Cette petite station de ski d'Auvergne ouvre ses pistes pour la première fois de la saison

Le ski alpin reprend ses droits sur le domaine skiable du Mézenc après plus d'un an absence faute de neige conséquente. La station des Estables, en Haute-Loire, a ouvert ses pistes pour la première fois de la saison. Mais avec le réchauffement climatique, l'avenir des stations de moyenne montagne est de plus en plus menacé.

Voilà plus d'un an que les pistes de ski alpin du domaine du Mézenc n'avaient pas été recouvertes d'une épaisse couche de neige. Un manteau blanc suffisant pour permettre à la station des Estables d'ouvrir ses pistes aux skieurs alpins pour la première fois de la saison... le lundi 4 mars. 

Après une journée de fermeture du site dimanche pendant la tempête pour des raisons de sécurité, toute l'organisation s’est mise en route pour permettre l’ouverture lundi des neuf pistes alpines que compte la station.  

Une neige toujours plus tardive pour la petite station de Haute-Loire. "On sait que chez nous maintenant, il va falloir skier quand la neige tombe, pas seulement quand ça sera la saison, donc on essaie d'être réactifs. Les gens attendent ça, avec les webcams et les réseaux sociaux, l'info va très vite et hier à l'ouverture les gens étaient là", se réjouit Yves Gayton, directeur de la station d'hiver des Estables. 

Une neige de plus en plus rare 

Le domaine n'avait pas ouvert depuis décembre 2022. Mercredi 6 mars, ce sont huit des neuf pistes qui sont praticables. Pour la dernière semaine des vacances d’hivers, cette couche de neige comprise entre 30 et 70 cm tombe à pic. "On est arrivés samedi, la neige est tombée dimanche donc c'est parfait pour skier cette semaine, et c'est de la bonne neige en plus, c'est impeccable", se réjouit une vacancière. 

Avec le réchauffement climatique, faire vivre une petite station de moyenne montagne comme celle des Estables est devenu de plus en plus difficile. Au début de la saison en décembre, seules les pistes de ski de fond avaient été ouvertes. Alors il faut savoir diversifier les activités et surtout être pragmatique.  "La rentabilité pour les petites stations est quasiment nulle, nous on cherche surtout l'équilibre", explique Yves Gayton.

"A petite échelle, forcément ce n'est pas rentable, poursuit-il. Mais si on regarde à l'échelle d'un village et d'un territoire, c'est une économie qui est loin d'être négligeable, qui est même très importante pour les gens qui vivent sur le pays." 

Pour sauver la saison, ce précieux manteau neigeux devra donc être maintenu le plus longtemps possible, au moins jusqu’au week-end où un nouvel épisode hivernal est annoncé. Ce sera le rôle des pisteurs et des dameurs à pied d’œuvre depuis dimanche. 

Propos recueillis par Laurent Cluzel