Elisabeth Revol, rescapée du Nanga Parbat : “j'ai vu deux lampes frontales, j'ai commencé à hurler”

© France 3/AFP
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Soignée à Sallanches en Haute-Savoie, Elisabeth Revol s'exprime pour la première fois depuis son retour en France. L'alpiniste avait été sauvée de justesse alors qu'elle se trouvait sur "la montagne tueuse" dans l'Himalaya.

Par France 3 Alpes

Elisabeth Revol revient de loin, au propre comme au figuré. L'alpiniste française se remet tout doucement des épreuves qu'elle vient de traverser, à plusieurs milliers de kilomètres de là, sur l'un des 10 sommets les plus hauts et les plus dangereux du monde. Tout juste rapatriée en France, elle se trouve actuellement à l'hôpital de Sallanches, en Haute-Savoie, oú ses engelures sont traitées avec un protocole de soin particulier.

"J'ai passé une nuit à l'extérieur, sans équipement, sans duvet, sans tente, sans nourriture" explique, de l'émotion dans la voix, celle qui a failli tout perdre dans l'Himalaya. Alors qu'elle tentait de redescendre, seule et sans matériel de "la montagne tueuse", l'alpiniste explique avoir souffert d'hallucinations à cause des conditions extrêmes.

Interview d'Elisabeth Revol


"J’ai eu des hallucinations pendant la nuit, j’imaginais qu’il y avait des personnes qui m’amenaient du thé chaud, des bouteilles d’eau chaude", raconte-t-elle. L'alpiniste a été jusqu'à donner une de ses chaussures à ces personnes imaginaires pour les remercier.

"Le matin je me suis réveillé, j’avais simplement ma chaussette", raconte-t-elle après avoir constaté que sa chaussure se trouvait dans une crevasse. Elisabeth Revol est redescendue seule de cette montagne, contrainte de laisser son compagnon de cordée Tomek Mackiewicz, inconscient, à 7000 mètres d'altitude.

"Je descendais calmement, quand il y avait trop de vent je m’isolais près d’un rocher". Après de longues heures d'épreuves aux limites de sa condition physique, l'alpiniste exténuée atteint dans la nuit le camp 2. Elle voit alors deux lampes frontales s'approcher d'elle et se met à hurler. Il s’agit de Denis Urubko, d’origine kazakhe, et Adam Bielecki, appuyés par l’armée pakistanaise.

Deux lampes qui apparaissent comme la lumière au bout du tunnel pour la Française et qui met fin à son calvaire. Elle est immédiatement transportée à Islamabad, au Pakistan, par hélicoptère, afin de recevoir les premiers soins. C'est désormais le début d'une nouvelle épreuve pour cette battante qui présente de graves engelures aux mains et au pied gauche.



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