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L’Ardèche, entre ses monts à l’ouest et ses accents provençaux au sud offre une palette exceptionnelle de paysages, de saveurs et de couleurs. Balade au fil de la rivière, de village en village, jusqu’aux sommets des fameux sucs, ces volcans aux reliefs si particuliers.

Par Laurent Guillaume

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Il n’y a pas une Ardèche, mais une multitude. S’il fallait trouver un point commun à ses contrées : ça serait sans doute la ruralité, l’espace, et la nature. Tantôt montagnarde, tantôt provençale, l’Ardèche est à la fois tranquille, extrême, douce et sauvage. Tranquille comme les ruelles des villages accrochés aux falaises lorsque les touristes sont partis, extrême comme le climat des hauts plateaux battus par les vents et la bûrle, douce comme sa rivière qui serpente entre ces falaises calcaires où les premiers Hommes avaient trouvé refuge, et sauvage comme la garrigue qui perce le sol rocailleux et donne aux pentes un air de midi. Il faut donc s’y promener, si possible en dehors des périodes touristiques, pour en découvrir les saveurs et les accents.

Voguë est l’un de ces villages classés, ou les maisons se confondent avec les falaises environnantes. Déambuler dans ses ruelles est un voyage dans le temps. Ce village semble avoir été créé en même temps que la vallée. Les gênoises sous les toits, les tuiles ocres, les bougainvilliers et la glycine qui s’accrochent aux façades lui donnent un aspect méridional que le soleil de plomb réfléchi par la falaise sous laquelle le village est bâti ne dément pas. Mais Voguë, c’est aussi le point de départ de la fameuse descente de l’Ardèche qui attire chaque été les touristes de l’Europe entière. En pleine saison, il est parfois difficile de se frayer un chemin entre les rochers et les rapides tant la rivière est fréquentée. Il n’y a pas de secret : c’est parce que la descente de l’Ardèche est exceptionnelle que les touristes sont nombreux. Mais ce jour-là, malgré une chaleur écrasante en cette fin d’été, la rivière était douce, tranquille. S’ouvrent alors des paysages méconnus, invisibles depuis les berges. Des bras lascifs qui se perdent au milieu des arbres, des lacs où il fait bon se baigner, puis des rapides garantissant le frisson (ou la baignade involontaire !) et à nouveau un défilé de falaises abruptes, blanches, sur lesquelles s’accroche une végétation courageuse, défiant le vide et la frugalité des sols.
Bauzon, en Ardèche.
Bauzon, en Ardèche.
Puis vient Balazuc, un village improbable construit sur la roche elle-même, qui semble lui aussi avoir été créé au 6ème jour, en même temps que le monde environnant. Là encore, difficile de se frayer un chemin au milieu des touristes en période estivale. Il faut dire que le charme de Balazuc est addictif, y compris pour Tom, ancien artiste céramiste parisien, qui a tout quitté pour venir s’installer ici. Après une décennie, Tom est devenu incontournable dans ce village où l’accent du midi tranche avec son parler francilien. Mais il fait partie de cette communauté, et c’est Tom qui m’a guidé dans le village médiéval, à la rencontre de ses habitants. Parmi eux : Paulette. La mémoire du village qui tenait un café-épicerie-bar-tabac-journaux, et qui m’a raconté la vie intime de son pays.

Enfin, surmontant ce petit monde : les Monts d’Ardèche. D’altitude modeste, ils n’en sont pas moins les phares de cette région. Depuis leurs sommets, on distingue les Alpes, le Ventoux, les vallons qui descendent en direction du Rhône, le fleuve Maitre, qui récupère toutes les énergies de ces coteaux. Même département, mais un monde différent. Ici l’accent devient auvergnat. Les maisons ne se protègent plus de la chaleur mais tournent le dos au vent de nord, qui, lorsqu’il est chargé de neige en hiver, vous noie dans une tourmente aussi spectaculaire qu’extrême qu’on appelle la Bûrle, ce fameux vent qui brûle tant il est glacial. A Usclade et Rieutord, deux villages regroupés dans une même commune, le touriste est plus rare, mais plus sportif aussi. Car il faut de l’énergie pour parcourir les plateaux en chiens de traineaux, en VTT, grimper sur les sucs – ces fameux volcans de lave visqueuse qui ont formé des « bulles » dans le paysage – pour profiter d’un panorama à 360° sur l’immensité de ces plateaux d’altitude, et respirer un air vif que seule la montagne conserve au cœur de l’été.

Cette balade en Ardèche, de village en village, entre rivière et monts est un voyage dans l’espace, entre deux mondes si proches mais qui se côtoient peu, aux habitudes, accents, paysages et mode de vie si différents, mais qui sont bien reliés par le cœur et ce sentiment de vivre dans un lieu unique au cœur de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Emission diffusée le dimanche 15 novembre à 12h55 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes