Elections départementales en Isère: scrutin risqué pour la gauche sur le canton de Roussillon

Le canton de Roussillon a été largement redessiné à la faveur du redécoupage cantonal. Il perd neuf communes, et englobe désormais la totalité de l'ancien canton de Beaurepaire. Cinq binômes s'y affrontent, avec une gauche qui part divisée et une droite arrivée en force aux dernières Municipales. 

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Le canton de Roussillon a perdu neuf communes, dont une partie de l'électorat de la gauche du côté de Saint-Maurice-l'Exil qui se trouve à présent dans le canton de Vienne 2. Un nouveau canton qui englobe désormais la totalité de l'ancien canton de Beaurepaire, une terre rurale. C'est dire que la donne est nouvelle sur ce territoire isolé du Nord Isère. 

Pour composer les binômes, il fallait "balayer le maillage". Tous n'y sont pas parvenus. Pour le duo de la majorité départementale de gauche, c'est plutôt réussi avec Philippe Mignot, le maire de Beaurepaire, et Mercedes de Sousa, ancienne adjointe et candidate à la mairie de Péage-de-Roussillon. La jeune femme a fait l'an dernier, l'amère expérience de la division de la gauche aux Municipales. Un scénario catastrophe qui pourrait se répéter le 22 mars. 

Sur le canton, les deux principales villes, Péage-de-Roussillon et Roussillon, sont passées dans le giron de la droite. Deux bastions de gauche depuis près de 150 ans. 

Reportage Céline Aubert, Antoine Marnas, Lisa Bouchaud :

Intervenants : Mercedes de Sousa et Philippe Mignot, candidats de la majorité départementale (PS-PC); Françoise Buniazet et Patrick Bediat, candidats du Front de Gauche; Jean-Philippe Lefevre, candidat du Rassemblement Bleu Marine (FN)

Le binôme de la majorité départementale, qui s'affiche plutôt divers gauche, s'appuie sur le "bon bilan" de Christian Nucci et de Daniel Rigaud. Il appelle aussi à "bien voter" dès le premier tour, conscient que la gauche pourrait bien perdre le département. Il regrette enfin le choix du Front de Gauche, qui a refusé de s'allier avec eux. 

Le binôme du Front de Gauche, Françoise Buniazet et Patrick Bédiat, croit en ses chances. Peu opposés sur le fond aux socialistes, il était impensable pour eux d'accepter l'union. La position est nationale: opposition farouche à la politique de l'Etat et à la réforme territoriale. 

Ils dénoncent également le fiasco de l'arrivée de la droite à la mairie de Roussillon, où Patrick Bédiat est élu de l'opposition. 

A droite, on compte bien "surfer" sur les Municipales 

Quant au binôme de l'union de la droite, Robert Duranton et Sylvie Dézarnaud se disent "sans étiquette, mais soutenus par l'UMP, l'UDI et les centristes". Les deux maires, celui de Roussillon et celle de Revel-Tourdan, font aussi valoir leur passé industriel. Lui a travaillé pendant 7 ans au GIE de la plate-forme chimique, où se joue en partie l'avenir économique du canton. 

D'ici trois ans, Hexcel va s'installer sur le site, avec 200 emplois à la clé. La ZIP, la zone industrialo-portuaire, doit aussi s'installer plus au sud. Mais, reproche de la droite, le projet avance à tâtons depuis 14 ans. Si les contours des 300 hectares sont aujourd'hui dessinés, les entreprises peinent encore à s'installer. 

L'emploi et le développement économique, des thèmes au coeur de la campagne. C'est que les salaires du canton sont parmi les plus bas du département. Péage-de-Roussillon et Roussillon ont récemment été classés "Politique de la Ville", signe d'une paupérisation grandissante. 

Autre binôme de la droite, celui de Debout la France, le parti souverrainiste de Nicolas Dupont-Aignan. Didier Charpenay est adjoint à la sécurité et élu à Roussillon, Valérie Domput est assistante de vie.  

La "tentation du FN" 


Sur le canton les enjeux sont nombreux, insuffisance de l'offre des transports, isolement, problème d'accès aux soins, polémique sur le maintien ou le transfert de la clinique Saint-Charles... Des éléments qui pourrait accentuer la tentation du FN. Aux Européennes, le parti a fait un carton : 24% à Roussillon, 27% à Beaurepaire.

Les candidats frontistes sont issus de la société civile, actifs dans le milieu associatif. Jean-Philippe Lefevre est chef d'entreprise dans le bâtiment et secrétaire du parti sur le canton depuis quatre ans. Ils briguent leur premier mandant, mais les deux novices comptent bien sur le rayonnement "Bleu Marine", certains d'être présents au second tour. 





Les candidats sur le canton de Roussillon
- Binôme de la majorité départementale : Mercedes de Sousa et Philippe Mignot (DVG)

- Binôme de l'union de la droite : Sylvie Dézarnaud et Robert Duranton (DVD-UMP-UDI)

- Binôme du Front de Gauche : Françoise Buniazet et Patrick Bédiat 

- Binôme de Debout la France : Valérie Domput et Didier Charpenay 

- Binôme du Front National : Jean-Philippe Lefevre et Isabelle Chareyron