Accident mortel de parapente à la Chapelle d’Abondance : la piste du matériel défectueux confirmée

L'expertise réalisée dans le cadre de l'enquête ouverte pour homicide involontaire a rendu ses conclusions. C'est une rupture des écarteurs du parapente qui a provoqué la chute mortelle d'un moniteur et de son client le 14 juillet 2020 à la Chapelle d'Abondance en Haute-Savoie.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Alexis Sciard / Maxppp

Une étape importante vient d’être franchie dans les suites du dramatique accident de parapente lors duquel un moniteur et son client ont trouvé la mort le 14 juillet 2020 à la Chapelle d’Abondance en Haute-Savoie après une chute en torche de 200 mètres.

L’enquête, ouverte par la gendarmerie pour homicide involontaire, a déterminé que l’accident était dû à une rupture des écarteurs du parapente biplace (suspension qui permet d'écarter le passager du pilote) ainsi qu’à sa détérioration engendrée par son utilisation intensive. « Le décès du moniteur conduit le parquet de Thonon-les-Bains à constater l’extinction de l’action publique », a précisé le procureur de Thonon Bruno Badré.

Une procédure au civil

Affilié à la fédération suisse de parapente, le moniteur n’appartenait pas à une société ou une association, il était le seul mis en cause dans cette affaire. C’est donc au civil que celle-ci va se poursuivre. « Des négociations pour obtenir des indemnisations sont engagées » avec la compagnie d’assurance du moniteur a indiqué l’avocat de la compagne du quadragénaire  décédé lors de ce vol effectué depuis le Col du Saix. Mais pour Maître Avi Bitton, au-delà de cet aspect, cet accident pose la question de la réglementation qui entoure les professionnels proposant ces baptêmes. « Elle est inexistante », affirme l’avocat pénaliste.

Une information confirmée par le Directeur technique national (DTN) de la Fédération française de vol libre Yves Goueslain qui a réalisé l’expertise du matériel utilisé lors de l’accident. « Les constructeurs émettent des recommandations, par exemple changer certaines pièce au bout d’un certain nombre d’années ou de vols. C’est aux professionnels de s’y tenir ».

Faut-il légiférer pour que ces recommandations deviennent des obligations et fassent l’objet de contrôles ? Pour Yves Goueslain, ce n’est pas souhaitable. « Les moyens qu’il faudrait déployer pour effectuer ces contrôles sont énormes » estime le DTN selon lequel les accidents de ce type sont extrêmement rares car « l’immense majorité des professionnels respectent les normes définie par les fabricants de parapentes ».

 

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