Affaire Fiona. « J'ai dit en panique à Cécile que Fiona était morte »

Alors que les avocats de Cécile Bourgeon ont demandé, une nouvelle fois, le renvoi du procès en appel de la mère de Fiona et de son ex compagnon Berkane Makhlouf, l’audience de la cour d’assises de Haute-Loire s’est finalement tenue « normalement », lundi 5 février. Cécile Bourgeon a refusé, à nouveau, de comparaître. / © Franck Lemort
Alors que les avocats de Cécile Bourgeon ont demandé, une nouvelle fois, le renvoi du procès en appel de la mère de Fiona et de son ex compagnon Berkane Makhlouf, l’audience de la cour d’assises de Haute-Loire s’est finalement tenue « normalement », lundi 5 février. Cécile Bourgeon a refusé, à nouveau, de comparaître. / © Franck Lemort

Alors que les avocats de Cécile Bourgeon ont demandé, une nouvelle fois, le renvoi du procès en appel de la mère de Fiona et de son ex compagnon Berkane Makhlouf, l’audience de la cour d’assises de Haute-Loire s’est finalement tenue, lundi 5 février... sans Cécile Bourgeon. 

Par K.T. avec Valentin Pasquier

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C’est à nouveau seul, dans le box des accusés, que Berkane Makhlouf a comparu devant la cour d’assises de Haute-Loire. Pour cette deuxième semaine de procès, son ex compagne et co-accusée, Cécile Bourgeon, a refusé à nouveau de participer à son propre procès. Après une demande, finalement rejetée, de renvoi formulée par les avocats de la mère de Fiona, la cour d’assises de Haute-Loire a poursuivi les débats. Alors que le droit peut l’y autoriser, le président a finalement décidé de ne pas avoir recours à la force publique pour contraindre l’accusée à comparaître.



Berkane Makhlouf est revenu sur les relations qu’il entretenait avec Fiona. Alors qu’un témoin indiquait que la petite avait peur de lui, qu’il était sévère et qu’il grondait les filles pour trois fois rien,  l’accusé a souhaité donner une image différente de leur relation : « Je la prenais sur mes épaules, elle adorait ça. Je préparais son petit-dej ».
Alors que, selon ses déclarations, Cécile Bourgeon continuait de prendre de la drogue pendant sa grossesse, l’accusé a évoqué cet épisode où Cécile Bourgeon aurait frappé la fillette.  "Bouge-toi un peu! Tu passes ton temps à mater la télé-réalité! Moi je paye le loyer, occupe-toi un peu de ta fille!"  aurait lancé Makhlouf à Bourgeon avant que cette dernière ne se lève et donne deux claques et deux coups de pieds à sa fille.


 C’était un cauchemar 




Visiblement ému, Berkane Makhlouf continue de parler et raconte ce terrible matin du 12 mai. Il explique qu’il préparait le petit-déjeuner de Fiona et s’apprêtait à la réveiller :   « C'était un cauchemar. Elle était toute blanche, elle était dans son vomi. Cécile était encore tranquille à côté. Je n’ai pas senti de pouls. J'ai tenté de la ranimer, j'avais passé mon brevet de secouriste. J'ai fait du bouche à bouche, du vomi est sorti de sa bouche. J'ai dit en panique à Cécile que Fiona était morte. On a décidé de faire l'enterrement tous les deux... Mutuellement. (...) Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé à nous. C'est un cauchemar. J'vous jure, des fois je me réveille en y pensant la nuit."




L’avocate de la partie civile revient sur l’enterrement de Fiona. Selon une déposition de début 2014, Berkane Makhlouf déclarait que trois jours après le décès de Fiona, Cécile Bourgeon était partie en voiture avec un individu lié au milieu toxicomane. "Elle est revenue avec les chaussures pleines de terre," indiquait Berkane Makhlouf, qui avait alors émis l'hypothèse que Cécile Bourgeon était repartie pour "enterrer plus profondément la petite". Il ne se souvient plus avoir déclaré ceci. "Vous n'auriez pas enterré le corps à Chanturgues, là où vous faisiez vos rave parties? Ça paraît être l'endroit idéal, non?" demande l’avocate.  Berkane Makhlouf est certain que Fiona n'a pas été enterrée là. "Ah c'est drôle. Vous ne vous souvenez pas où vous l'avez enterrée mais vous êtes certain que ce n'est pas à Chanturgues.".

Un sac poubelle…



Où a été enterrée Fiona ? Une question restée sans réponse depuis le début du procès. Les accusés répètent ne pas s’en souvenir. Et si Fiona n’avait pas été enterrée ?
Appelé à la barre, le Directeur départemental de la sécurité publique du Puy-de-Dôme revient sur l’enquête et les premières heures qui ont suivi la « disparition » de Fiona. « Très vite, on a eu des doutes » lance l’enquêteur. Interrogé, Berkane Makhlouf expliquera avoir sorti les poubelles. « On a immédiatement fouillé les containers à ordures… avec un temps de retard » indique l’enquêteur.


Ce dernier expliquera avoir regretté de ne pas avoir fouillé les poubelles le jour-même de la disparition de Fiona. Les enquêteurs s'étaient déplacés au centre de tri pour voir si un cadavre s'y trouvait. Les employés leur avaient expliqué alors que la masse de déchets stockés rendait l'endroit très toxique. Les enquêteurs ne pouvaient pas accéder aux déchets, même avec une combinaison.

Un témoin indiquera avoir vu Berkane Makhlouf transportant un sac poubelle sur le dos. Un sac qui ne sera jamais retrouvé.  On questionne l'accusé sur la situation du bac à ordures, sur l'heure de passage des éboueurs.
D’après une déclaration de Cécile Bourgeon faite aux enquêteurs, le sac poubelle contenait des vêtements de Fiona. Cécile Bourgeon avait avoué qu'elle avait changé les draps après la mort de sa fille. "Mais vous pouvez vous permettre, financièrement de jeter tous les vêtements souillés par le vomi?" demande l'avocat général, auquel Berkane Makhlouf répond par la négative. "On a paniqué, on était perchés."
Des vêtements souillés par du vomi ou du sang ?, se sont interrogées les parties civiles. « Mais si vous avez jeté les vêtements c’est qu’ils n’étaient pas souillés avec du vomi mais avec du sang ? » lance Maître Canis, avocat du père de Fiona. « Non », répond B. Makhlouf, « Je n’ai rien à me reprocher ».


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