Ils existent depuis Charlemagne et sont bénévoles : qui sont les lieutenants de louveterie ?

La Haute-Loire compte 21 lieutenants de louveterie, chargés de réguler les populations d'animaux sauvages. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
La Haute-Loire compte 21 lieutenants de louveterie, chargés de réguler les populations d'animaux sauvages. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Les lieutenants de louveterie existent depuis plus d'un millénaire et ils sont près de 1 650 à exercer aujourd'hui en France. Six nouveaux chasseurs bénévoles, chargés de réguler les populations d'animaux "nuisibles", viennent de prendre leur fonction pour cinq ans en Haute Loire.

Par Valentin Pasquier, avec Gérard Rivollier

Parcourant les forêts de Haute-Loire accompagné de son chien et d'une arme à feu, Jean-Paul Bayle porte fièrement l'insigne de lieutenant de louveterie. Sa fonction est une relique de la société de l'Ancien régime : institués sous Charlemagne au IXe siècle pour protéger les populations contre les loups, ces chasseurs travaillent pour l'État depuis bientôt 1 200 ans.


Réguler la faune sauvage

"La France était à l'époque envahie de loups, il fallait absolument les combattre. Pour ça, Charlemagne a mis sur pied une véritable armée," explique Jean-Paul Bayle. Aujourd'hui, ces chasseurs bénévoles et assermentés régulent les populations de différentes espèces animales sauvages lorsque celles-ci représentent un risque pour les cultures.

Cela fait 30 ans que Jean-Paul Bayle "rend service" à l'État et aux agriculteurs dans le département auvergnat. "40% de notre activité est consacrée aux battues administratives, qui concernent essentiellement le sanglier et un peu le renard, confie le président des louvetiers d'Auvergne. On fait aussi du piégage notamment sur le blaireau, qui commence à poser problème en Haute-Loire !"


 


 

Un travail bénévole et très prenant

En ce début d'année 2020, 21 louvetiers ont été nommés par le préfet pour une durée de cinq ans renouvelable, dont six sont nouveaux. Lors de leur formation, on leur explique leur mission, leur devoir de neutralité et les consignes de sécurité.

"Ils sont susceptibles d'intervenir de nuit, sur des territoires non chassables. Tout ça doit se faire dans un cadre précis. Ils ont une responsablité importante puisqu'ils portent des armes à feu et peuvent encadrer des battues," rappelle François Gorieu, à la tête de la Direction départementale des territoires de Haute-Loire.

 


Ce travail à responsabilités n'est pas à la portée de tout le monde. Pour postuler afin de devenir louvetier, un candidat doit être de nationalité française, être âgé de moins de 75 ans, doit être titulaire du permis de chasser depuis au moins cinq ans et ne doit pas avoir fait l'objet d'une condamnation pénale en matière de chasse, de pêche et de protection de la nature. Il faut aussi pouvoir entretenir une petite meute de chiens à ses frais, et disposer d'une bonne condition physique.

Car l'an dernier, en Haute-Loire, les 21 louvetiers assermentés ont parcouru 36 000 kilomètres et travaillé bénévolement l'équivalent de 400 jours sur le terrain. Malgré cette activité impressionnante, les louvetiers portent mal leur nom en Auvergne : Jean-Paul Bayle et ses collègues n'ont jamais croisé de loups !
 

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