Les Gîtes d’Auvergne espèrent une relance économique cet été

Avec l'épidémie de coronavirus, la fréquentation des gîtes auvergnats est en berne. Le déconfinement ne leur a pas encore profité. Les réservations pour la période estivale dans l’Allier, le Cantal, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, seront donc décisives pour relancer leur économie.
 
Un gîte dans le Cantal.
Un gîte dans le Cantal. © Gites de France
C’était l’endroit idéal pour passer le confinement. Une maison dans la campagne ancienne cantalienne. Située à Crandelles, à moins de 15 kilomètres d’Aurillac, elle propose à la location deux chambres pour deux personnes avec une terrasse, un terrain non clos de 150 m², salon de jardin, salon de détente, chaises longues et barbecue. Mais la propriétaire de ce gîte, Isabelle Monpeyssen, n’a pas vu l’ombre d’un client pour l’instant : "Ici la saison commence en avril. On loue pour la semaine, ou le week-end, à des citadins qui viennent chercher un endroit tranquille pour se mettre au vert et faire un peu de randonnée". Elle attend ses premiers locataires lundi.

Pour elle la situation n’est pas catastrophique. Cette activité vient en complément de son travail. Elle loue son gîte en moyenne une trentaine de semaines pleines par an. Elle est optimiste : "Le Cantal a été peu touché par l’épidémie, et cet été, beaucoup de vacanciers vont certainement éviter de se rendre en bord de mer, dans des endroits bondés. Le Cantal et l’Auvergne pourraient attirer plus qu’à l’accoutumée". A cause de la lourdeur de l’application du protocole sanitaire, un gîte voisin a décidé de rester fermé, mais Isabelle Monpeyssen n’a pas les mêmes craintes. "Cela fera juste un peu de travail en plus. Il faudra nettoyer et désinfecter suivant les recommandations des Gîtes de France".
 

Une situation dégradée

L'Auvergne compte 2 500 locations affiliées aux Gîtes de France. Ils ont accueilli 200 000 personnes en 2019. Une petite partie des 4 millions de locataires en France l’an dernier. Solange Escure est Directrice des gîtes de France du Cantal et Directrice générale au niveau national. Pour l’instant elle est inquiète : "En Auvergne, lors du week-end de l’ascension, avec la restriction des 100 kilomètres, le taux de réservation n’était que de 5%. A peine 60 séjours, contre 600 l’an dernier à la même époque. Les clients étaient surtout des Clermontois et des Lyonnais dans le sud-est du territoire en Haute-Loire. L’Auvergne n’a pas un bassin de population suffisant. Contrairement à l’Ile-de-France. Ce week-end là tous les gîtes affichaient un taux de réservation compris entre 60 et 90%, dans les 100 kilomètres autour de Paris". Le schéma est identique en Auvergne pour ce week-end de la Pentecôte.
 

La relance économique est attendue cet été

Les annonces gouvernementales sur la seconde phase du déconfinement ont produit un effet immédiat selon Solange Escure : "Dès le 28 mai au soir, le nombre de réservations s’est envolé. Nous avons enregistré pour le Cantal un doublement des contrats en ligne entre 17 heures et minuit. Des chiffres qui se sont confirmés depuis." Cela va-t-il suffire ? Rien n’est moins sûr. "Les loueurs ne sont pas forcément optimistes, car ils sont loin d’avoir rattrapé le retard. Il reste des choses à louer. Le taux de réservation reste pour l’instant négatif par rapport à l’an dernier pour la période estivale. Et cela ne comblera pas les pertes enregistrées entre le mois de mars et celui de mai. La perte est estimée à 2 millions et demi d’euros en Auvergne, 50 millions d’euros sur le plan national." Malgré l’inquiétude, un signe fait espérer Solange Escure : "L’Auvergne est dans le top 10 des recherches sur le site national des Gîtes de Frances."
 
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