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Chroniques d'en haut

Le dimanche à 12h50
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Josée de Vérité Mermoud : ses oeuvres rendent hommage aux disparus en haute-montagne

Laurent Guillaume & Josée de Vérité Mermoud au centre d'une oeuvre de Josée / © Chroniques d'en haut / FTV
Laurent Guillaume & Josée de Vérité Mermoud au centre d'une oeuvre de Josée / © Chroniques d'en haut / FTV

Josée de Vérité Mermoud est artiste, elle fabrique des sculptures à partir des restes des crashs d’avion trouvés au pied du glacier des Bossons. Dit comme ça, ça fait froid dans le dos. Mais attendez la suite… A voir dans Chroniques d'en haut dimanche 22 septembre à 12h55 sir France 3.

Par Laurent Guillaume

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Josée de Vérité Mermoud a choisi les débris de crashs d’avion trouvés au pied du glacier des Bossons comme matière première à ses scuptures. 

Lorsque je l'ai rencontrée la première fois, c’était autour de la miraculeuse source des Pècles à Chamonix, une eau pure que viennent puiser les habitants du quartier. On a échangé autour d’un verre (d’eau) et elle m’a raconté ce qu’elle faisait… Cette femme très active a une passion : le glacier des Bossons. Il faut dire qu’il impose le respect, vu depuis chez elle : cette langue de glace qui descend jusque dans la vallée est impressionnante. Le glacier des Bossons est toute sa vie : ses premières expériences d’alpinisme, ses premières émotions de haute montagne, ses premiers pas sur la glace…
 

Le premier cadeau du glacier des Bossons

Un beau jour, elle retrouve au pied du glacier quelques morceaux de tôle. Sans savoir de quoi il s’agit, Josée les ramène chez elle, fascinée par ces objets qui portent la trace de la force inimaginable de la glace qui la a torturés, écrasés, puis recrachés.
Elle leur donne forme, les associe, les tord à nouveau, pour en faire une œuvre qui résume la force destructrice de ce fleuve de glace.
Ca n’est qu’après qu’elle apprendra l’origine des morceaux de tôle qu’elle a récupérés. Ils proviennent de deux crashs d’avions, un double drame, survenu en 1950 et 1966, deux avions de la même compagnie Indienne, qui se sont écrasés sur les pentes du Mont-Blanc.
Ces œuvres jusqu’ici ludiques prennent alors un tout autre sens. La matière première, transportée par le glacier sur des décennies, est le fruit d’un drame qui fait immédiatement écho à la vie de Josée.
 
 

Un hommage à tous les disparus en montagne

Femme de Chamonix, elle a connu, comme tant d’autres dans cette vallée, de nombreux amis qui ont disparu en montagne. Elle-même, dans d’autres circonstances, a perdu un enfant très jeune. Alors, ces tôles, ces tubes : elle continue à en faire des œuvres. Pour leur redonner vie, en hommage, dit-elle, à ces disparus. Ceux des avions, mais aussi ceux qui ont été avalés par la montagne, le glacier, ou l’injustice de la vie.
Dans sa démarche artistique, Josée est en paix avec elle-même. Elle a pu rencontrer certains descendants des familles des disparus du Malabar Princess, pour leur présenter ses œuvres, leur parler du petit mémorial qu’elle a installé vers la langue terminale du glacier. Elle a appris à connaitre certains des disparus, avec des photos, des témoignages.
Ses oeuvres, issues d’un drame épouvantable, sont souvent fantasques et légères. Un homme qui fume la pipe, un enchevêtrement de tubes colorés… Comme si Josée voulait mettre un sourire sur l’évocation de ces disparus, pour atténuer l’horreur du passé, en donnant une seconde vie à ces vestiges d’un terrible évènement.
 

Chroniques d'en haut : les artistes de montagne | dimanche 22 septembre à 12h50 sur France 3 Auvergne Rhône-Alpes

Dans ce numéro, Laurent Guillaume s'est rendu également au musée Giger à Gruyère, dans le canton de Fribourg, en Suisse. Le musée abrite 500 pièces de l'œuvre de Giger, décédé en 2014. (Ne zappez pas le bar, si vous faites une visite.)
HR Giger, tout à la fois plasticien, graphiste, illustrateur et sculpteur, a décroché en 1980 l'Oscar des meilleurs effets visuels pour sa participation artistique dans le premier numéro de la saga "Alien". Ridley Scott était tombé sous le charme à la lecture de son livre "Necronomicon".  
Au-delà de ces fréquentes collaborations avec des cinéastes, Giger a été reconnu internationalement grâce à ses sombres sculptures et ses peintures.
 

Thomas Cook