Coronavirus COVID 19: le marché du Puy-en-Velay (Haute-Loire) suspendu, mais le maire propose une alternative

Le maire du Puy-en-Velay a décidé d'interdire temporairement le marché du samedi matin afin de faire respecter les mesures de confinement contre le Coronavirus COVID-19, une décision qui ne fait pas l'unanimité. / © G. Rivollier / FTV
Le maire du Puy-en-Velay a décidé d'interdire temporairement le marché du samedi matin afin de faire respecter les mesures de confinement contre le Coronavirus COVID-19, une décision qui ne fait pas l'unanimité. / © G. Rivollier / FTV

Le maire du Puy-en-Velay a décidé de suspendre le marché hebdomadaire du samedi matin dans la ville pendant la période de confinement liée au Coronavirus COVID 19. Mais il propose aux producteurs locaux de tourner sur quatre espaces de vente dédiés en ville.

Par Gérard Rivollier

En raison de l'épidémie de Coronavirus COVID 19, le maire du Puy-en-Velay a choisi de suspendre les marchés, pour faire respecter au mieux les mesures de confinement. Ce marché, très animé, dans les ruelles colorées du centre historique de la ville préfecture de Haute-Loire, rassemble jusqu’à 250 producteurs et forains à la belle saison, un peu moins en ce moment, en période creuse.
 
Michel Chapuis, maire du Puy-en-Velay depuis 4 ans et fraichement réélu dimanche 15 mars, explique sa décision : « Un marché est un rassemblement sur lequel on ne peut pas filtrer les entrées, ni faire respecter une distance d’un mètre entre les personnes, ni veiller à ce que la manipulation des fruits et légumes soit faite de manière sécurisée, ni éviter les échanges de monnaie ». Le premier magistrat a donc pris sa décision pour « protéger la population et aider les professionnels de santé ».

« On ne veut pas polémiquer »

La veille, avant de prendre un arrêté, le maire a consulté le représentant de la Fédération Nationale des Marchés de France, André Dudo. L’hypothèse de déplacer le marché des produits alimentaires sur la grande place du Breuil a été évoquée. « Il y avait plus d’espace que dans les petites rues du centre-ville, on aurait pu limiter les entrées avec l’aide du personnel municipal par exemple et mieux respecter les distances de sécurité entre les clients », explique ce dernier. Mais André Dudo rajoute très vite : « On prend ça comme ça vient, on comprend la gravité de la situation, on ne veut pas polémiquer »

Les producteurs sont partagés 

David Dereure élève des volailles bio à Jax, un petit village de Haute-Loire, qu’il vient vendre le samedi matin au marché du Puy-en-Velay. Sur le plan économique, il est touché : «Je ne fais que de la vente directe et ce marché représente une part importante de mes revenus, dit-il. Mais je suis partagé, je ne voudrais pas contracter le virus ni le propager à mes clients ». Pour Joël Clavel, éleveur laitier qui vend des fromages de pays au marché, c’est aussi un manque à gagne : « Si ça dure longtemps, ce sera problématique, mais l’important c’est que notre lait continue d’être collecté dans les exploitations ».

Le président de la chambre d’Agriculture, Yannick Fialip, de son côté, ne comprend pas la logique de cette décision : « Il n’y a pas plus de risque à s’approvisionner sur les marchés en plein air que dans les grandes surfaces ! ». Pour lui, c’est un coup dur pour les producteurs locaux déjà touchés par la fermeture des cantines et autres formes de restauration hors foyer notamment. « Les agriculteurs continuent de travailler, les animaux ne connaissent pas le chômage partiel ! ». Yannick Fialip se dit « surpris » par une décision « hâtive ».

La crise sanitaire rapproche les points de vue

La confédération paysanne est vent debout contre la décision du maire du Puy-en-Velay et demande qu’il revienne en arrière. « On ne comprend pas, les directives nationales autorisent le maintien des marchés en plein vent, le préfet ne s’opposait pas à son maintien. Il faut qu’on se mette autour de la table pour en rediscuter. Le secteur agricole a besoin d’être soutenu, on comprend l’urgence sanitaire mais on se doit d’approvisionner la population ». La confédération paysanne propose la réouverture du marché en prenant toutes les précautions nécessaires. Le maire a proposé une autre solution.

Des espaces dédiés aux producteurs en ville

Pour amortir l’impact de la fermeture, la mairie propose ainsi aux producteurs de rejoindre une plateforme locale de vente en ligne.  Cette plateforme va s’ouvrir plus librement aux agriculteurs, aux commerçants et entrepreneurs locaux. Les clients pourront passer commande en ligne et faire livrer gratuitement leurs achats à domicile dans les 72 communes de l’agglomération ponote ou bien les recevoir par colis postal. Car pour le maire du Puy-en-Velay « La protection de la population passe avant toute autre considération ».

Michel Chapuis propose aussiaux  producteurs locaux qui ont de la marchandise périssable de s’installer à tour de rôle sur quatre places de la ville. « Chaque matin, de 8h à 12h, du lundi au samedi, un producteur local de denrées alimentaires de la Haute-Loire, pourra s’installer seul sur une des quatre places du centre-ville qui ont été retenues : place du Martouret, place de la Halle, place du Plot, et place Cadelade », précise la mairie. La proposition a été faite en concertation avec Yannick Fialip, président de la Chambre d’agriculture du département.

Dans un communiqué, le maire indique que "les producteurs qui souhaitent s’installer doivent se faire inscrire, par téléphone, du lundi au vendredi entre 9h - 12h et 14h - 17h, auprès de la Police municipale (04 71 04 07 44)". Le choix des emplacements se fera par ordre d’arrivée des inscriptions. 

Les habitants pourront venir faire leurs courses alimentaires dès demain, samedi 21 mars. Ils trouveront demain un producteur de miel sur la place du Plot, un producteur de légumes (place de la Halle), un producteur de volailles (place Cadelade) et un boucher (place du Martouret).

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