Haute-Loire : le parquet fait appel de la relaxe d’un élu accusé de "complicité de proxénétisme"

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Écrit par Cyrille Genet avec AFP

Le parquet du Puy-en-Velay en Haute-Loire a fait appel vendredi 19 mars après la relaxe de Marc Boléa, accusé de complicité de proxénétisme. Son avocat dénonce un acharnement contre le conseiller départemental.

Marc Boléa, conseiller départemental de la Haute-Loire et conseiller municipal de Vals-près-le-Puy avait été relaxé le 18 mars des principales accusations de "complicité de tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public" et "recel habituel de biens provenant d'un délit". Le tribunal avait cependant décidé une amende de 250 euros pour avoir eu recours à la prostitution. A l’audience le 25 février dernier le parquet avait requis 6 mois de prison avec sursis et 5 000  euros d’amende, Marc Boléa et sa compagne avaient été interpellés début décembre après une enquête sur l’activité de prostituées dans un gîte et un immeuble dont la femme était propriétaire.

"Le parquet a une appréciation juridique des faits qui n'a pas convaincu le tribunal, mais qui, selon nous, mérite une condamnation, donc un nouvel examen du dossier par la cour d'appel", a déclaré samedi à l'AFP Nicolas Rigot-Muller, procureur de la République du Puy-en-Velay, "L'appel ne vise pas l'ex compagne de l'élu, qui elle a été condamnée à de la prison avec sursis et à une lourde peine financière", soit 12 mois de prison avec sursis, 3.000 euros d'amende et la confiscation d'un gîte où exerçait une douzaine de prostituées et de transsexuels originaires d'Afrique et d'Amérique du Sud.

Pour la défense de son client, Maître Antoine Vey a dénoncé "un acharnement dans une affaire dépourvue de toute envergure, où il n'y a pas de victime constituée". "Je n'ai jamais touché quoi que ce soit qui provienne de chez Marie-Line", avait assuré l'élu lors du procès, admettant avoir eu connaissance par la presse, quelques mois avant son interpellation, des activités de prostitution exercées par des femmes hébergées dans les gîtes de sa compagne qui avait reconnu s'être laissée "déborder" par la situation: la prostitution, "je ne conteste pas que ça existait (...) mais je n'ai jamais participé à quoi que ce soit qui (la) favorise", s'était-elle défendue. « Nous ne sommes pas face à des gens qui ont prostitué à marche forcée des personnes" mais "qui ont toléré la prostitution", avait admis le parquet dans son réquisitoire.