"Mes tatouages m'ont aidée à assumer ma personnalité", Olivia Lyard, Miss Tattoo France 2021

A 29 ans, Olivia Lyard vient de décrocher la couronne de Miss Tattoo France 2021. La chrysalide est devenue papillon après des années de manque de confiance en elle. La motivation de la Drômoise : le rejet des étiquettes, des préjugés sur la féminité et surtout une envie de s'afficher sans fard.

Les traits réguliers d'Olivia Lyard accrochent incroyablement la lumière. L'objectif révèle une beauté saisissante soulignée par son crâne nu, quelques piercings et un sourire éclatant. On en oublierait presque qu'Olivia est couverte de tatouages à l'encre noire. Les dessins s'étirent sur son cou et viennent encadrer son visage symétrique.

A 29 ans, la jeune femme vient d'être élue plus belle femme tatouée de France. C'était le 7 octobre dernier à Paris. La Drômoise, installée dans le village de Saint-Gervais-sur-Roubion, près de Montélimar, a réussi à remporter l'écharpe devant 400 candidates et 11 finalistes. Pour départager les concurrentes du concours Miss Tattoo France 2021, quatre critères étaient examinés comme dans toute compétition qui se respecte : photogénie, personnalité, tatouages et motivation. Et passé le plaisir d'avoir remporté la première place, Olivia est retournée à ses occupations. Olivia a le triomphe modeste, le crâne rasé mais pas la grosse tête. 

Mes tattoos m'ont aidée à assumer ma personnalité et mon style.

Quand on la questionne sur cette victoire, Olivia affiche un sourire, "ça m'a fait plaisir de remporter l'écharpe! Je voulais mettre en avant mon style un peu atypique" et surtout "montrer qu'on pouvait venir d'un milieu professionnel qui n'a rien à voir" avec cet univers.

Si les tatouages recouvrent une grande partie de son corps, ils n'occupent pas toute la place dans la vie d'Olivia. Cette dernière travaille au contact des chevaux depuis une dizaine d'années. "J'ai eu la chance de faire de ma passion, mon métier, et, de pouvoir également participer à des compétitions équestre". La cavalière professionnelle a pratiqué la compétition en saut d'obstacle jusqu'au niveau pro 2. Un univers très codé et plutôt guindé, à mille lieux de l'univers des conventions de tatoueurs. Ses tatouages dérangent ou font peur? Ils sont davantage source de questions et de curiosité, selon elle. "Des personnes âgées me disent souvent : regardez moi aussi j'ai un tatouage, je l'ai fait il y a longtemps," raconte-t-elle, amusée.

>>Outre le plaisir de monter sur la plus haute marche du podium, la gagnante a remporté un an de contrat avec une agence de mannequins.

Tatouages et chrysalide

Olivia porte sur le corps un mélange de motifs, des coups de coeur. Ses tatouages sont très variés. La jeune femme ne veut pas se limiter à un unique style qui l'enfermerait. "Pour moi, la diversité c'est important dans la vie. Cette diversité je l'ai sur moi et je trouve ça TOP!" explique-t-elle. Point commun, ses dessins sont toujours en noir, "pas de couleur, je n'aime pas les tatouages en couleurs," a-t-elle confié. Des fleurs oniriques, des volutes, des femmes et même un panda roux! Mais son tatouage préféré, c'est à ce jour le papillon qu'elle a dans le cou. Ce symbole de beauté et de "transformation" l'accompagne depuis quatre ans. Il revêt une grande importance pour elle.

Mon tatouage papillon : c'est à partir de là que je me suis un peu plus affirmée, que j'ai affirmé mon style et que j'ai pris de plus en plus confiance en moi.

Son premier tatouage, Olivia l'a fait réaliser à l'âge de 20 ans. C'était un petit dessin, un noeud papillon, sur la cuisse gauche. Diversement apprécié en famille. "Mon papa en le voyant pensait que ça allait partir avec de l'eau!" explique-t-elle en riant. Il est aujourd'hui recouvert. "Au début on a très peur, j'appréhendais la douleur. Mais l'envie était la plus forte". Elle doit encore terminer deux projets, sur une jambe et sur le ventre, avant de "faire une petite pause". 

"Je n'avais plus confiance en moi"

Le tatouage, une manière pour la jeune femme de s'afficher. Celle qui se définit aujourd'hui comme "une force tranquille" a pourtant été une adolescente complexée par son acné. Des boutons sur le visage, des sobriquets et des moqueries qui lui ont laissé quelques cicatrices... plus morales que physiques. De cette perte de confiance, elle garde des souvenirs douloureux : "Quand j'étais au lycée, j'ai eu énormément d'acné sur le visage. On se moquait de moi (...) ça a mis du temps à passer et pendant pas mal d'années, je n'avais pas confiance en moi. Je ne voulais pas qu'on me regarde, je me cachais complètement". Aujourd'hui, la jeune cavalière avoue qu'elle se sent "belle" et qu'elle se sent même très bien. Les chevaux et la compétition l'ont aussi aidée à reprendre le dessus.

Je sais ce que ça fait d'être mise à l'écart à l'école, d'être moquée et du coup de se sentir pas bien en se regardant dans un miroir...  

Olivia a pris conscience de son capital beauté lorsqu'elle s'est rasée la tête. Une prise de conscience quasi immédiate: "en marchant dans la rue, je ne me suis jamais sentie aussi présente, vraiment ancrée et solide".  Ce geste radical, elle l'a accompli l'année dernière pour la première fois. Un coup de tête renouvelé le 1er octobre dernier, à l'occasion du lancement de la campagne Octobre Rose, campagne de prévention contre le cancer du sein. Un geste "symbolique" et "un petit message de solidarité".

Sa performance a été filmée et postée sur les réseaux sociaux. Sans hésitation, on voit Olivier manier la tondeuse pour révéler en quelques minutes un crane quasi parfait.

En la regardant faire, on pense illico à Sinead O'Connor, la chanteuse Irlandaise. On pense aussi une scène du film " A armes Égales". Pour son rôle de G.I., la sculpturale Demi Moore n'avait pas hésité à se débarrasser sans pitié de sa crinière. Immense retentissement à l'époque. D'autres comédiennes lui ont emboité le pas ces dernières années mais avec moins de buzz médiatique. 

Tête rasée ... et la féminité ? 

Dans le cas d'Olivia, c'est le ras-le-bol des contraintes qui a joué. Marre des racines, des décolorations et surtout des préjugés sur la féminité. La jeune femme n'a pas hésité. Elle admet un geste "un peu provoc", pas forcément toujours été compris ou apprécié par l'entourage. "On me disait souvent: je te préférais les cheveux longs, c'était plus sympa."  Se sent-elle moins féminine débarrassée de sa chevelure? Pas le moins du monde et bien au contraire. 

La féminité ne rime pas avec les cheveux longs... Ce n'est pas une coupe de cheveux, ce n'est pas un physique, ce n'est pas un style... ce n'est pas TOUT ÇA qui décrit la féminité. Ce n'est pas du maquillage non plus, ni des bijoux. On est féminine si on a envie de l'être !

Aujourd'hui, Olivia aimerait créer une association pour soutenir et aider les femmes souffrant de troubles alimentaires et plus largement de problèmes d'estime de soi.

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