"Villages Vivants" : de l'épargne solidaire pour permettre à des commerces de s'installer en zone rurale

Permettre à des villages de revivre grâce à la réouverture de cafés, d'épiceries ou de boulangeries, c'est l'objectif de "Villages Vivants". Dans le Vercors drômois, à Luc-en-Diois, un commerce de proximité a ainsi pu voir le jour grâce à cette coopérative et à l'épargne participative.

À Luc-en-Diois, petit village de 550 habitants du Vercors drômois, un commerce de proximité vient de voir le jour. C'est l'un des rares de la commune. Les habitants sont aux anges. Mais rien n'aurait été possible sans la coopérative "Villages Vivants ". 

Plus de commerces en zones rurales

"Pour moi, c'est un cadeau. J'habite dans un village de montagne, un peu plus haut, c'était vraiment quelque chose d'important cette épicerie. Et ça anime le village", explique Magalie, cliente de passage. La Milpa, la nouvelle petite épicerie locale et éthique de Luc-en-Diois, a vite trouvé sa clientèle.
Les Lucois viennent y acheter fromages, pain, fruits, légumes et produits alimentaires... mais surtout des produits locaux et bio. Rien ne manque dans ce commerce de proximité installé en zone rurale. "L'idée était de proposer une épicerie complète pour ne plus avoir besoin d'aller jusqu'à Die, à 20 km d'ici", explique Cosima Gruninger, co-fondatrice de l'épicerie. Mais l'absence de local à louer a compliqué la concrétisation du projet. "C'est pourquoi on a fait appel à Villages Vivants, pour qu'ils puissent acheter un bâtiment, le rénover et nous le louer", ajoute Cosima Gruninger. 

Le projet était également difficilement défendable auprès des banques. C'est aussi l'autre raison pour laquelle les fondateurs de l'épicerie se sont tournés vers la coopérative. "J'avais envie de lancer un projet de création d'épicerie, mais je n'avais pas envie de faire des prêts aussi élevés pour ce projet. C'est super d'avoir trouvé Villages Vivants, ce sont eux qui prennent le risque financier. Sur le foncier, on est à 350 000 euros peut-être", assure Cosima Gruninger. Les deux entrepreneurs et associés s'acquittent eux d'un loyer pour rembourser l'investissement de la coopérative. 

Épargne solidaire...

La coopérative "Villages Vivants" rassemble des citoyens, entreprises et collectivités. Avec leur épargne, ils achètent, rénovent et louent des locaux qui ont vocation à accueillir des commerces et services de proximité dans les territoires ruraux. Libérer les entrepreneurs de la pression foncière, c'est la mission de "Villages Vivants". 

Auberge, micro brasserie, boulangerie ou encore locaux associatifs... depuis sa création, en 2018, pas moins d'une vingtaine de projets a vu le jour. Aujourd'hui, la coopérative ouvre son capital et propose de placer son épargne en devenant sociétaire de la structure. 

"Ça permet aux personnes de choisir où ils placent leur argent et à quoi il sert. C'est du concret, c'est de la pierre, c'est visible ", explique Florie Gaillard, la responsable communication de la coopérative. En bref, une épargne concrète qui a du "sens". "On peut aller manger dans le restaurant qu'on a contribué à financer dans un village", résume la jeune femme.

La coopérative Villages Vivants souhaite augmenter cette année son capital. La coopérative vise à avoir davantage de fonds pour pouvoir racheter et rénover de nouveaux bâtiments dans les villages.  

... et coopérative citoyenne

"On a envie d'être une coopérative, la plus citoyenne possible. On était limité jusqu'à présent à 99 sociétaires", explique Florie Gaillard. La coopérative a œuvré afin "d'ouvrir son sociétariat" et ne plus être limitée. "L'objectif est que le maximum de citoyens puisse prendre des parts sociales de la coopérative, devenir sociétaire et prendre part à la gouvernance de Villages Vivants (..) Chacun avec ses parts devient propriétaire d'un morceau de ces bâtiments-là. Notre objectif est aussi de sortir ces biens du marché classique de l'immobilier", ajoute-t-elle. 

Selon Florie Gaillard, les personnes qui décident d'investir chez "Villages Vivants" ne le font pas forcément pour la rentabilité financière ; même si en retour, ils bénéficient d'un avantage fiscal de 25 %. 

Ce sont surtout des gens qui ont envie de voir rouvrir des commerces et des services de proximité dans les villages, de revoir des épiceries, des boulangeries, des cafés qui viennent animer les bourgs qu'ils habitent ou traversent pendant les vacances.

Florie Gaillard, coopérative "Villages Vivants"

 Avec cette épargne participative, "Villages Vivants" compte lever près d'un million d'euros et ainsi créer de nouveaux commerces et services dans les campagnes.

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