Affaire Fiona. « On aurait dit un petit cadavre »

Jeudi 1er février, lors de la 4ème journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, devant les assises de Haute-Loire, des enseignantes de la petite Fiona étaient appelées à témoigner. / © Franck Lemort
Jeudi 1er février, lors de la 4ème journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, devant les assises de Haute-Loire, des enseignantes de la petite Fiona étaient appelées à témoigner. / © Franck Lemort

Jeudi 1er février, lors de la 4ème journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, devant les assises de Haute-Loire, des enseignantes de la petite Fiona étaient appelées à témoigner. Les derniers jours de sa vie, Fiona avait le teint « pâle » se souviennent-elles.

Par K.T. avec Valentin Pasquier

Aux dires de ses institutrices, Fiona était une petite fille souriante, volubile, intelligente, pleine d’énergie et avec du caractère. Une enfant au comportement qualifié d’« ordinaire » lorsque sa mère ou Berkane Makhlouf venait la chercher. Fiona  était très souvent absente de l’école : 48 demi-journées sur l’année scolaire. « Les lundis, il y avait des absences parce que je n’arrivais pas à me réveiller » explique Cécile Bourgeon, qui précise avoir été particulièrement fatiguée par sa grossesse.




Appelée à la barre, très émue, une ATSEM se souvient de ce jour où elle avait vu Fiona dans un état de fragilité terrible, quelques jours seulement avant sa disparition : « Elle était pâle. Fiona m'a dit qu'elle n'avait pas mal. Elle semblait étonnée que je lui demande ça.  ». Lors d’une précédente audition, l’ATSEM avait déclaré : "On aurait dit un petit cadavre".  Ni elle, ni l’ensemble du corps enseignant n’avait décelé de signes physiques de maltraitance. Une institutrice déclarera n’avoir jamais vu de traces de coups sur le corps de Fiona, lors des séances de piscine, notamment. Fiona avait été vue par le médecin scolaire : celui-ci n'avait pas, non plus, remarqué de traces de coups sur l’enfant.

Fiona était "shootée au Toplexil"



La cour s’est longuement intéressée au bandeau jaune que portait la fillette, peu avant sa disparition. "Le bandeau était mis par vos soins pour cacher des blessures ?", interroge la partie civile. « Je n'arrive plus à me souvenir de la chronologie. Oui, c'était pour un bleu » répond Cécile Bourgeon. Berkane Makhlouf se lève : « Je répète que le bleu sur le front, c'est moi qui en ai parlé aux enquêteurs ! Ce n’est pas moi qui lui ai donné la tape sur le front, hein Cécile? Je peux lui poser la question si c'est elle ? (le président conteste) Non mais moi je ne l'ai jamais frappée Fiona! Elle s'est fait ça en trottinette ou en vélo !".



Interrogé à son tour sur d’éventuelles maltraitances, le médecin généraliste de Cécile Bourgeon et de ses filles répondra : « J'ai travaillé avec beaucoup d'enfants au cours de ma carrière. Certains signes peuvent nous alerter : l'enfant montre des attitudes de repli, refuse d'être approché. Mais dans le cas de Fiona, je n'ai jamais remarqué de comportement d'évitement ». Et de préciser qu’il voit rarement des enfants entièrement déshabillés.

Lors de la disparition de Fiona, en mai 2013, le médecin de Cécile Bourgeon se souvient avoir été surpris par son « détachement » compte-tenu de la « gravité de la situation ».
De son côté, une ATSEM de la classe de Fiona expliquera avoir gardé en mémoire la légèreté avec laquelle Cécile Bourgeon avait annoncé au personnel de l’école, « en rigolant » que sa fille avait "été shootée au Toplexil" après en avoir ingéré en grande quantité par accident.


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