A Grenoble, la “tente des glaneurs” prend ses marques sur les marchés

Tous les dimanche, les produits frais sont redistribués le jour même, à la fin du marché
Tous les dimanche, les produits frais sont redistribués le jour même, à la fin du marché

C'est un ancien bénévole des "Restos du coeur" qui est à l'origine de l'initiative: récupérer les invendus sur les marchés pour ensuite les redistribuer. Une démarche solidaire et citoyenne qui essaime déjà dans plusieurs grandes villes de France. Grenoble s'y met, et ça marche...

Par I.G

Glaner, selon la définition du Larousse, c'est "recueillir les épis de blé sur le champ après le passage des moissonneurs". Un très vieil usage ancestral qui date d'avant même le Moyen Âge et qui reste en vigueur en France, à condition de respecter la réglementation.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas de paille et d'épis dans les champs, mais de marchés et de poubelles. C'est un ancien bénévole des Restos du Coeur, Jean-Loup, qui a décidé, il y a un peu plus de 2 ans maintenant, de créer la "tente des glaneurs", "dans une démarche d'équité et de dignité, parce qu'il en avait marre de voir les gens faire les poubelles pour manger, que ce soit le plus fort qui obtienne la plus belle récolte."

A l'origine, un constat simple: chaque semaine, plusieurs tonnes de produits trop abîmés pour être vendus mais toujours parfaitement comestibles sont jetés en fin de marché. Dans ce contexte, la "tente des glaneurs" privilégie la solidarité. Au-delà de la participation à la lutte contre le gaspillage alimentaire, de l'aide aux plus démunis, la tente a permis aussi de recréer du lien social. L'expérience a été lancée en décembre 2010 et a très vite porté ses fruits, à Lille, Caen, Paris.

A Grenoble, c'est Carmen qui porte à bout de bras le projet. La Tente des glaneurs de Grenoble s'est installée pour la première fois en décembre dernier au pied du collège Fantin-Latour, à la croisée du marché Saint-Bruno et de celui de l'Estacade. Les débuts ont été un peu difficiles, mais au bout de 8 mois, l'association a pris ses marques. 

Reportage
Les glaneurs de Grenoble


Un engagement "différent"

Le fondateur de l'association ne voulait surtout pas d'une tente "pour les pauvres", mais d'une démarche collective. Les bénéficiaires, n'ont pas besoin de fournir de justificatif, pour profiter de la redistribution des denrées alimentaires, ils sont aussi sollicités pour s'engager bénévolement et participer à la tournée de collecte, "une façon de les valoriser et de faire en sorte qu'ils prennent eux-mêmes ce projet en main".

Depuis l’ouverture de la tente en décembre 2010, en France, 84 tonnes de nourriture ont été distribuées et près de 2500 familles ont été aidées.








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