Haute-Loire : comment les patous, ces chiens de berger, protègent les troupeaux du loup

En Haute-Loire le plan régional de prévention de la prédation du loup est toujours actif même si en 2020 aucune attaque n'a été recensée. Au pays de Saugues, les éleveurs de brebis peuvent bénéficier d'aides financières pour s'équiper de chiens de troupeau, les patous.

D'instinct, le patou sait qu'il doit protéger le troupeau de brebis.
D'instinct, le patou sait qu'il doit protéger le troupeau de brebis. © Elodie Brot-Monnier / FTV

Comme tous les matins depuis début mai, les brebis vont à l'herbe, accompagnées de trois chiens Montagne des Pyrénées, ces patous imposants qui gardent le troupeau toute la journée. Dans cette exploitation du pays de Saugues, en Haute-Loire, à la limite de la Lozère, Aurélien Martin a fait le choix de cette protection. Le loup est passé plusieurs fois à quelques kilomètres de là. L'éleveur ovin explique : « Ca renforce la sécurité du troupeau. On a des parcs électrifiés un petit peu partout ou des parcs grillagés. Le patou suit les moutons tous les jours donc c’est une grosse sécurité pour nous. C’est rassurant par rapport au loup, par rapport aux chiens errants. On sait que le troupeau est plus sécurisé. On laisse les brebis du matin jusqu’au soir et on sait qu’il y a toujours une protection ».
 

5 patous dans l'exploitation                                                                                                          

Jusque dans l'étable, le patou est présent. Aurélien en a cinq et Djumbo fait partie de la famille comme les autres. Cette race fait l'objet d'une sélection particulière. Le chien doit grandir dans son environnement pour jouer pleinement son rôle. Aurélien Martin souligne : « D’instinct, le but du patou est de protéger le troupeau. Il n’y a aucun dressage à faire. Il faut le faire naître dans le troupeau, l’habituer à être tout le temps avec les brebis et après, d’instinct, il le protège. Son habitude est de rester tout le temps au contact de la brebis. Il est comme une brebis au milieu du troupeau ».

Le patou est impressionnant mais il n’est pas méchant si on ne lui fait pas de mal 

Mais le chien fait parfois trop bien son travail et la cohabitation avec des randonneurs de passage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle peut être source de problèmes. Aurélien Martin indique : « Ils viennent à la grille au contact des personnes pour leur dire que c’est le patou qui commande. Le chien leur dit qu’il ne fera rien si les personnes ne lui font rien. Le patou est impressionnant mais il n’est pas méchant si on ne lui fait pas de mal ».


 

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On essaie de développer dans les élevages des chiens équilibrés, au niveau de la psychologie

Les éleveurs sont invités à installer des panneaux d'avertissement aux abords des clôtures. La Chambre d'agriculture avec l'Institut de l'élevage développe un réseau pour mieux contrôler les lignées de chiens. Fabrice Vassort, technicien en charge du Plan loup à la Chambre d'Agriculture, souligne : « On essaie de développer dans les élevages des chiens équilibrés, au niveau de la psychologie. L’objectif est d’avoir des chiens sociables, mais c’est le travail de l’éleveur. Il fait en sorte que l’animal soit habitué à la présence de l’homme et ne le considère pas forcément comme un facteur de risque, sauf si celui-ci a un comportement inadéquat ». Saugues se situe à la limite de la Lozère, un département régulièrement touché par les attaques de loup. L’achat et l'entretien du patou sont pris en charge par l'Etat sur 86 communes du pourtour sud du département.

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