Coronavirus - Une habitante d'Annecy bloquée au Nicaragua : “on se sent démuni, nous n'avons aucune information”

Comme Elodie, 130 000 Français seraient encore bloqués un peu partout sur la planète et attendraient de rentrer en France. / © JAVIER SORIANO / AFP
Comme Elodie, 130 000 Français seraient encore bloqués un peu partout sur la planète et attendraient de rentrer en France. / © JAVIER SORIANO / AFP

Depuis le 16 mars, Elodie, habitante d'Annecy en voyage au Nicaragua, tente de rentrer chez elle. Frontières fermées, vols annulés, manque d'information... La jeune femme pourrait devoir passer la pandémie de Covid19 confinée dans son Airbnb. Comme elle, 130 000 Français sont bloqués à l'étranger. 

Par Sophie Marechal

A défaut d'obtenir une réponse des canaux officiels, c'est sur Facebook qu'Elodie a lancé son appel à l'aide. La jeune femme, habitante d'Annecy (Haute-Savoie), est partie au Nicaragua début mars avec une dizaine d'amies.

Un voyage au bout du monde, qui a pris un tout autre tournant, lundi 16 mars, lorsqu'Emmanuel Macron a décrété le confinement des Français et exhorté les ressortissants en déplacement à l'étranger à rentrer chez eux, afin de tenter de limiter la propagation du coronavirus. Mais Elodie, comme beaucoup d'autres voyageurs, a vu son vol retour annulé. 


Des billets à plus de 10 000 euros

"On est allé à l’ambassade jeudi matin. Mais nous n’étions pas les bienvenus. Ils ont fini par nous dire qu'Air France ne viendrait pas au Nicaragua pour rapatrier les Français pour l'instant. Les rares vols encore disponibles sont à des prix exorbitants, parfois à plus de 10 000 euros le retour", se désole l'Annecienne.

 

Les seules informations que la jeune femme a pu glaner sont celles qu'elle a tiré d'autres compatriotes bloqués au Nicaragua. "La plateforme de réservation de notre voyage nous renvoie vers les compagnies aériennes, les compagnies aériennes nous renvoient vers les plateformes de réservation, s'agace Elodie.

On reçoit énormément d'informations qui se contredisent. On est complètement démunies face à cette situation. On ne sait plus quelles sont les bonnes informations, on ne sait plus quoi faire."
 

Elle a fini par entendre parler de la déclaration que le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, a faite ce vendredi 20 mars sur France info

"Nous voulons faire rentrer les 130 000 Français en voyage dans le monde. Nous avons fait en sorte avec Air France que les prix soient bloqués aux prix coûtants pour éviter qu’il y ait de la spéculation sur les billets", a déclaré le ministre, enjoignant les voyageurs à s'inscrire sur le site Ariane afin d'être repérés et informés de l'évolution de la situation. 
 

"Il faut que les Français fassent preuve de patience et de sang-froid", a continué Jean-Yves le Drian. Patience et sang-froid dont Elodie et ses amies sont bien obligées de se munir. Car si elles ont pu négocier avec leur bailleur Airbnb pour prolonger leur séjour nuit par nuit, elles ne savent pas combien de temps il devrait se prolonger. 


"Nous avons peur que les frontières se ferment définitivement"

"On se sent démuni face à cette situation. On essaie de garder le moral et de trouver des solutions, témoigne-t-elle. On passe la journée au téléphone avec nos proches et on suit les actualités afin de se mettre à jour sur les informations aériennes et les pays qui ferment leurs frontières au fur et à mesure, pour savoir par où nous pouvons rentrer si nous trouvons des vols, au risque qu’ils soient annulés plus tard. Mais à force d'attendre, nous avons peur que les frontières se ferment définitivement."

Les frais générés par les jours supplémentaires sur place, comme l'achat de billets retour, seront à sa charge et à celle de ses amies. "Il faudra qu'ils fassent jouer leur assurance pour assurer le remboursement des frais", a précisé le ministre des affaires étrangères. 


Un premier cas de COVID-19 au Nicaragua

Mais plus que les surcoûts financiers, c'est la menace sanitaire qui inquiète la jeune Annecienne. "Le Nicaragua est un pays en voie de développement, dont le système sanitaire est loin d'être aussi développé qu’en Europe. Nous voulons rentrer en France pour pouvoir nous soigner dans les meilleures conditions si nous tombons malades."
 

Mercredi 18 mars, le Nicaragua a recensé son premier cas officiel de coronavirus : un homme d'une quarantaine d'années qui aurait contracté la maladie durant un séjour à Panama, selon l'agence Reuters.

La situation sanitaire pourrait s'avérer d'autant plus grave dans ce pays d'Amérique latine, que, selon l'AFP, le gouvernement de Daniel Ortega semble ignorer les recommandations de l'OMS, appelant à des rassemblements et continuant à accepter l'arrivée de touristes. 

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus