artus et d’autres qui interviennent beaucoup depuis quelques années."

John poursuit, "Cela fait partie de notre société, ce n’est pas un tabou. Je vis ma vie au quotidien, normalement, ajoute-t-il. En 2024, on n’en est où avec le handicap ? Interroge-t-il. C’est peut-être cela, la vraie question."

Le documentaire a été projeté à des animateurs de la ville de Valence et a suscité, beaucoup d’émotions. "C’était touchant, dit une spectatrice à l'issue de la projection. On a appris beaucoup de choses, nous qui travaillons avec les enfants, cela nous donne beaucoup d’outils, ça nous donne beaucoup de billes. Il faut vraiment que tous les publics le regardent." Une autre spectatrice, conclut avec émotion, "Ce que je retiens et que je pense que je vais garder, c’est le mot peur, parce que la peur est un handicap, et qu’il faut dépasser cette peur pour aller vers l’autre."

Le film sortira officiellement mi-octobre, cependant une projection au Lux de Valence est prévue ce 2 juillet 2024 à 20 heures en présence des réalisateurs.

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