Haute-Loire : 6 mois de prison avec sursis requis contre un élu jugé pour "complicité de proxénétisme"

Un conseiller départemental de Haute-Loire comparaissait jeudi 25 février devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour « complicité de proxénétisme ». Le procureur a requis une peine de 6 mois de prison avec sursis et une amende de 5 000 euros.

Jeudi 25 février, un élu du conseil départemental de Haute-Loire était jugé au tribunal du Puy-en-Velay pour "complicité de proxénétisme".
Jeudi 25 février, un élu du conseil départemental de Haute-Loire était jugé au tribunal du Puy-en-Velay pour "complicité de proxénétisme". © Gérard Rivollier / FTV

Six mois de prison avec sursis ont été requis à l'encontre d'un conseiller départemental de Haute-Loire, poursuivi au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour "complicité de proxénétisme", aux côtés de sa compagne pour laquelle le procureur a réclamé 12 mois de prison avec sursis pour "proxénétisme".  "Nous ne sommes pas face à des gens qui ont prostitué à marche forcée des personnes" mais "face à des gens qui ont toléré la prostitution", a déclaré le procureur Rodolphe Part. Réclamant 6 mois de prison avec sursis à l'encontre de l'élu déchu de ses mandats depuis son interpellation, il a assuré ne pas vouloir "en faire un exemple": "mais il a commis des infractions et sanction il doit y avoir", a-t-il expliqué, requérant également une amende de 5 000 euros, mais aucune peine d'inéligibilité.

Je lui avais dit de faire attention      

Pour sa compagne, propriétaire du gîte et de l'immeuble où l'enquête avait relevé les faits de prostitution, il a requis 12 mois avec sursis et une amende de 3 000 euros. "Je me sens difficilement concerné par ce qui arrive, je n'aurais jamais pensé que cela aurait un tel retentissement, je n'ai jamais touché quoi que ce soit qui provienne de chez Marie-Line", a déclaré l'élu, carrure imposante, cheveux blancs, à l'audience. Il a admis avoir eu connaissance par la presse, quelques mois avant son interpellation, des activités de prostitution exercées par des femmes hébergées dans les gîtes de sa compagne : "je lui avais dit de faire attention", a-t-il assuré.
 

 Je n'ai jamais participé à quoi que ce soit qui favorise la prostitution     

Silhouette fine, blonde, vêtue de noir, celle-ci a affirmé "avoir toujours œuvré dans le social" en travaillant avec différentes organisations d'aide aux démunis pour le compte desquelles elle louait des hébergements à des personnes en difficulté financière. La prostitution, "je ne conteste pas que ça existait, mon établissement n'est pas le seul où il y a ce genre d'activité" mais "je n'ai jamais participé à quoi que ce soit qui favorise la prostitution", a-t-elle affirmé, disant avoir été "débordée". "J'ai tout perdu: mon travail, ma famille, mon compagnon", a-t-elle expliqué en pleurs.

Le sort réservé à Marc Boléa et son ex-compagne est ubuesque

"Le sort réservé à Marc Boléa et son ex-compagne est ubuesque", a lancé Antoine Vey, avocat du prévenu, dénonçant la "disproportion totale" des investigations menées et plaidant la relaxe pour son client. L'homme et sa compagne avaient été interpellés début décembre à la suite d'une enquête sur l'activité de prostituées dans un gîte et un immeuble de la ville dont elle était propriétaire. Les surveillances effectuées avaient confirmé la présence habituelle d'une douzaine de prostituées et de transsexuels originaires d'Afrique et d'Amérique du Sud dans neuf chambres louées.Les policiers du Puy-en-Velay avaient été appuyés par le Groupe interministériel de recherches d'Auvergne et le Service de police judiciaire du Puy-de-Dôme. Le jugement a été mis en délibéré au 18 mars.

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