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REPLAY | Documentaire : l’héritage Vavilov, une chance pour la diversité

Documentaire : l’héritage Vavilov, une chance pour la diversité
Documentaire : l’héritage Vavilov, une chance pour la diversité

Nous sommes depuis 30 voire 40 ans sur un schéma d’uniformisation : tous les légumes se ressemblent. L'institut Vavilov se bat pour conserver un maximum de semences connues afin de les préserver. Une antenne s'est ouverte à Lyon en 2016. Le combat continue.

Par Kathleen Garon

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Autour de Lyon, comme partout ailleurs en France, des espèces végétales autrefois cultivées ont aujourd’hui disparu. Stéphane Crozat, ethnobotaniste lyonnais, a listé plusieurs dizaines de plantes présentes sur le territoire il y a 100 ans, et il a dû aller jusqu’en Russie pour les retrouver. Car à Saint-Pétersbourg se trouve l’Institut des productions végétales Nikolaï Vavilov, où plus de 350.000 plantes sont conservées, cultivées et étudiées.
Au cours de ses 120 ans d’existence, ce grenier unique au monde a permis d’éviter la famine à plusieurs endroits du globe.
Mais depuis plusieurs années, ce lieu est menacé par une baisse chronique de ses financements, conséquence d’un abandon politique.
Ce film raconte l’histoire de la rencontre d’un groupe de lyonnais et de l’équipe de l’Institut Vavilov, qui vient de donner naissance à une coopération internationale.
 

120 ans de recherche et de préservation

Lors de sa première visite à l’Institut Vavilov à Saint-Pétersbourg. l'équipe lyonnaise fait la visite des lieux : Ils ont souffert de l'usure du temps et sont un peu décrépits. 
Anna Artemyeva s'excuse de l'état des bureaux dont la peinture des murs et des toits se décollent ostensiblement : "Pendant plusieurs années, on a eu beaucoup de neige en hiver. Les toits ont été abîmés et voilà le résultat…" Anna est responsable des choux et des salades, elle est fière d'expliquer les quatre buts principaux de l’Institut : "collecter les graines, les préserver, les étudier et les diffuser". "
Cette année, continue Anna, c'est le 120e anniversaire de la fondation de cet Institut. 
Une première réunion définit le cadre de la collaboration envisagée entre les Français et les Russes. Crozat et Mony cherchent des variétés lyonnaises disparues, dont notamment une prune bien spécifique et identifiée. En échange, ils peuvent fournir des graines que l’institut ne possède pas mais surtout, ils sont impressionnés par le manque de moyens par rapport à l’importance du lieu pour l’humanité, mais également la force de travail et la volonté du personnel. Il fallait faire quelque chose.
 

350 000 espèces classifiées

L'Institut est garant de la préservation de près de 350.000 espèces. A titre d'exemple, on y compte 7 459 variétés de… tomates, et des pommes de terre qui ont plus de 1000 ans.
 
Certains des pommes de terre de l'institut Vavilov de Saint-Pétersbourg ont plus de 1000 ans.
Certains des pommes de terre de l'institut Vavilov de Saint-Pétersbourg ont plus de 1000 ans.


Dans les méandres des bureaux de l'Institut sont empilées des milliers et des milliers de boîtes en fer, dans lesquelles sont pressées des dizaines de milliers d'enveloppes, avec des centaines de milliers de graines à l'intérieur. Ces boîtes montent parfois jusqu'au plafond, couvrent des murs entiers, sous le regard du fondateur, dont le portrait veille dans chaque pièce. Tout se fait à la main. Ici pas de robots.

Stéphane Crozat jubile. « Notre objectif est qu’en rentrant en France, on crée dans les mois ou les deux ans qui viennent, un jardin Vavilov à Lyon d’abord. Il y en aura probablement d’autres en France. L’idée c’est de montrer que ce ne sont pas seulement des variétés que l’on dépose dans des frigos ou dans des congélateurs ou comme dans un musée, mais que ces variétés sont vivantes et qu’elles vont être utilisées à des fins utiles. (…) D’une autre façon, on souhaite les tester à Lyon parce que l’un de nos enjeux, c’est l’étude des variétés face au réchauffement climatique ».


2016. Le jardin Vavilov lyonnais est inauguré

Benoît Lambrey, fondation de Natura, témoigne : ce jardin est un jardin pédagogique et conservatoire. C’est-à-dire que nous y cultivons des légumes afin de produire des semences, pour que les variétés puissent être conservées le plus longtemps possible. Notre objectif est de créer 15 autres jardins de ce type.

Un film documentaire de Catherine Ulmer Lopez
Produit par Christophe Camoirano
En coproduction avec 13 Productions
 

Diffusion : lundi 16 septembre à 23h00 sur France 3

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