VIDEO. Annecy : les maraudes se poursuivent pendant le confinement face à une précarité grandissante

Les bénévoles de l'association Les suspendus d'Annecy continuent de marauder pendant le confinement. Le nombre de personnes en demande a brutalement augmenté depuis la crise sanitaire.
L'association Les suspendus d'Annecy poursuit ses maraudes pendant le confinement.
L'association Les suspendus d'Annecy poursuit ses maraudes pendant le confinement. © France 3 Alpes
Elles maraudent tous les samedis matin, toujours un peu à la traîne le temps de faire un signe, de prendre des nouvelles avant d'arriver au premier point de rendez-vous. "Alors, ça en est où ton histoire de bobo ? T'as maigri, toi", s'inquiète Monique Gaime. A ses côtés, Edith Vairelles, dixit Tatie Danielle.

Un peu mamans, un peu grandes sœurs, un peu assistantes sociales, les deux bénévoles sont tout à la fois. Au sein de leur association d'aide aux plus démunis Les suspendus d'Annecy, les deux femmes font le constat d'une précarité grandissante dans les rues de la Venise des Alpes.

"Avant le mois de mars, on tournait aux alentours des 20 personnes dans la rue. La semaine dernière, on était à 59, explique Edith Vairelles. J'ai connu Annecy en 1978 et j'ai pas le souvenir d'avoir croisé la misère dans la rue. Et là, d'année en année, ça se multiplie."

Des SDF mais aussi des familles et des nouveaux travailleurs pauvres. La crise sanitaire a porté le coup de grâce à bon nombre de personnes précaires. Autant de nouveaux visages que les maraudeuses annéciennes n'oublient pas.

"J'étais étonnée qu'elles me reconnaissent. Quand elles me voient dans la rue, elles m'appellent et ça me fait super plaisir", raconte Sandra, une jeune femme sans domicile fixe rencontrée dans le centre-ville d'Annecy.
 
Annecy : les maraudes se poursuivent pendant le confinement face à une précarité grandissante

 

"C'est des gens qui sont retraités"


L'association Les suspendus d'Annecy est née en 2018 avec, en son sein, une poignée de généreux qui récoltent et sèment un peu de nourriture, quelques vêtements mais surtout beaucoup de réconfort.
 
"C'est des gens qui sont retraités, qui arrivent quand même à 70 ans. Une fois qu'ils ont tout payé, ils n'y arrivent plus, note Monique Gaime. En définitive, c'est des gens qui veulent absolument tout payer, qui n'ont absolument aucune dette en loyer, en électricité, assurance. Malheureusement, aux dépens de tout ce qui concerne l'alimentation."

Les bénévoles ont de 17 à 77 ans. Les plus jeunes s'initient pendant qu'Edith et Monique battent le pavé de la générosité, toujours plus étonnés de découvrir un public différent.

 
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