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Sauvetage spectaculaire du PGHM de Chamonix : 3 questions au pilote qui a frôlé la montagne pour déposer les secouristes

Le pilote de l'hélicoptère du PGHM de Chamonix explique la manœuvre qu'il a réalisé lors du sauvetage au col d'Anterne / © Nicolas Derely / France 3 Alpes
Le pilote de l'hélicoptère du PGHM de Chamonix explique la manœuvre qu'il a réalisé lors du sauvetage au col d'Anterne / © Nicolas Derely / France 3 Alpes

Spectaculaire mais parfaitement maîtrisée. C'est la technique de "l'appui patin" qui a été utilisée pour le secours spectaculaire réalisé par le PGHM de Chamonix le 2 janvier dernier. Pourquoi s'approcher autant de la montage et quels dangers ? Le pilote a répondu à nos questions.

Par Yann Gonon

Les images du secours à plus de 2000 mètres d'altitude réalisé par le PGHM de Chamonix ont impressionné et suscité l'admiration. Le 2 janvier dernier, les gendarmes de Haute-Montagne sont intervenus à proximité du col d'Anterne, dans le massif du Mont-Blanc, pour porter assistance à des randonneurs en difficulté. Leur hélicoptère a été filmé le nez dans la neige, les pales à moins d'un mètre du sol. Pourquoi une telle façon d'intervenir, quels dangers ? Nous avons posé ces questions au pilote, le lieutenant Martin du PGHM.
                    

Pourquoi avoir choisi de vous approcher autant de la montagne avec votre hélicoptère et d'effectuer cette manoeuvre spectaculaire pour secourir les randonneurs en difficulté ? 


"Ce jour-là, c'est surtout la météo qui nous a imposé de choisir cette méthode. On avait une masse nuageuse qui arrivait du lac d'Anterne et qui allait passer par le lieu du secours et donc, il fallait faire vite. Une manoeuvre de treuillage, cela aurait pû être plus long.

C'est une décision qui a été prise de manière collégiale, avec les secouristes, le médecin et le mécanicien".


C'est la technique de "l'appui patin" que vous avez choisie. En quoi consiste-t-elle ? 


"On vérifie d'abord si la pente est compatible avec "l'appui patin". Cela peut-être une pente à 10 degrés, à 15 degrés et jusqu'à des pentes plus importantes comme on l'a vu sur la vidéo.
 

La machine, elle est "sustentée" par le rotor et on vient "tangenter" le sol avec l'atterrisseur. On vient mettre en appui au sol un patin mais on est pas complètement posé. Comme le sol n'est pas plat, il n'y a qu'une seule partie de l'atterrisseur qui va toucher le sol".


On a l'impression que l'hélicoptère frôlait la montagne, n'est-ce pas une technique dangereuse ? 


"D'abord, ce n'est pas instable, les hélicoptères sont conçus pour le stationnaire. S'approcher d'obstacles, ce n'est pas forcément dangereux, dès lors que l'aérologie le permet. Mais c'est surtout qu'il faut avoir une très bonne visualisation du rotor pour savoir où passent nos pales.

Et si les pales touchaient ? Ce n'est pas fait pour ça et cela a de grosses conséquences. Cela peut aller au crash... Sur la neige, et elle n'était pas dure ce jour-là, cela aurait peut-être altéré le bout de pale. Cela n'aurait sûrement pas été au crash, mais je ne suis pas curieux (rires)" !


 

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