En difficulté financière, la cathédrale du Puy-en-Velay lance un appel aux dons

Une campagne d'appel aux dons a été lancée au profit de la cathédrale du Puy-en-Velay. / © Gérard Rivollier / FTV
Une campagne d'appel aux dons a été lancée au profit de la cathédrale du Puy-en-Velay. / © Gérard Rivollier / FTV

La cathédrale du Puy-en-Velay, sanctuaire mariale et point de départ vers Saint-Jacques de Compostelle, connaît des difficultés financières. Avec le confinement, les visiteurs se sont faire rares et les recettes ont chuté. Un appel aux dons a été lancé.
 

Par Stéphanie Vinot

Il n’a pas fallu une semaine pour recueillir la moitié de la somme demandée. Le site Credofunding affiche déjà une cagnotte de plus de 11 000 euros au profit de la cathédrale du Puy-en-Velay en Haute-Loire. « Nous sommes assez frappés et heureux de voir cette mobilisation » raconte le père Bernard Planche, recteur du sanctuaire. "Cela veut dire que les gens qui sont venus au Puy en ont gardé un bon souvenir et sont prêts à faire un geste."

Un objectif de 20 000 euros

L’appel aux dons a été lancé le 7 mai et va durer deux mois. L’objectif : recueillir 20 000 euros. « Avec cette somme, nous pensons que nous arriverons à passer le cap jusqu’au retour des touristes » explique le prêtre. « Car aujourd’hui nous n’avons plus les moyens de faire face à nos dépenses courantes : la partie des salaires de nos employés restant à notre charge, l’entretien du bâtiment, l’éclairage, le nettoyage. »

Des touristes absents

En ce début de printemps, la cathédrale du Puy-en-Velay devrait recevoir 50 à 100 visiteurs par jour. Ces deux derniers mois, seuls quelques voisins profitaient de leur sortie quotidienne pour venir se recueillir dans le lieu. Aujourd’hui, nul ne sait encore quand les touristes reviendront ; ils étaient 600 000 chaque année, dont 15 000 pèlerins en partance vers Saint-Jacques de Compostelle. « Hier, nous avons eu un premier pèlerin originaire de la Haute-Loire qui part quelques jours sur le chemin de Saint-Jacques mais c’est anecdotique » se désole le recteur. Ces touristes, ces pèlerins, quand ils affluent, donnent de l’argent pendant les messes, font des dons, achètent des cierges, fréquentent la boutique. Après deux mois de confinement, 40 000 euros de recettes ont disparu. «  Nous avons essayé d’économiser, nous avons mis une partie de nos salariés au chômage technique et nous avons mangé le peu de réserve que nous avions. Notre équilibre financier est précaire car nous n’avons pas pour objectif de thésauriser. Nous vivons au fil de l’eau, nos dépenses correspondent à nos recettes » continue le père Bernard Planche.

La question des emplois

Le diocèse du Puy-en-Velay va évidemment apporter son aide au sanctuaire mais un appel aux dons est devenu nécessaire pour maintenir la vie du site et surtout pour sauver les emplois. Huit salariés s’occupent du secrétariat, de l’entretien, de la boutique. Et six religieux assurent l’accueil et les offices, un travail indemnisé. « Ce qui nous importe, c’est de pouvoir continuer à assurer cette mission d’accueil, de répondre aux demandes des visiteurs et cela exige un minimum de moyens humains » raconte le recteur.

Ce serait une tragédie si ce bâtiment tombait en désuétude

Le sanctuaire Notre-Dame du Puy est devenu lieu de pèlerinage au Ve siècle. Il est reconnu comme étant le premier site où la Vierge serait apparue en France. Et depuis les années 2000, il est le point de départ principal pour le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. « Ce serait une tragédie si ce bâtiment tombait en désuétude » témoigne Georges Perret, secrétaire de l’association des amis de Saint-Jacques du Velay. « La cathédrale est un monument historique, elle fait partie de notre patrimoine. » Ce marcheur, déjà parti six fois au moins sur le chemin, reste optimiste, convaincu que beaucoup de Jacquets - c’est le nom que l’on donne à ces pèlerins - apporteront leur contribution: « En général, ils gardent un souvenir impérissable du Puy-en-Velay. C’est à la cathédrale lors de la messe de 7h qu’ils rencontrent celles et ceux qui partent en même temps qu’eux et qu’ils retrouvent ensuite sur le chemin. C’est aussi l’expérience des premières difficultés pour arriver jusqu’à l’étape du soir. Certains en bavent. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils partent avec un sac à dos, et c’est très dur, ce n’est jamais gagné.»

Sur le site Credofunding, plus d’une centaine de personnes se sont déjà montrées solidaires de la cathédrale du Puy. En souvenir de vieilles ampoules ? De muscles endoloris après l’effort de la marche ? Ou peut-être pour bien d’autres choses encore.
 

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