Coronavirus : pourquoi ces maires de petites communes de Haute-Savoie craignent la réouverture des écoles

Dans quelles conditions les élèves retourneront-ils en classe à partir du 11 mai comme le souhaite le président de la République ? Le flou règne encore sur les mesures sanitaires prévues. En Haute-Savoie, l'association des maires ruraux interpelle le préfet et l'Education nationale.

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Photo d'illustration © Sébastien Botella - Maxppp.
Le débat fait rage depuis l'annonce le 13 avril dernier par le chef de l'Etat de la réouverture des écoles à partir du 11 mai. Le Premier ministre doit en préciser les contours demain, mardi 28 avril, à l'occasion de la présentation devant l'Assemblée nationale de la "stratégie nationale du plan de déconfinement". Ecole obligatoire ou pas, mesures mises en place pour limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus, on devrait en savoir plus sur les conditions de reprise. En attendant, en Haute-Savoie, des élus de communes rurales expriment leur inquiétude.

Ils ont bien compris que le couple préfet/maire allait être "à la manoeuvre" pour mettre en place ce plan de déconfinement et ils sont inquiets. A travers leur association, les maires ruraux de Haute-Savoie dénoncent, dans un communiqué, le "flou autour du protocole à adopter" après près de deux mois de confinement. "Les maires des petites communes du département ont toujours pris leurs responsabilités lorsque l'Etat leur demandait" explique Christophe Fournier, le président de l'association, "mais encore faut-il qu'elles sachent ce qu'elles ont à faire".
 
Sur les 279 communes de Haute-Savoie, 205 comptent moins de 3500 habitants et sont donc considérées comme des communes rurales. "Certaines n'ont qu'un ou deux employés communaux, comment vont-elles faire pour nettoyer les écoles plusieurs fois par jour" s'interroge Christophe Fournier, lui-même maire de Glières-Val-de-Borne, la commune de 1854 habitants sur laquelle s'étend le célèbre plateau des Glières. Christophe Fournier se demande aussi comment assurer la cantine avec les impératifs de distanciation sociale. "Et puis si un maire décide de rouvrir son école et qu'il y a un décès lié au coronavirus, qui sera responsable" ? 

L'Association des maires ruraux de Haute-Savoie indique avoir consulté ses adhérents et avoir adressé au préfet, ainsi qu'à la Direction départementale des services de l'Education nationale et à l'Agence régionale de santé, "toute une série de questions pratiques". Qui sera responsable en cas de contamination mais aussi quels seront les moyens affectés aux communes pour rouvrir les écoles en respectant les impératifs sanitaires ? Elle dit également espérer qu'une réunion de travail soit organisée "dans les meilleurs délais possibles".

Le choix de rouvrir les écoles à partir du 11 mai fait polémique depuis la déclaration d'Emmanuel Macron le 13 avril. Selon un sondage Odoxa pour franceinfo et "Le Figaro", six Français sur 10 seraient "contre" cette réouverture progressive. "Ce sont les parents, au final, qui décideront" avait finalement tranché Emmanuel Macron, le 23 avril dernier, après avoir laissé croire, dans un premier temps, au caractère obligatoire de ce retour en classe. Ce dimanche 26 avril, le conseil scientifique s'est prononcé à son tour "contre" cette réouverture, indiquant qu'il aurait mieux valu attendre le mois de septembre.
 
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