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Haute-Loire : les réservistes de la gendarmerie plus que jamais mobilisés

Depuis l’attentat de Nice, l’appel du Président de la République a été entendu. En Haute-Loire, quinze candidats devraient être retenus et formés très bientôt pour intégrer la réserve opérationnelle de la gendarmerie.
Après l’attentat de Nice, le président Hollande a annoncé un objectif de 40 000 réservistes dans les armées d’ici 2019, contre 25 000 actuellement, pour renforcer la sécurité publique. En Haute-Loire, cet appel a été entendu. La gendarmerie a reçu plusieurs demandes de renseignements et a retenu quinze candidatures.

Ces nouveaux réservistes suivront une formation à l’école de gendarmerie de Montluçon dans l’Allier du 8 au 24 août prochain, une « préparation militaire de gendarmerie flash » pour leur expliquer leurs missions, leurs conditions d’intervention et l’utilisation de leurs armes notamment.


« Bleuir le terrain »


Dans le département, la gendarmerie compte actuellement 150 réservistes appelés en renfort des militaires de carrière. Depuis deux ans, le budget consacré à la réserve opérationnelle a doublé (200 000 euros cette année). « L’objectif des patrouilles est de bleuir le terrain, d’avoir d’avantage de militaires visibles pour rassurer la population », explique le colonel Jérôme Patoux, commandant du groupement de gendarmerie de Haute-Loire. Depuis quelques jours, on peut devenir réserviste de 17 ans à 40 ans (contre 30 auparavant). Les réservistes passent des contrats d'une année renouvelables et sont indemnisés à hauteur de 89 euros par jour de mission en moyenne.


Sécuriser le « country rendez-vous »


Pendant cette période estivale, la priorité est de sécuriser les grands rassemblements et les festivals, comme à Craponne-sur-Arzon où près de 15 000 personnes sont attendues pour le « country rendez-vous ». Dès ce mercredi 27 juillet, des patrouilles sillonnent les rues, alors que le festival « off » démarre. Michel et Stéphane se rendent dans le centre-ville à pied, leur mission : observer, se montrer, rassurer.

L’adjudant Michel Pejkert est un ancien motard de gendarmerie en retraite. Il est entré dans la réserve l’an dernier. « A titre personnel, j’ai sacrifié quinze jours de congés de mon épouse pour pouvoir servir puisque la hiérarchie nous a demandés de nous rendre disponibles à cette période », explique t-il. Ce matin, il accomplit sa mission de surveillance aux côtés de Stéphane, 20 ans, étudiant en gestion. « Ce qui m’a motivé pour rentrer dans la réserve, c’est le contact avec la population, lui montrer que nous sommes là pour la protéger ». Stéphane Quoizola envisage ensuite de passer un concours interne pour faire carrière dans la gendarmerie.

Pour les organisateurs du 29ème « country rendez-vous », cette édition est une première. « Nous avons eu peur d’être obligés d’annuler le festival. Nous avons pris des mesures spécifiques comme la mise en place de chemins lumineux pour évacuer le public en cas d’attentat ou de mauvais temps. Avec ce qui se passe actuellement, on prend conscience du risque, alors on a essayé d’anticiper tous les problèmes », dit Claude Chapon, président du festival off à Craponne-sur-Arzon.


Un 15 août au Puy sous haute surveillance


Pour la première fois aussi, les fêtes mariales du 15 août se dérouleront dans ce climat pesant lié à la multiplication des attentats en France. Les réservistes de la gendarmerie (sans doute une quinzaine de personnes) seront mobilisés pour renforcer les forces de police dans la ville. Il y aura également des militaires de l’armée de terre ainsi que des gendarmes mobiles ou des CRS pour faire en sorte que cette fête religieuse qui marque la fin du Jubilé au Puy se déroule dans les meilleures conditions après le drame de Saint-Etienne du Rouvray.








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